De la part de la princesse morte, de kenizé mourad

J’aime la littérature Orientale , les destins singuliers, les parcours ébréchés et le courage de ceux qui y survivent. La vie de Selma est de cette trempe, de la soie à la bure, des honneurs au mépris des jaloux, rien ne lui sera épargné. Des fastes de l’empire Ottoman aux bas fonds. L’ultime chance de salut qu’elle trouve est de s’unir à un seigneur nord-indien, riche et puissant, jeune et beau, mais élevé dans un autre monde ; bien qu’attentionné, ce sera le choc des cultures. Elle naviguera de petits bonheurs en grandes désillusions, pour enfin se voir attendre un héritier. Las, la guerre frémissante et les efforts indous pour l’indépendance lui feront quitter l’inde vers

la France. Elle y découvrira une vie de luxe, courant de sorties en fêtes, elle rencontrera l’amour, pour le perdre avec ses illusions. Les lois inflexibles de la vie facile la laisseront sans un sou vaillant, miséreuse pour finir sa vie à l’instant où son eunuque qui la suit depuis toujours sauvera sa fille à l’ambassade Suisse, avant de disparaître à jamais.

Par trois fois, Selma aura touché le fond du fond, la descente aux enfers, le pire qui puisse arriver jamais à un être humain, la dernière lui a été fatale ; sans qu’une seule plainte ne sorte de sa bouche ; une princesse se doit de rester digne par devers tout !

Résumé:

L’ histoire authentique de Selma commence en 1918 à la cour du dernier sultan de l’Empire ottoman. Elle est âgée de sept ans quand elle voit s’écrouler cet empire Ottoman. Condamnée à l’exil, avec sa mère et un eunuque elles s’installent au Liban en l’espoir d’un retour prochain ; le père de Selma s’en va vivre sa vie dans d’autres pays…  Selma, qui a perdu à la fois son pays et son père, y sera  » la princesse aux bas reprisés « . C’est dans un Beyrouth encore insouciant qu’elle grandira et rencontrera son premier amour, un jeune chef druze ; amour tôt brisé car l’homme lui préfèrera une femme fortunée, une riche héritière. La France est aux commandes du pays et la colère indépendantiste grossit, elle a besoin de moyens…

Selma acceptera alors d’épouser un raja indien, que la princesse impériale sa mère lui choisi et, qu’elle n’a évidement jamais vu autrement que sur un petit médaillon. Aux Indes, elle vivra les fastes des maharajas, les derniers jours de l’Empire britannique et la lutte pour l’indépendance. Mais là, comme au Liban, elle reste  » l’étrangère  » Enceinte après deux ans d’un mariage en demi-ton, elle ira à Paris pour y être mieux suivie. Nous sommes à la veille de la seconde guerre mondiale, qui liquidera ses économies et ses derniers espoirs, sa fille naîtra dans un Paris occupé. Selma y découvrira l’amour vrai avec un américain. Ce dernier, en voyage à la déclaration de guerre, ne la retrouvera jamais. La guerre l’en aura séparé et elle restera avec pour seule compagnie l’eunuque qui jamais ne l’a quitté et veille sur la maman et l’enfant ; pour lui, il est le père par procuration. Selma mourra dans la misère, à vingt-neuf ans, après avoir donné naissance sa fille : l’auteur de ce récit.

« Il m’a fallu quatre ans pour écrire ce livre. C’est le fruit d’une recherche minutieuse, aussi bien historique que personnelle et psychologique. Je voulais faire revivre Selma, ma mère, morte si jeune, alors qu’elle rêvait de changer le monde. La faire revivre pour elle, par ce livre qui est une lettre d’amour que je lui adresse. Mon ambition, mon vœu le plus cher c’est de la rendre éternelle. (…) Pendant quatre ans, je me suis mise en correspondance avec Selma, une correspondance qui confine à

la symbiose. Par un phénomène de quasi-médiumnité, j’ai retrouvé, deviné ce qu’elle avait dû vivre, penser, ressentir. Et je n’ai pas été étonnée, une fois mon livre paru, de recevoir des lettres de personnes qui l’avaient bien connue, et me confirmaient ce que j’avais écrit de façon presque intuitive. Encore un mot. Je veux dire que par-delà l’histoire de ma mère, il y a un autre aspect de ce livre, à mon avis tout aussi essentiel. C’est la reconstitution historique d’époques al connues, comme la fin de l’empire ottoman, le début du mandat français au Liban, le mouvement qui, aux Indes, a conduit à la naissance du Pakistan. » Kénizé Mourad






Une réponse à De la part de la princesse morte, de kenizé mourad

  1. Michèle Saget dit :

    Bonsoir,
    J’ai lu se livre à sortie; il est encore dans mes étagères et je le relirai volontiers.
    Françoise Xénakis en avait fait une intéressante critique.
    michèle.s
    @ J’aime bien Françoise Xenakis, elle a une voix splendide !

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