Les faux comptes d’éditeur, une vraie réalité…

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On ne répétera jamais
suffisamment de faire attention et de ne pas signer trop facilement avec un éditeur ; ils ne sont pas tous de bons éditeurs.

Celui-ci, dont il est ici question, sous un faux air de compte d’éditeur, n’hésite pas à demander une petite participation aux frais, ben voyons ; cela se nomme alors le compte participatif.

En fait ce genre de compte d’éditeur est un compte d’auteur déguisé pour passer en douce. Dans les faits, vous payez pour vous voir éditer, vous achetez vos propres livres et vous tentez de les fourguer à des librairies ; autant dire une mission impossible, une partie perdue d’avance…

J’admire le courage de Jo Ann de publier sur son blog ce témoignage. J’espère qu’il servira à faire prendre conscience qu’il faut toujours rester prudent et se renseigner avant de signer un contrat…

  Témoignage
courageux de source Jo Ann : Jo
Ann von Haff, « Gazelle »

 

 

 

 

 

 

 

 

Roman, Editions Bénévent – Ecrit en 2003, publié en 2006

Non, ceci n’est pas de la promo, cela se saurait. Je ne sais pas me vendre, mais je sais très bien ne pas me vendre.

Je vais vous parler de ma première incursion dans le milieu de l’édition, et oh, que ce n’était pas par la bonne porte ! Je ne cache pas cette étape-là (c’est marqué sur ma bibliographie), mais je n’en parle pas non plus. Voilà des années que je n’ai pas parlé de mon premier roman, Gazelle. Je l’aimais bien… il y a longtemps. Aujourd’hui, je l’assume moins.
 

Je l’ai écrit en portugais lorsque je vivais en Afrique du Sud. J’avais dix-sept ans, et une de mes cousines de presque trente ans) le lisait en même temps. Elle adorait l’histoire et voulait absolument lire la suite, ce qui a fait que je termine très rapidement Ventos que sopram (Des Vents qui soufflent – oui, je sais…).

En arrivant en France, j’ai décidé de le réécrire en français (c’est devenu une habitude d’écrire dans une langue pour le réécrire dans une autre !). C’est devenu, sobrement, Gazelle, le surnom de mon personnage principal.

J’ai cru, du haut de mes 20 ans, que c’était un bon (voire très bon) roman
et que j’allais faire un tabac. Le seul hic, c’est que je ne connaissais rien à rien de l’édition et de ce milieu si particulier. En 2002, je ne sais pas s’il y avait déjà des
blogs sur l’édition comme aujourd’hui, le fait est que j’ignorais qu’il y avait une différence entre compte d’éditeur et compte d’auteur, et qu’il y avait de grandes pigeonnades

Comme tant d’autres, j’ai signé avec les Editions Bénévent (ah ouais, ça calme tout de suite) en 2003. Entre la signature et la publication, il y a eu 3 ans (ça commençait mal, je sais, ça augurait rien de bon). Mais ce n’est qu’en 2006, lorsque la sortie approchait, que j’ai découvert les forums de lecture et les blogs… Je me souviens
comme si c’était hier, de l’inquiétude de Thomthom et Cuné… et moi, trop naïve (encore et toujours), je répondais « mais non, ce n’est pas ce que vous pensez ! »

Mea culpa. Vous aviez raison d’être inquiets !

C’est au moment de la sortie du livre, que j’ai tout appris. Il y avait des
choses à faire et à ne pas faire. Je les ai faites, mais je ne savais pas. Je
croyais, encore dans ma naïveté de fille de 20 ans, idéaliste, que c’était
normal qu’on investisse dans son premier roman. Il y a bien des écrivains qui
sont contents et continuent avec Bénévent – c’est le cas de l’écrivain suisse Valérie Debieux -. Mais c’était déjà trop tard pour regretter.

Je ne parle jamais de mon livre (aujourd’hui je fais l’exception suite à une discussion sur Facebook) parce qu’il n’est pas bon. Je ne le savais pas à l’époque mais je le
sais douloureusement maintenant. Il n’y a pas eu un réel travail d’éditeur, personne
pour guider
une jeune fille qui lisait bien trop d’arlequinades à l’époque (c’est bon pour passer le temps, mais sérieux… ce n’est pas à imiter. Non, non, je vous assure !). Il y avait déjà mon thème récurrent qui est le traumatisme psychique, mais il y avait aussi beaucoup de touches à l’eau de rose. Si je devais réécrire aujourd’hui, moitié de l’histoire passerait à la trappe. La ligne conductrice de la vengeance du personnage principal serait largement suffisante.
Ensuite, je me suis corrigée moi-même. Ah, comprenez le massacre. Aujourd’hui encoreje fais énormément de barbarismes et encore je me contrôle, imaginez à
l’époque. Ce n’est que lorsque le livre est sorti que mes proches m’ont fait
remarquer qu’il y avait de nombreuses erreurs qui alourdissaient le roman (qui
était déjà bien lourd), ce qu’un correcteur aurait pu rectifier. Je ne
parlerai pas de la promotion non existante, car finalement, heureusement
qu’elle n’a pas eu lieu… Après tout, je me voyais mal vendre un livre aussi mal fichu.

Aujourd’hui, je sais encore peu du milieu de l’édition, mais je sais suffisamment pour ne pas répéter les mêmes erreurs. Et pour les primo-romanciers qui rêvent encore,
n’achetez pas vos rêves, surtout si c’est si mal fait
. On dénigre le CA, mais il peut y avoir du bon CA, avec correction et promotion derrière. Mais pour moi, j’ai déjà assez donné. Je ne donnerai plus. Surtout qu’ils n’ont même pas eu l’honnêteté de me dire que c’était un livre vraiment mauvais ! J’accepte (toujours) les critiques, j’apprends avec elles. Ça me prend du temps à accuser du coup, mais je les reçois.

En conclusion, oui, j’ai publié un roman. Mais je l’ai publié en compte d’auteur. Ce roman, je l’ai aimé lorsque j’avais 17 ans, mais il est vraiment mauvais et je ne veux pas
qu’on dépense son argent pour lire un torchon signé à mon nom (en plus !). Si
j’avais le temps, je le réécrirai en gardant les deux fils principaux de l’histoire: le traumatisme psychique (qui est devenu ma marque de création) et l’envie
de vengeance de Gazelle. Le reste, tout est à mettre à la poubelle et à refaire.

Je n’en parle jamais parce que je ne veux pas qu’on le lise. Ce n’est plus moi (surtout le côté eau de rose, j’aime quand ça part en vrille ou se termine en point d’interrogation ou avec une ouverture gigantesque). J’aime écrire sur des choses qui font mal. Je n’ai pas envie de faire de la morale, mes romans ne sont pas/plus des
fables.

La vie ne l’est pas non plus…

Xi-, JA.

PS: pour les primo-romanciers, bon courage ;-)…

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l’édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches.

Je travaille habituellement avec les services presse des éditions :
In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d’Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc.

Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.

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