Journal intime d’un mort de Jean Dutourd

 

On n’est jamais aussi vivant qu’un mort qui regarde la vie qu’il vient de laisser.

 

La mort, vaste sujet, puisque tout le monde l’appréhende. Pourtant, qui n’a pas rêvé d’assister à ses propres funérailles, d’être là pour voir qui est venu, comment les soi-disant proches prennent votre départ ? Dans cet au-delà dont parlent bien des gens, ce monde incertain loué ou nié selon les confessions de chacun, celui d’où nul ne reviendra et qui ne laisse pas de nourrir les fantasmes les plus fous.

Imaginez-vous être entre deux mondes, dans un état vaporeux, un éther de conscience flottant librement d’un lieu à l’autre au gré de vos humeurs, libre de voir changer la ville que vous connaissiez depuis toujours, de suivre le monde sans affectation réelle, aller visiter les recoins les plus secrets des monument que vous aimiez de votre vivant, et qui sont interdits au public ?

 

Le mort oscillant entre l’état matériel et immatériel se voit dépourvu de la plupart des sentiments humains, privé d’une partie de ses sens, il se sent libre comme jamais. L’amour, qu’en ferait-il dans son informité spectrale ? Sans amour il n’y a de haine qui puisse venir semer quelque trouble dans la sérénité confortable du trépas. Sans doute est-ce là la paix tant recherchée !

 

Voir ! S’il est encore possible de voir, il est possible aussi de regarder ! Le déjà mort se questionne alors sur ce que fut sa vie, sur ce que deviennent ceux qu’il a laissés. Si pour lui le temps ne compte plus, il en va différemment pour le mortel.

Le pur esprit ne devient plus, il est. C’est avec une certaine surprise qu’il se rend compte que son entourage vieillit…

En se rendant dans son ancien domicile, il découvre son successeur, que sa veuve prend des rondeurs, se plisse un peu, qu’elle a fait un second choix un peu attristant.

Les sentiments, bien qu’amoindrit n’ont pas totalement disparus de sa pensée, ils ont simplement changés.

 

 

Présentation de l’éditeur

 » Il en est de la mort comme de tout : tant qu’on n’y a pas tâté, on s’en fait un monde.  » Ce n’est pas le cas d’Olivier qui vient de trépasser. Il trouve un certain nombre d’agréments à l’état de défunt, c’est-à-dire d’esprit désincarné. Cela lui permet entre autres distractions d’aller rendre visite à sa veuve. Après son enterrement il se trouve dans un lieu indéterminé qu’il suppose être le Purgatoire et dont il pense que  » ce n’est pas bien méchant « . Au début, il y mène la vie de Robinson sur son île, jusqu’au jour où vient le rejoindre son Vendredi, personnage mystérieux qui s’appelle Hadamas et avec lequel il va jouer une partie serrée. Tout est si plausible dans ce roman qu’on se demande parfois si l’auteur, sans le vouloir et sans le savoir, n’aurait pas soulevé un léger coin du voile qui nous sépare de l’au-delà.

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l’édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches.

Je travaille habituellement avec les services presse des éditions :
In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d’Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc.

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