La vie est un sale boulot, de Janis Otsiemi

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La vie est un sale boulot, de Janis Otsiemi

Doté d’une gouaille de Titi Montmartrois, Janis Otseimi nous conte l’histoire d’un braqueur gabonais qui sort juste d’une prison de Libreville ; par erreur bénéficiaire de la grâce présidentielle… Il se souvient des causes de son incarcération, dues à un hold-up  chez un gros commerçant, accompli avec ses amis ; un trio digne des pieds nickelés, ou peut-être des branquignols…

Lui sera pris, les autres se sauvent en gardant le magot.

Notre homme, surnommé Chicano, n’a pas de rancune, le butin est dépensé par Petit Papa, Lebègue et Ozone, grand bien leur fasse ! Dès son retour à l’air libre, les copains rapidement retrouvés, la troupe s’organise pour braquer fissa la paye des soldats d’une caserne ! Le coup réussi, il est grand temps de se débarrasser du gêneur. Les comparses fomentent l’éviction de l’ex taulard pour éviter de partager avec lui le butin. Son assassinat est projeté le jour même, aussi glauque que puisse l’être ce genre de projet dans de si petites têtes.

Après tout, pourquoi prendre des gants pour un futur mort ?

Un numéro de téléphone permet de prévenir un proche ; son frère qui le pensait toujours en prison pour encore longtemps… Parce que ce bougre d’homme a survécu au traitement des autres.

Sur un ton de dérision, légers en tout en restant sûrs de leurs faits, ces canailles de faible envergure parviennent à donner matière à un roman des plus noirs. Ils sont si bêtes que même les plus humains et les plus simples des sentiments les fuient précipitamment au profit de leurs seules envies.

Un roman qui se lit d’une traite avec un grand plaisir. J’ai beau ne pas goûter les polars, celui-ci m’a régalé par son accent, la dose de corruption des uns face aux pires arsouilles et, par son imagination.

Le français à la sauce gabonaise, c’est un véritable florilège d’images avec ses mots construits comme on le faisait chez nous au XVII ème siècle ; en verbalisant les noms communs.

Dire qu’on couille une fille prête ici à sourire, au Gabon c’est un réel bonheur…

J’aime le langage, ses évolutions et les jeux auxquels il se prête pourvu que l’on veuille bien le mettre en tenue de sport. Ce livre est écrit avec une langue un peu verte que ne renierait pas Auguste Le Breton (auteur du dictionnaire d’argot de Mesnil Montant « Langue verte et noirs dessins » que je recherche depuis des années). C’est également le genre de roman policier qui ferait le ravissement de Frédéric Dard et de San Antonio, le scabreux en moins…

Aux éditions Jigal 

SEPTEMBRE 2009, Grand Format, 125 x 195 mm, 136 pages
DISPONIBLE pour 14 euros, paiement sécurisé, pour commander cliquez  ICI 

Source éditions JIGAL, 4 ème de couverture

 

EN PROVENANCE DU GABON

À Libreville, Chicano sort de prison, après avoir purgé quatre ans pour un braquage qui a mal tourné ! Adieu la bande de paumés, finies les embrouilles, il veut devenir quelqu’un, un honnête homme si possible… Reconquérir Mira, trouver un boulot, monter un petit commerce et gagner sa galette à la sueur de son front, voilà son rêve ! Mais comment faire quand on a ni sou, ni métier, ni diplôme dans un pays où la corruption est la règle d’or à tous les carrefours ? Car ici plus qu’ailleurs, si la barbe et le grelot ne font pas une chèvre… la vie est souvent un sale boulot !

Portrait de l’auteur

Janis OTSIEMI est un digne représentant de ce qu’on pourrait appeler le « polar de la brousse »… Roman social et urbain, style (très) direct, récit émaillé d’expressions savoureuses, Janis OTSIEMI signe là un roman miroir de la société gabonaise telle qu’il la vit et la perçoit aujourd’hui ! Car au-delà de l’intrigue policière, c’est tout un pan des travers de la société que dévoile ce roman écrit dans une langue sèche qui « claque comme des coups de lanière sur le dos d’un cabri »… Le polar africain n’est pas un mythe, c’est un témoignage social sur l’époque, la population, la corruption, les magouilles omniprésentes, la réussite de quelques-uns, la violence de la rue, le désespoir, la police, le poids du pouvoir et la débrouille, la débrouille toujours ! Au Gabon, comme dans toute l’Afrique sans doute, il y a tous ces jeunes qui ne rêvent que d’avenir : pour survivre, pour devenir quelqu’un, pour vivre tout simplement… Cela peut paraître simple, mais dans les rues de Libreville, cela ne semble pas gagné pour tout le monde ! Car comme le dit si justement Janis OTSIEMI : « La barbe et le grelot ne font pas une chèvre »… Un roman et un auteur à découvrir d’urgence, et pas seulement pour le dépaysement garanti, mais aussi et surtout pour le témoignage à vif !

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l’édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches.

Je travaille habituellement avec les services presse des éditions :
In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d’Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc.

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