Le sourire de Schiller, de Lucienne SEREX

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Le sourire de Schiller, de Lucienne SEREX

 

 

Comment portraire un poète sans atteindre des sommets de subtilité ?

 

La peinture et, à fortiori un portrait, est un art bien singulier, qui ne souffre pas l’à peu près. Cependant, il devra refléter l’intégralité de ce que l’on veut montrer à chacun, pour que tous y retrouvent ce qu’ils sont venus y chercher. Le peintre doit donc saisir l’entièreté du personnage, entrer en symbiose avec lui jusqu’à obtenir une communion du modèle et de l’artiste, afin de figurer les sentiments qui toucheront lors de la contemplation de l’œuvre.

 

Pour Ludovike, peintre au faîte de son art, c’est un défit qu’elle relève avec joie, l’homme est de surcroît beau et attachant ; sa distinction est un ravissement.

Commencent alors une série de séances de pose où les deux acteurs vont apprendre à se parler d’un même langage, à se découvrir pour s’imprégner l’un de l’autre. C’est un échange entre le peintre et le poète ; philosophe à ses heures, dont l’esprit que l’un doit saisir, galope souvent plus rapidement que nécessite une posture de modèle. De manière à faciliter la tâche de l’artiste, Schiller l’invite à venir passer quelques jours en son château.

Plus exactement, il s’agit du château où réside sa famille, qui tout en l’occupant en assure la garde. Un endroit enchanteur qui se perd dans ses ruines et les ravages du temps faute de moyens, un lieu au nom chargé de poésie, le château de Solitude…

Là, l’atmosphère plus conviviale leur donnera l’occasion de mieux se retrouver au travers de souvenirs partagés, de définir un équilibre entre ces deux personnages, qui avancent ensemble vers une destinée commune : La postérité…

 

En effet, il s’agira là du meilleur travail de cette femme artiste peintre, tableau encore aujourd’hui reconnu comme le plus pénétré des sentiments de Schiller. Pour l’homme de lettre et penseur, qui se savait déjà partir prochainement d’une affection de poitrine, il s’agissait que ses enfants y voient un père, sa femme un mari, ses amis un compagnon fidèle et les autres ; un poètes philosophe inspiré de Platon …

 

A l’image du tableau de Ludovike Simanoviz, ce livre est une réussite que l’on doit à Lucienne Serex qui a su retranscrire avec talent autant d’émotion et de vigueur intellectuelle ; la poésie est image, celle du poète se devait à la perfection.

 

 4 ème de couverture :

 

Source IN OCTAVO  

Le 10 novembre 2009, on fêtera le 250e anniversaire de la naissance de Schiller.
Entre 1793 et 1794, la portraitiste Ludovike Simanoviz réalisa l’un des portraits les plus connus de l’écrivain. C’est l’histoire de ce tableau et de la tentative – réussie – du peintre pour capter l’âme de l’écrivain que retrace aujourd’hui « Le sourire de Schiller », proposant aux amateurs d’art une savoureuse rencontre au sommet entre l’art de peindre et l’art d’écrire, entre les lettres et la toile

 

« J’entends que l’observateur de mon portrait puisse être libre d’imaginer le personnage qu’il veut. Non pas Friedrich Schiller, mais un Schiller idéalisé. Une demande effroyablement prétentieuse, je le crains, mais essentielle à mes yeux. Je veux que vous me représentiez comme vous vous souvenez de moi, petite fille, mais je veux aussi que ma femme reconnaisse son mari, mon fils, son père, mes étudiants, leur professeur. Je veux que mes lecteurs imaginent Karl Moor ou le marquis de Posa et la postérité, un poète nommé Schiller. »

 

 » La peinture est une poésie qui se voit. « 

 

Lucienne SEREX

 

 

Horlogère, elle avoue souvent arriver en retard, mais comment le lui reprocher en lisant ses vers élégants, précis et sensuels comme des montres suisses ? Elle aime Jean l’évangéliste, Sand, Ramuz, Néruda et Prévert. Elle aime ses enfants, inconditionnellement. Et aussi la musique tzigane, la Callas, Pink-Floyd et Chopin. Ce qui l’enrage ? l’injustice faite aux femmes, toute cette misère qui, dans trop de contrées, se décline d’abord au féminin. Romancière, ingénieur, diacre, poète, militante… Lucienne Serex dépeint avec le même envol les abîmes de la précarité et les nécroses de la consommation, la danse, l’amour ou l’enfance, accompagnée en contrepoint par les photos intenses et fraternelles du talentueux Rodrigo Carrizo Couto, correspondant en Suisse de El Paìs.

 

Friedrich Schiller

Espérance  (source « la recherche du bonheur.com »

Les hommes parlent et rêvent sans cesse de jours futurs meilleurs. On les voit courir et s’élancer vers un but fortuné, un but doré. Le monde vieillit, puis rajeunit, mais toujours l’homme espère une amélioration.

L’espérance l’introduit dans la vie; elle voltige autour de l’enfant joyeux; son charme brillant séduit le jeune homme; elle n’est pas ensevelie avec le vieillard : car, s’il termine, épuisé, sa course dans la tombe, au bord même de cette tombe, il plante encore…l’espérance.

Ce n’est pas une vaine et flatteuse illusion, engendrée dans le cerveau des fous. Au fond du cœur ce cri s’élève et le proclame : « Nous sommes nés pour un état meilleur » et ce que dit la voie intérieure n’abuse pas l’âme qui espère.

Example of a Schiller poem (Source: Translation)

 

Traduit en anglais par William F. Wertz (que personnellement je préfère…)

Hope

All people discuss it and dream on end
Of better days that are coming,
After a golden and prosperous end
They are seen chasing and running
The world grows old and grows young in turn,
Yet doth man for betterment hope eterne.

This hope delivers him into life,
Round the frolicsome boy doth it flutter,
The youth is lured by its magic rife,
It won’t be interred with the elder;
Though he ends in the coffin his weary lope,
Yet upon that coffin he plants—his hope.

It is no empty, fawning deceit,
Begot in the brain of a jester,
Proclaimed aloud in the heart it is:
We are born for that which is better!
And what the innermost voice conveys,
The hoping spirit ne’er that betrays.

 

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l’édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches.

Je travaille habituellement avec les services presse des éditions :
In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d’Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc.

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