Le Vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda

 

 

(Un viejo que leía novelas de amor)

 

Il est des vies qui n’en sont pas, dans des mondes qui n’en sont plus…

 

Antonio José Bolivar est arrivé dans le village d’El Idilio plein de l’espoir que peut faire naître la misère noire, il y perdra ses illusions et son unique lien avec le monde, sa femme. Après une tranche de vie passée à vivre comme un Jivaro, des réducteurs de tête, Antonio aura appris la jungle et un nouvel art de vivre. L’âge de ses articulations le conduira à rejoindre un semblant de civilisation où le but de chacun reste de ne pas mourir à défaut de vivre, de s’ennuyer à défaut de travailler. Un trou perdu au centre de nulle part, un monde d’hommes fait pour les hommes, un monde dont les femmes se sont enfuient, un endroit où ne reste que des certitudes d’ivrogne et des rêves impossibles.

Là, il se construira un abri qui sera son palais…

 

Un curé venu sur la demande de personne, ouvre un livre en attendant son retour vers le monde des vivants, s’endort et le bouquin choit à terre. Antonio s’en empare et découvre qu’il peut déchiffrer les mots, commence alors une passion pour la lecture de roman d’amour. Des romans d’amour qui parlent des sentiments, chose parfaitement inconnue de lui et des quelques oubliés du village, la brousse n’est pas le domaine du tendre. Comment donc se représenter un « baiser langoureux » ou « prendre possession de l’autre » ? L’amour est-il donc si violent qu’il faille des mots inconnus pour le décrire ..? Antonio a une bonne explication, c’est de la logique pure…

 

Un premier roman chilien qui est un réel must dans le genre je-ne-me-prends-pas-au-sérieux, truffé d’humour et de dérision. On imagine très facilement les petits bonheurs que peuvent devenir des riens lorsqu’il n’y a rien à attendre, comme ce que représente la perte d’un rien lorsque l’on est démuni de tout.

Un petit livre qui mérite un détour et, qu’on s’y arrête…

 
 

Source Éditions Métailié 

 

Luis SEPÚLVEDA : Le Vieux qui lisait des romans d’amour

Traduit de l’espagnol par François Maspero

Au bord de l’Amazone, un vieil homme ami des Shuars, qui lui ont appris à connaître la forêt, découvre la lecture et chasse un jaguar.

« Il ne lui faut pas vingt lignes pour qu’on tombe sous le charme de cette feinte candeur, de cette fausse légèreté, de cette innocence rusée. Ensuite, on file sans pouvoir s’arrêter jusqu’à une fin que notre plaisir juge trop rapide. » Pierre Lepape, Le Monde

« Un livre sauvage et beau, bâti comme un thriller américain. » Frédéric Taddei, Actuel

Prix du roman d’évasion des Relais H 1992

Prix du meilleur roman étranger France Culture 1992

Le roman a été adapté au cinéma en 2001 par Rolf de Heer. Richard Dreyfuss tient le premier rôle et est accompagné, entre autres, par Timothy Spall et Hugo Weaving. D’après les critiques, les personnages sont très bien représentés.

 

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
Ce contenu a été publié dans Livres, Romans contemporains, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.