Le Labyrinthe du temps de Maxence Fermine

Il est des mondes
improbables qui pourtant nous prennent et nous guident à jamais…

Un archimandrite,
Vassili Evangelisto, demande à devenir l’envoyé du Tsar de toutes les Russies
en mission d’évangélisation du monde extérieur, et afin aussi, de se trouver
lui-même.

Le saint homme voyage faisant, se laisse convaincre d’acheter un coffret de bois, ayant soi-disant appartenu à un magicien de renom, du temps de la déjà lointaine Egypte. Ce
bien inestimable est sensé lui permettre de trouver un trésor de vérité, pourvu qu’il en résolve les énigmes à base de serrures et de clefs de bois. Reprenant sa route vers le monde, il sombre avec son navire sur la rive d’une île encore
inconnue, en Méditerranée. Une mer azuréenne dont le ressac salvateur le portera jusque sur une grève étrange, vierge de toute vie.  Sur cet îlot perdu, Vassili trouvera un village endormi sur lui-même, pas mort, mais sommeillant depuis des lustres parce qu’une clepsydre rythmant le temps s’est enrouée. Le flot des secondes se tarissant, chacun s’est refermé sur lui, plaçant l’ensemble de l’île dans un coma profond où seule la poussière ose encore retomber sur le sol.

Notre religieux, savant des choses du monde et des sciences qu’il affectionne, trouve le moyen
de rendre à l’eau la fluidité utile à la marche des jours et des nuits, redonnant par là vie à la population. Chacun reprend alors une sienne activité un moment interrompue, comme la plus naturelle des choses en ce monde. Vassili apprendra donc de ses nouveaux amis qu’il se trouve sur une terre ayant pour nom Labyrinthe. Un endroit qu’aucune carte ne mentionne et dont on ne peut jamais s’évader, même s’il est possible d’y arriver, preuve en est la présence
ici même de l’archimandrite…

Là, s’écoule une vie que rythme les heures, mais aussi un nombre certain de sortilèges,
généralement précédés de pluies de papillons bleus annonciateurs d’événement
important. Notamment l’éminence d’une nouvelle arrivée sur la plage du diable,
car c’est pas là que se font les naufrages.  Chaque nouvel arrivant apportant son lot de surprise et de sang neuf, la vie trouve ici un équilibre fragile dont les intérêts des uns diffèrent souvent
de celui des autres, mais dont les sentiments ne sont pas exclus pour autant, même s’ils se manifestent de façon aussi singulières que cavalières…

C’est un édifice instable qui gravite autour du temps, qui passe ou ne passe plus, c’est selon
les humeurs du jour, selon les résultats des recherches des quelques savants de
ce monde incertain où tant de gens attendent que s’écoule le temps…


Source

Maxence Fermine, Le Labyrinthe du temps (Albin Michel, 2006)

Un livre passionnant et drôle, débordant de
trouvailles et d’imagination, d’humanité et de tendresse. Un livre à ne pas
rater et à déguster sans modération, aucune.

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l’édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches.

Je travaille habituellement avec les services presse des éditions :
In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d’Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc.

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