Corriger un manuscrit, une obligation…

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Les correcteurs, vaste programme, mais justifiant un peu d’éclaircissement.

Plutôt que d’envoyer un texte truffé de fautes en tous genres, mieux vaut, si vous tenez à avoir une chance d’être édité, s’adjoindre l’aide d’un vrai correcteur pour votre travail. Après quoi, cherchez de vrais lecteurs pour vous conseiller sur les modifications à faire.
Si les meilleurs auteurs le font, pourquoi ne le feriez-vous pas ?

Bon nombre d’écrivains demandent de leur signaler là où l’on s’embête, là où l’on veut sauter des pages ; il n’y a rien de plus mal vécu par un auteur que cette envie de zapper…

Soi-même, on est très mauvais juge de ses propres fautes, la famille n’osera pas, n’aura pas la compétence, ou ne voudra pas s’en occuper ; il faut aller voir ailleurs ; s’adresser à un type qui se fiche de dire que ce n’est pas bon, et qui dormira tranquillement malgré tout.

Celui qui prétendra à une édition doit intéresser son lecteur. D’autre part, il n’y a pas de mauvais liseurs, mais des auteurs qui se sont mal exprimés. Lorsqu’un texte est clair et enlevé, le public suit sans peine et prend du plaisir. L’auteur doit veiller à garder l’attention, rebondir et surprendre ; il lui faut oser et aller au bout de lui-même ; il doit donner son meilleur pour avoir le privilège d’être lu.

La correction donnera plus de chance d’être pris en compte par un comité de lecture, pas d’être édité. Je comprends bien que cela occasionnera des frais supplémentaires, en sus de l’impression, de la reliuntre et des frais de poste pour l’envoi.
Et encore, je ne compte pas l’enveloppe affranchie pour le retour du texte après refus.

Aucune profession ne demande pas un effort financier pour s’établir…

1/ Les correcteurs d’orthographe et d’erreurs simples :

Ils corrigent l’orthographe, mais vérifie aussi la ponctuation, au besoin un peu de mise en page, mais rien de plus.

Ils sont utiles pour les textes déjà revus et corrigés, avec du style et, quasiment bons pour partir à l’impression ; c’est un travail de finition, d’achèvement.

La rémunération est souvent au forfait.*

2/ Les correcteurs d’orthographe, syntaxe, ponctuation, répétitions, conjugaison, style…

Il s’agit là d’un travail lourd qui demande beaucoup de temps et de savoir faire. Il est alors préférable de prendre un tiers pour réécrire l’ensemble (nègre littéraire). Ce sera mieux fait, plus rapide et, moins coûteux.

La rémunération est alors au nombre de signes ou/et au temps passé.*

3/ Les correcteurs professionnels de l’édition.

Ce sont des presque nègres qui prennent le temps de tout revoir en plus des fautes, ils vérifient le texte totalement, le refondent, refont les recherches, valident les données. C’est du sur mesure concernant les gens fortunés, des gros éditeurs ; Pas l’auteur lambda…

La rémunération est au nombre de signe et au temps passé.*

4/ Les correcteurs profs de Français

Bien des retraités de l’éducation nationale cherchent des petits travaux de ce genre. Le seul défaut qu’on leur prête, est d’être souvent trop académiques, et de ne pas toujours bien respecter le style de l’auteur. Ils restent néanmoins un bon compromis pour présenter un manuscrit sans qu’il soit truffé de fautes en tous genres.

La rémunération dépendra surtout de votre degré d’affinité-affection avec la personne.*

* Données reçues des professionnels à qui j’ai posé la question.

Il m’arrive de voir, en comité de lecture, de bons textes qui pourtant seront refusés. Ce sont en général des autobiographies qui intéresseront les familles, mais pas le grand public. Elles trouveront un meilleur écho dans le compte d’auteur restreint (petit tirage).

Inutile de demander le retour des fiches de lecture, l’éditeur, sauf quelque uns, ne les communique pas. Simplement pour éviter d’avoir des comptes à rendre, d’avoir à se justifier, d’avoir des gens qui veulent faire appel de la décision, d’avoir des emmerdes continuels…

Rappelons que l’éditeur prend des risques financiers, et qu’il est seul juge de ses choix. Chacun est roi en son royaume…

Des sites de correcteur pro de qualité, il suffit de chercher sur le Net… 

Ecouter l’interview de Gilles Cohen Solal des éditions Eloïse D’Ormesson, EHO, elle explique très bien les raisons des refus de la part des éditeurs. La correction est bien, mais… Il en faut encore plus !

Source Journal du net.

 

 

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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