Dame langouste, d’Amélie Schoendoerf

Faut pas prendre les langoustes pour des quiches !

Lorsque la vie vous bronze des ors de la république, des salons d’ambassadeurs et vous chauffe au soleil des projecteurs du showbiz, on n’a plus rien qui puisse vraiment surprendre, si ce n’est soi-même…

Amélie qui jouit d’une enfance à l’écart des soucis, dînant avec les plus grands, comme s’ils étaient des parents proches, partage une vie d’insouciance propre à son âge. Avec ses cousins, ce ne sont que parties de rire, baignades et jeux dans la maison de famille, en Bretagne. La vie est tellement formidable à l’abri du fracas des  ennuis quotidiens. Mais peu à peu, Amélie maigrit, a des sueurs, des nausées, des vertiges. Par pudeur pour elle, puis parce que dans un monde exemplaire, nul ne doit polluer la perfection, Amélie tait son mal, tente par tous les moyens de le cacher aux regards acerbes de sa grand-mère, à l’inquiétude de la famille.

Elle est forte, elle y parviendra…, jusqu’à l’effondrement total ; le néant, un vide sidéral s’ouvre sous elle pour l’engloutir. Le verdict tombe, comme une incongruité alors qu’elle se trouve en réanimation, Amélie ne guérira pas, jamais.

A compter de maintenant, la malade doit vivre sa maladie, l’assumer seule et se soigner par elle-même. Amélie doit surmonter son aversion des traitements lourds à base de piqures, cacher son malaise pour rester en vie aux yeux du monde, pour continuer d’être Dame Langouste comme la surnomme son académicien de père…

Etre atteinte du diabète insulinodépendant devient une honte qui se masque, mais avec laquelle il faudra composer, toujours. De là à penser que la plus belles des vies, le plus bel avenir se paye au prix fort, Amélie balance encore…

Un roman plein d’émotion et de rage, de tendresse et de haine, admirablement bien écrit. Assurément une  jolie leçon de courage, de volonté ; mais Amélie a-t-elle vraiment le choix de sa vie ?

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l’édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches.

Je travaille habituellement avec les services presse des éditions :
In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d’Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc.

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