Andreas Vesalius : Chirurgien des rois, d’Henriette Chardak

Le moyen âge fut une époque terrible à tous les sens du mot : il était ignorant, violent, mais aussi un terreau où pouvaient s’épanouir les esprits éclairés, pourvu qu’ils aient le talent d’œuvrer sous couvert de princes du sang. Rabelais fut l’un de ceux-là, Vesalius en fut un autre. Tous deux ont osé toucher un domaine bannit de la religion car l’on ne touche pas à l’œuvre de Dieu, ses voies sont impénétrables et l’on se doit d’y souscrire dans l’humilité !

Curieux et choqué de voir les pendus en face de chez lui durant son enfance, Andréas Vesalius décide de conquérir le vivant par le mort en devenant médecin chirurgien. La discipline n’existe pas encore, elle est à créer. Seuls les chirurgiens barbiers, sans formation médicale vraie s’occupent de cet office ; la médecine se contentant de discours oiseux, sans approcher le patient…

Le premier souci d’Andréas est de savoir comment est fait le corps d’un homme. Contre tous, il va entreprendre des dissections de cadavres qui pullulent en ce temps sur les gibets. Il ambitionne de rédiger le premier atlas complet de la cartographie humaine : le De humani corporis fabrica, contraires aux règles de l’Église qui pensait l’âme dans le cœur des hommes… Contraint de changer souvent de pays selon les politiques et la puissance cléricale de l’endroit, l’Italie lui ouvre les bras. Il rencontrera d’autres découvreurs de génie, autant de lumières dans les ténèbres, le confortant dans ses recherches, posera les bases de la recherche scientifique par l’esprit critique. Rapidement, il enseigne l’anatomie en faculté, séduit les étudiant et, s’attire les foudres des doctes, des fats et latinisant médecins : ses confrères. Ses pires ennemis seront Ambroise Paré (infirmier devenu barbier, puis médecin par faveur royale) et son premier professeur en la faculté de Paris. Tous deux jaloux des réussites et de l’audace de ce chirurgien cartographe de talent demandé dans toutes les cours. A. Paré s’inspirera des livres de Vesalius pour améliorer son art, le haïssant d’autant plus…

Son talent, ses réussites lui octroieront les faveurs des plus grands, Charles Quint en fera son médecin personnel, Cosme de Médicis le courtisera. Il aura pour amis Fallope, Titien, Rabelais et tant d’autre grand éclairés de ce temps d’ostracisme.

Outre l’aventure incroyable pour l’époque d’Andréas Vesalius, les notes fournies de bas de page raviront les amateurs, les passionnés d’histoire et de médecine, car en elles mêmes elles sont un roman dans le livre.

Au box-office des livres anciens de grand prix, dont je suis grand amateur, les sept livres de De humani corporis fabrica atteignent des sommets déraisonnables encore aujourd’hui en salle des ventes. Cinq siècles n’auront pas minimisé le travail de forçat de cet homme avant-gardiste.

4ème de couverture
«L’ouvrage – véritable monument d’érudition – qu’Henriette Chardak consacre à André Vésale n’est pas un banal roman historique […]. Doté d’une succession de dialogues toujours lyriques et mélodieux, le texte envoûte et subjugue le lecteur.»

Jean-Didier Vincent

Au retour d’un pèlerinage à Jérusalem, un illustre chirurgien est victime d’un naufrage. Échoué sur l’île grecque de Zante, il voit défiler sa vie. Cet homme, c’est Andréas Vesalius. Né à Bruxelles dans une grande famille d’apothicaires, il se passionne très tôt pour ce continent alors ignoré qu’est le corps humain et veut devenir anatomiste : comprendre et tromper la mort, tel sera son but, à lui qui a grandi face aux pendus des gibets de la ruelle de l’Enfer.
Après des études à Louvain et Paris, le jeune homme part pour l’Italie. Son audace et son extraordinaire talent pour l’étude des corps en font rapidement un dieu pour certains, le diable pour d’autres. Vesalius est vénéré par ses étudiants, dont Fallope, a pour amis de grands artistes et penseurs, tels Titien, Calcar ou Rabelais, devient le médecin de Charles Quint et Philippe II d’Espagne. Mais ses ennemis, nombreux, ont juré sa perte : Ambroise Paré, le célèbre médecin du roi de France, jalouse sa technique et ses connaissances ; l’Inquisition s’élève contre ses dissections et son œuvre magistrale, De humani corporis fabrica, contraires aux règles de l’Église…
Écrit comme un roman à suspense, Andréas Vesalius, chirurgien des rois nous plonge dans une Renaissance fascinante et nous fait découvrir le destin de ce chirurgien avant-gardiste, accusé d’être un «charcuteur» de cadavres au risque de «massacrer leur âme», mais dont on salue aujourd’hui le génie et la foi en la vie.

Crédit photo Presse de la renaissance

Journaliste et écrivain, Henriette Chardak est notamment l’auteur de Tycho Brahé, l’homme au nez d’or (2004), de Johannes Kepler, le visionnaire de Prague (2004), de Dépossédée (2006) et de L’énigme Pythagore (2007) aux Presses de la Renaissance.

Détails sur le produit
• Broché: 513 pages
• Editeur : Presses de la Renaissance (18 septembre 2008)
• Langue : Français
• ISBN-10: 2750903963
• ISBN-13: 978-2750903961
 Retour accueil

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
Ce contenu a été publié dans Biographie, Critiques littéraires, Livres, Romans historiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Andreas Vesalius : Chirurgien des rois, d’Henriette Chardak

Les commentaires sont fermés.