Le nombre de fois où je suis morte, de Marie-Christine Buffat

Pas tout à fait un recueil de nouvelles, mais plus un journal intime de la psyché féminine ! Le lecteur y sillonne les méandres de la complexité propre à la femme. En effet, derrière un jolis minois ce cache une foultitude de pensées s’entrechoquant sans cesse, se nourrissant d’elles mêmes jusqu’à prendre des proportions parfois insoupçonnées, le tout bien caché par un grand sourire appuyé d’un regard enjôleur. Un univers bien loin de la vision cartésienne masculine ! Marie-Christine Buffat, au long des pages de son livre, démontre comment un simple détail insignifiant de prime abord peut entraîner la femme dans un abîme de réflexion contradictoire. Chacune de ces petites morts est certes une épreuve pour la femme, mais c’est aussi un catalyseur lui fournissant les armes de sa renaissance. Excellente brodeuse du ressenti, tricoteuse du sentiment, la femme n’a pas son pareil dans l’art de séduire en se dévalorisant mentalement ; c’est une perfectionniste ne négligeant aucun détail si infime soit-il et, paradoxe notoire, se soucie souvent de détails abhorrés d’elle mais la rendant plus désirable aux hommes…

Ce livre est un grand moment de lecture, politiquement incorrect parfois, jubilatoire dans son côté dramaturge car le sourire sait se manifester à temps. Chaque texte est une lumière sur un univers insondable, c’est un abécédaire pouvant être utile aux hommes afin de comprendre mieux l’envers du décor. C’est un livre où chaque femme saura se reconnaître en se rassurant d’être moins seule dans le capharnaüm intrinsèque à son sexe.

Chacune de ces morts montre à quel point la fragile amazone à besoin d’être rassuré, conforté. Mais là encore il faut faire montre de prudence : à trop en faire on risque fort de perdre se que l’on convoite, le balourd ira donc prendre sa veste ! Finalement, compliquées sûrement, mais n’est-ce pas ainsi que l’home aime voir la femme ?

La plus belle image du monde sans commentaire ne restera-t-elle pas à jamais qu’une image sur papier glacé, irréelle et abstraire : une œuvre inconsistante ?

4ème de couverture

Et si, pour une fois, l’on prenait les expressions toutes faites au pied de la lettre? Si les émotions trop vives nous faisaient réellement mourir?
Entre détresse totale et humour noir, les héroïnes de Marie Buffat sont des femmes extrêmes et entières. Que leur arrivera-t-il si elles laissent leurs émotions se déchaîner sans frein?
Même lorsqu’elle n’aboutit pas à la destruction physique, cette exploration intrépide des passions ordinaires nous rappelle que notre vie est faite d’anéantissements et de résurrections. L’auteure de La Toupie était reconnue pour son style et sa lucidité. Avec Le nombre de fois où je suis morte, elle apporte un ton nouveau dans la littérature suisse: caustique comme les textes d’une Linda Lemay, métaphysique comme les méditations d’un Dürrenmatt.

Au menu:
Introduction: la mort de l’enfance
Morte de faim
Morte de honte
Morte d’ennui
Morte d’impatience
Morte de jalousie
Morte de culpabilité
Morte de chaud
Morte d’angoisse
Morte de chagrin
Morte de froid
Morte de peur
Morte de rire

Un peu de l’auteur

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Source photo : moi même

Dans une vie où tout va très-trop vite, prendre le temps est un luxe qu’on s’offre trop peu souvent. Submergés par l’urgence et les délais, partager un repas au restaurant devient alors parfois une nécessité à laquelle on se doit d’obéir, sous peine de brûler ses dernières réserves. J’adore cette idée, après une semaine pressante, de pouvoir m’assoir à la table d’une auberge typique ou d’un restaurant à la décoration moderne et de me laisser guider par une envie, l’imagination titillée par la dénomination d’un plat. J’aime ces soirées entre ami(e)s durant lesquelles on refait le monde au son de nos fourchettes, où l’on partage des moments de bonheur et de rire en tapant nos verres. Souvent plus qu’un type de cuisine, c’est le lieu qui me séduit. Des atmosphères particulières, un cadre chaleureux et des sièges confortables, la complicité entre les membres du personnel, la qualité du service… Je m’attache à tous ces détails qui font l’ambiance d’un restaurant, ambiance que je m’amuse quelques fois à dépeindre au travers des mes ouvrages. Car nul endroit n’est plus à même de restituer les humeurs et les époques que celui où l’on mange, alors qu’on abandonne un instant notre manteau d’obligations au vestiaire. Ainsi déchargés de la routine, on se nourrit le ventre autant que l’esprit, profitant d’échanger non seulement quelques bouchées des plats commandés, mais surtout des émotions, des pensées, des bouts de vie. C’est pourquoi je me réjouis de pouvoir découvrir de nouveaux univers gastronomiques grâce au guide « Tables ouvertes » et d’agrémenter ma palette de nouvelles couleurs, tant au niveau gustatif qu’émotionnel, afin de pouvoir les partager en retour avec mes lecteurs. Et peut-être nous croiserons-nous bientôt dans l’un des établissements partenaires !

source : http://www.tables-ouvertes.ch/parrains.php

Détails sur le produit

  • Broché: 120 pages
  • Editeur : Xenia Editions (13 juin 2012)
  • Collection : Iréniques
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2888921502
  • ISBN-13: 978-2888921509
  • Dimensions du produit: 19,8 x 13 x 1,6 cm

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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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