Il faut que tu viennes, par Pascal Thiriet

Quand l’absence de scrupule rencontre la rancœur, le monde d’en bas et celui d’en haut peuvent faire cause commune.

Dido est belle et pleine d’ambition. Amazone chassant sur les terres fortunée, elle sait rester discrète pour ne pas éveiller l’attention, en nourrissant de grands desseins. Enée, son ex compagnon, laisse les autres prendre les décisions, se contentant d’être la cheville ouvrière des grandes idées. Ensemble, ils se lancent dans une grande arnaque immobilière. Si un pion dérange leurs projets, ils l’éliminent, simplement comme on écrase une mouche : le remords ne fait pas partie de leurs idéaux !

D’un autre côté, des notables biens pensants, au look soigné, mais qui ressassent quelques amertumes sans oser se l’avouer. Une alliance contre nature en les deux univers pourrait épurer certaines dettes : ensemble, chacun jouera pour lui-même.

L’entente cordiale contre nature se fera donc entre les deux partis. La morale mise en berne, les conventions oubliées : chacun donnera libre cours à ses instincts dans une opération financière en tentant de pigeonner de riches étrangers venus investir en France. Le décor est planté…

Sur un ton jubilatoire très politiquement incorrect, Pascal Thiriet nous entraîne dans un tourbillon toujours à la limite du raisonnable, bien que possible tant la nature humaine est fluctuante. Faisant fi des conventions, la troupe qu’il met en scène dans ce scénario réjouit par la fraicheur du discours au fil de cette aventure hasardeuse.  Bien que ce soit, in fine, de fieffés salopards, chacun d’entre eux, pris séparément, reste foncièrement humain, et c’est ce qui le plus remarquable dans ce Polard. Ce ne sont pas tout à fait de grands truands, ni des petits délinquants au pas-vu-pas-pris, mais des gens normaux qui décident de se la jouer perso, ensemble, pour un temps. Un intermède dans une vie où tous réglerons le compte d’une de leurs succubes empoisonnant leurs nuits. Ce grand relâchement ne s’encombre pas de sentiment : seule compte l’affaire les préoccupant, pas les dégâts collatéraux, ni les quelques morts qui jalonnent le chemin vers l’aboutissement.

Un livre étonnant et divertissant. Une empreinte toute particulière de Pascal Thiriet dans l’univers du roman policier. Moins extraverti que San Antonio mais plus souriant que Camilla Lackberg, ce roman de Pascal Thiriet s’inscrit dans la liste des livres dont on se souviendra.

4ème de couverture

Dido n’a aucun scrupule, mais elle a un principe : pour exister, il faut servir à quelque chose, être utile, avoir un talent – même un tout petit – et le mettre au service de tous… Elle, son talent, sa spécialité, c’est de tuer les banquiers ! Et d’habitude, elle fait ça très bien… Mais là, elle a dérapé ! Enée, lui aussi à un principe. Si Dido lui dit : « Faut que tu viennes… », il accourt. Toujours ! Et côté scrupules, lui aussi voyage léger… Mais parfois dans la vie, en plus des principes et des scrupules, il y a les impondérables, les dommages collatéraux qu’on n’attendait pas… Alors quand Dido décide de se lancer dans cette affaire, il y a fort à parier qu’Énée va se retrouver très vite les mains dans le cambouis… Dido et Énée, un couple improbable et déjanté, des situations scabreuses et ébouriffantes, un style cash et pimenté, un humour très noir et des cadavres à la pelle.

Un peu de l’auteur

Pascal Thiriet est né au début des années 50 d’une mère corse et d’un père pied-noir. Il passe une enfance tranquille en banlieue parisienne. C’est après que ça se gâte… puisqu’en soixante-huitard précoce il abandonne très vite ses études, part en stop aux États-Unis et au Guatemala où il passe quelques jours en prison pour une raison non encore élucidée à ce jour… Dès son retour, et pêle-mêle, il fabrique des milliers de santons, fait des convoyages de bateaux, fonde une communauté proche des situationnistes, travaille dans un garage puis entreprend une carrière de typographe tout en vendant La Cause du Peuple sur les marchés dominicaux… Il a ensuite trois enfants, prépare un Capes de maths et devient prof à Toledo USA. Il lit tout et n’importe quoi, mais sans cesse. Il déteste la chasse mais adore canoter sur le lac Michigan ou laisser son voilier filer tout droit autour de la Méditerranée… Il écoute Phil Glass, Moussu T et Monteverdi… mais pas que ! Il va souvent au cinéma mais n’a jamais eu la télé… ! Et puis il écrit, beaucoup et tout le temps… J’AI FAIT COMME ELLE A DIT est son premier roman.

Source Bio & image : Editions JIGAL 

 

 

 

 

 

 

 

 

Détail du produit

  • Broché: 264 pages
  • Editeur : Jigal (15 mai 2014)
  • Collection : Polar
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1092016222
  • ASIN: B00JY4CUME
  • Dimensions du produit: 20,8 x 14 x 2,4 cm

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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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