La petite Malika, de Habiba Mahany et Mabrouck Rachedi

Qui n’a pas encore lu Le petit Malik, cet excellent roman de Mabrouck Rachedi, un must de sensibilité décrivant avec un sourire parfois en demi-teinte, l’escalade vers une vie d’homme d’un gosse de banlieue. Un ascenseur parfois brinquebalant finissant par parvenir au dernier étage ; par la grâce de Dieu et la force de conviction, surtout. Ce que ne disait pas Le petit Malik, c’est que dans sa cité, en périphérie parisienne, La petite Malika découvrait peu après lui, que le ciel est plus bleu avec une certaine réussite dans les études.

Histoire de la petite Malika, en outre, a l’avantage de mettre le doigt sur les difficultés d’une partie des périphéries urbaines à se reconnaître comme citoyens à part entière. Certain verrous freinant quelques uns peuvent s’ouvrir comme par enchantement, pourvu que le dialogue soit. La petite Malika, sûre de ses choix, armée de sa seule volonté et de son grand sourire, va apprendre avec un étonnement réel que tous ne sont pas égaux en tout. Sa croissance dans le monde la fera différente des repères de son enfance, là encore il lui faudra la force de combattre une petite amertume, ses amis de jeux n’auront pas tous la possibilité d’une éclaircie…

Renseignement pris, ce livre coécrit par le frère et sa sœur, garde la même grande fraîcheur, dans le style et dans le ton, un régal de lecture, une image très touchante d’une France oubliée, parfois, un peu trop. Un livre qui se dévore, qu’on ne lâche pas…

Lors que ma chronique du petit Malik, je précisais que de monde totalement opposés : «  Ce livre m’a vraiment touché, tout « pavillonnaire » que je sois. Je me suis même posé une question ; à savoir si je riais comme les rombières « bourges », pour cacher un malaise devant l’embarras de celui qui a eu, alors que d’autre n’avaient pas cette chance ? »

Cette question que je me suis posée en lisant Le petit Malik ne m’est pas venue à l’esprit en lisant l’histoire de Malika.

Aurions-nous, chacun, avancé un peu dans la compréhension de l’autre ?

    

 

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l’édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches.

Je travaille habituellement avec les services presse des éditions :
In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d’Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc.

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