L’hiver des enfants volés, par Maurice Gouiran

Quand Maurice Gouiran prend la plume, ce n’est pas pour tricoter de la layette ! L’hiver des enfants volés est un roman plus noir que policier, mais ce situant dans un même registre : celui des instincts les plus bas. Partit de fait bien réels que fit naître la dictature : L’affaire des enfants volés du franquisme est une affaire d’État espagnole dont l’auteur s’inspire pour broder son histoire. Fiction qui aurait pu être une histoire vraie, car pour certains elle est sans doute une réalité. Sous la forme d’une enquête journalistique, Clovis plonge dans les méandres des non-dits, des hontes d’une époque révolue dont le présent exhale toujours des remugles. Avec ce livre passionnant et instructif, Maurice Gouiran met au jour un fait divers national que quelques phalangistes cherchent encore à occulter.

Le journaliste se verra confronter aux manières peu délicates de ceux qui cherchent à masquer un lourd passé avec l’aide des vicaires u saint siège de Rome. En effet, la religion, puissante en Espagne, reste très impliquée dans ces affaires qui visaient sous Franco à éliminer toute pensée contraire au régime par l’éducation des jeunes dans des familles bien pensantes. Ce doit être un trait commun au fascisme, car les lebensborns du nazisme avaient une philosophie similaires visant à fédérer les générations nouvelles aux idéaux du pouvoir.

Le secret jalousement gardé par une résistance sectaire encore puissante pèse lourd, et ronge les consciences. Un remord qui permettra au journaliste d’avancer à petits pas vers la vérité, car chaque femme est avant tout une mère et, peut comprendre mieux le viol de l’enlèvement d’un enfant. Mais le pire reste à venir, l’imagination n’ayant pas de limite, pour faire taire les langues à jamais : pourquoi ne pas faire intervenir Dieu lui-même, par l’entremise de son infaillibilité terrestre, dans un procès en béatification des auteurs de ces crimes, afin de transformer en blasphème la moindre tentative de révélation des faits au public.

Un grand docu-roman sous la forme d’un journal retraçant le périple incroyable d’un journaliste partit, à la base, en quête d’un ami ne donnant plus de nouvelle. Maurice Gouiran dissèque admirablement la phycologie de chacun des personnages, ce qui donne une force décuplée à ce livre : Du grand art !

4ème de couverture

Lorsqu’un soir d’hiver 2013, Samia frappe à la porte de la Varune, Clovis se doute très vite qu’elle a besoin de son aide… Samia, Clovis l’a rencontrée en 82, alors qu’il était encore correspondant de guerre. Avec son ami François, ils avaient sorti la jeune Palestinienne des massacres de Sabra et Chatila… Depuis, elle lui a préféré François, mais Clovis n’avait jamais rien pu lui refuser. Et justement, François a disparu. Il a quitté sa paisible retraite du marais poitevin pour Barcelone afin d’enquêter sur deux accidents étranges… Depuis, plus de nouvelles ! Parti immédiatement à sa recherche, Clovis va, au cours de ses investigations, voir brutalement réapparaître le spectre des enfants volés aux familles républicaines par les franquistes. Un scandale et une véritable affaire d’État ayant perduré jusqu’au milieu des années 80. Mais que vient faire François dans cette histoire ? Lui qui semble avoir beaucoup dérangé lors de son enquête… Et qui de fil en aiguille, va faire ressurgir de son propre passé un autre drame effroyable…

Un peu de l’auteur

Caustique, engagé, ne mâchant pas ses mots, passionné, passionnant, infatigable laboureur de terres brûlées, fraternel, perpétuel empêcheur de tourner en rond, humaniste, agitateur des mémoires, hargne, rage, cœur… voici quelques uns des termes que la presse et les chroniqueurs attribuent à Maurice Gouiran à chacun de ses romans. « Maurice Gouiran fait partie de ces auteurs qui rendent leur art majeur et donnent leurs lettres de noblesse au roman noir… » (Passion Polar). Chacun de ses romans, et avec une belle constance, porte en lui deux forces assez exceptionnelles, celle tout d’abord du sujet, régulièrement brûlant et souvent déniché au fond d’un tiroir oublié, et puis celle du récit lui-même, précis, captivant, indigné qui nous réveille la conscience, et nous permet de rester vivant plus longtemps ! Et ce nouveau roman ne déroge pas à la règle. Sabra et Chatila, les lebensborn, les errances du franquisme, les délires des états totalitaires, le rôle insupportable d’une frange d’extrémistes, le scandale encore tout frais des enfants volés, les rancœurs, les peurs, la reconstruction… Mauricenous embarque dans son récit et comme le résume très bien Black Novel : « Gouiran, ça frappe fort, ça fait mal, mais ça fait du bien… »

  Source Bio & image : Editions JIGAL 

Maurice Gouiran est un écrivain français né le 21 mars 1946 au Rove (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, dans une famille de bergers et de félibres.

Il passe son enfance dans les collines de l’Estaque, avant d’effectuer ses études au lycée Saint-Charles et au lycée Nord de Marseille, puis à la Faculté, où il obtient un doctorat en mathématiques.

Spécialiste de l’informatique appliquée aux risques et à la gestion des feux de forêts, il a été consultant pour l’ONU. Il enseigne également à l’université.

Depuis 2000, il a écrit de nombreux romans policiers, dont plusieurs ont été primés

Habitant Le Rove, petit village aux portes de Marseille, ses collines arides et la grande métropole méditerranéenne sont au centre de tous ses polars.

Ses romans écrits dans un style caustique et dans un esprit libertaire dévoilent, au-delà d’intrigues rondement menées, des épisodes déformés ou tabous de l’histoire, qui dépassent la seule ville de Marseille. Ainsi, Gouiran aborde résolument des thèmes forts différents mais toujours sulfureux, des moments et des événements tabous, effacés ou déformés par « l’Histoire officielle ».

« Le mérite de Maurice Gouiran est de savoir faire s’engouffrer sous une intrigue policière le grand vent de l’Histoire. Et particulièrement le vent mauvais… (Jean Contrucci– la Provence) »

Maurice Gouiran va ainsi, à travers ses intrigues et son style gouleyant, à la découverte des spoliations sous l’Italie mussolinienne, de la collusion de certains Britanniques de haut rang avec les nazis, du génocide des Arméniens, de la colonisation, des zoos humains, de la rente nucléaire en Polynésie, de l’engagement des jeunes Français dans la SS, de l’Espagne franquiste, de l’éclosion et du rôle de la mafia marseillaise à l’époque de la French connection, des ratonnades dans le Marseille de 1973, des formations paramilitaires serbes en Bosnie, des non-dits de mai 68, des drames de l’accouchement sous X, de l’épuration (juillet 1944-janvier 1945), des fondamentalistes et des créationnistes américains, de la pauvreté et de notre regard sur les pauvres, des phobies des épidémies, des magouilles immobilières, de la prise de pouvoir des colonels grecs…

Il apporte ainsi un sang et un souffle nouveaux dans le monde du polar made in Marseille, en se faisant un devoir de mettre en lumière les problèmes actuels de cette ville et de dénoncer la destruction programmée de l’environnement naturel. (Source Wikipedia)

Détail du produit

  • Broché: 240 pages
  • Editeur : Jigal (15 mai 2014)
  • Collection : Polar
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1092016192
  • ASIN: B00JY4CU4C
  • Dimensions du produit: 20,8 x 14 x 2,4 cm

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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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