Le prince à la petite tasse, d’Emilie de Turckheim

Certains y pensent, d’autre le font vraiment : ouvrir sa porte à un réfugié !

Les réfugiés, vaste débat qui anime les hommes politiques, nos discussions à table le soir en entendant le journal télévisé ! Ils sont là, campent sur les trottoirs, occupent les ponts, sans cesse plus nombreux à espérer pouvoir simplement vivre. Ils ont vécu la guerre, traversé de nombreux pays ou tenté une navigation très dangereuse sur la Méditerranée dans des esquifs de fortune. Ils arrivent à bout de force, inquiets de tout, ayant peur de devoir repartir vers l’inconnu, mais toujours avec l’espoir d’un lendemain meilleur. Nous les voyons, mais en dehors des œuvres caritatives que faisons-nous pour eux, que peut-on faire pour eux ? Emilie de Turckheim ce pose la question dans ce roman et tente de trouver des solutions.

 



 

Accueillir l’autre, c’est simple à dire, mais est-ce seulement ouvrir sa porte et ajouter un couvert sur une table ? Il est évident que nos traditions d’ouverture et d’accueil, sont généreuses : France terre d’asile… Cependant, les réfugiés arrivent sans préparation dans un pays en prise avec le chômage, d’une autre culture, des racines différentes. Le XXIème siècle n’est pas le même partout dans le monde, la démocratie ne revêt pas la même signification dans tous les pays. L’image de la femme est très différente chez nous de celle des pays musulmans. Ouvrir son foyer à un réfugié demande une grande capacité d’adaptation, beaucoup de pudeur, de mettre un frein à son enthousiasme. Emilie de Turckheim aborde ce sujet grave avec tout le tact possible, prudemment, lentement, laissant venir naturellement les évènements.

Reza, le jeune Afghan qui vient résider chez elle, son titre de séjour en poche, doit outre le français, tout apprendre de ce nouveau monde qui se déroule sous ses yeux. Que pense Reza de cet appartement parisien comparé aux logements qu’il connaissait chez lui. Même la nourriture est un apprentissage. Nous jetons aux encombrants une foultitude d’objets encore utilisables, qu’il collecte par principe et conserve comme autant de trésors providentiels. Se dit-il que ce pays de cocagne regorgeant de tant de chose à un prix ? Un tarif souvent prohibitif pour celui qui commence par de petits boulots mal payés. Pensant bien faire, Reza commet des gaffes malgré lui, tout comme sa logeuse. Le choc des cultures, certes, mais avec de la patience rien qui ne se résolve.

 



 

Ayant vécu le pire depuis l’âge de 15 ans, Reza dépense sans compter, non pour lui, mais pour aider ceux qui n’ont pas eu la chance de trouver un accueil. Une générosité lui faisant honneur, toute musulmane, mais le laissant continuellement démuni alors qu’il doit envisager son avenir.

C’est un roman débordant de l’amour de l’autre. Un roman souvent drôle, pudique, où les silences s’entendent autant que les rires. Un roman d’espoir qui démontre que l’autre peut vous apporter beaucoup plus qu’il ne vous en coûtera. L’amitié naissant du partage devient vite une forme de communion, une cooptation presque familiale. Avec Emilie de Turckheim ouvrir sa porte c’est ouvrir son cœur, c’est s’enrichir l’un et l’autre. Un roman d’actualité mettant le doigt sur l’un de nos points faibles : l’accueil de l’autre !

 



 

Présentation de l’éditeur

Un jour, j’ai dit : « Ils sont des milliers à dormir dehors. Quelqu’un pourrait habiter chez nous, peut-être ? » Et Fabrice a dit : « Oui, il faudra juste acheter un lit. » Et notre fils Marius a dit : « Faudra apprendre sa langue avant qu’il arrive. » Et son petit frère Noé a ajouté : « Faudra surtout lui apprendre à jouer aux cartes, parce qu’on adore jouer aux cartes, nous ! »

Pendant neuf mois, Émilie, Fabrice et leurs deux enfants ont accueilli dans leur appartement parisien Reza, un jeune Afghan qui a fui son pays en guerre à l’âge de douze ans. Ce journal lumineux retrace la formidable aventure de ces mois passés à se découvrir et à retrouver ce qu’on avait égaré en chemin : l’espoir et la fraternité.

Un peu de l’auteur

Emilie de Turckheim vit et écrit à Paris. Elle publie à vingt-quatre ans Les Amants terrestres.

Étudiante en doctorat de sociologie à Sciences Po, elle est visiteur de prison à la maison d’arrêt de Fresnes et modèle vivant pour des artistes peintres et sculpteurs.

Son expérience de visiteur à la prison de Fresnes lui inspire en 2008 « Les Pendus ».

En 2009, elle reçoit le prix de la Vocation pour « Chute Libre », son deuxième roman et le prix Bel Ami 2012 pour « Héloïse est chauve ».

Elle est modèle vivant pour des peintres et des sculpteurs, une expérience qu’elle relate dans « La Femme à modeler », paru en 2012.

En 2013, elle publie « Jules et César » et « Mamie Antoinette » aux éditions Naïve.

Elle reçoit le prix Roger Nimier pour « La disparition du nombril » (2014). « Popcorn Melody » est son huitième roman paru en 2015 aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Crédit bio & photo Babelio :

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

Détails sur le produit

• Broché: 216 pages
• Editeur : Calmann-Lévy (16 août 2018)
• Collection : Littérature Française
• Langue : Français
• ISBN-10: 2702158978
• ISBN-13: 978-2702158975
• Dimensions du produit: 13,5 x 1,8 x 21,5 cm

 








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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des maisons d'éditions Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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