L’Olympe des infortunes, de Yasmina Khadra

L’Olympe des infortunes, de Yasmina Khadra

 

Paul Scarron avait l’hôtel de l’impécuniosité, Yasmina Khadra a l’Olympe des infortunes !

 

Dans le style fantasque et dans le genre jusqu’au-boutistes, ces deux là ont un point commun : leur façon de tout magnifier, de tout sublimer jusqu’à l’excès.

 

Si la misère est horrible, elle se doit d’être outrancière, le putassier faisant alors un décor de bon goût…

 

Loin des images que véhicule habituellement avec brio Yasmina Khadra, « l’Olympe des infortunes » plonge le lecteur dans un monde improbable, comme seul un esprit brillant peut le dépeindre. Les personnages sont plein de couleurs et de vie, dans une non-vie ; se recréant une existence dans un non-univers ; se fabriquant des codes et des lois dans une non-société. L’auteur nous montre que la nature de l’homme, en général, est gorgé de ressources insoupçonnables, que d’aussi loin et profond que soit sa chute, toujours il retrouve un semblant de société.

 

Khadra excelle dans la peinture des souffrances des petits, mais leur conserve une dignité et le front haut : l’on peut tomber très bas, mais rester noble !

 

C’est pour cette noblesse des sentiments, que l’indicible devient lisible, la monstruosité se faisant parfois poésie sous sa plume.

 

A tout point de vue un changement de cap important dans l’écriture de Yasmina Khadra, mais un tournant réussi.

 

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des maisons d'éditions Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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