L’Art difficile de rester assise sur une balançoire, d’Emmanuelle Urien

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Le ton juste pour dire l’indicible !

Venant de cet auteur mieux connue par ses excellentes nouvelles, après un roman « Tu devrais voir quelqu’un » chez Gallimard en 2009, ce nouveau livre est une réussite. Autant le lecteur, parfois, pouvait ne pas vraiment s’y retrouver dans le message subliminal délivré dans le premier, que ce second roman est un hymne à l’espoir, drôle souvent, plein de fantaisie, en sachant rester grave lorsque cela est nécessaire.  

En prenant pour sujet la reconstruction de soi suite à un divorce, Emmanuelle Urien n’y va pas mollo… En effet, en cas de séparation, il y a toujours plus de peine pour celui, ou celle, qui reste sur le carreau. Finies les promesses que cela ne nous arrivera pas, l’heure est au chacun pour soi ; l’espoir d’une liberté nouvelle d’un côté, et une incompréhension face à une reconstruction non voulue de l’autre. Bien sûr, se greffe sur cet édifice branlant les collatéraux : enfants partagés et familles dont chacun se rapproche tant bien que mal. Le cordon ombilical que l’on pensait rompu ne se raccorde pas toujours sans douleur ! Indirectement, c’est d’un retour à l’esprit d’adolescence dont chacun doit s’emparer afin de repartir d’un bon pied. Pourtant, nul ne souhaite vraiment cet état boutonneux et précaire. Le funambule divorcé est en devoir de conserver l’aplomb utile à son maintien sur le fil. Emmanuelle Urien s’attache naturellement aux sentiments de la femme bafouée dans ce livre, passant par tous les états. Tantôt alpiniste, tantôt spéléo, les sentiments féminins sont disséqués sans fioriture ; ses appels au secours par l’absurde touchent mieux que des larmes.

Un petit roman qui se déguste avec joie, instructif pour les hommes de la pensée féminine, sur une tonalité plaisante : on ne rie jamais si bien que de soi-même…

Quatrième de couverture

Mariée à l’homme idéal, mère de trois enfants parfaits, elle pensait que la vie était un long fleuve tranquille. Mais il faut être deux pour le croire. Quand son mari la quitte pour sa meilleure amie, Pauline se retrouve victime d’une maladie très banale en pareilles circonstances : elle se sent à la fois morte et vivante, elle voudrait mourir mais reconnaît qu’il serait ridicule de se jeter par la fenêtre d’un premier étage. Et même haïr sa rivale se révèle absurde, puisque le destin vient juste de faire mourir la garce. Pauline oscille entre haine et douleur, désir de vengeance et volonté de refaire sa vie, quitte à partir en chasse sur les sites de rencontre. Conseillée par sa mère psychiatre, elle passe à l’action et décide d’effacer la source du mal. Après tout, puisqu’elle doit faire son deuil, autant s’imaginer veuve… Jusqu’au jour où Yann disparaît pour de bon.

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 Crédit photo : Eric fouassier
Détails sur le produit

    • Broché: 224 pages
    • Editeur : Denoël (21 février 2013)
    • Collection : Histoire romanesque
    • Langue : Français
    • ISBN-10: 220711337X
    • ISBN-13: 978-2207113370

 

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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