La fréquentation des à-pics, de Catherine Charrier

Un titre sonnant comme une fêlure dans la porcelaine : la singularité de la femme.

Le particularisme féminin capable d’une multitude de facettes, notamment de se jouer des contraires, d’aborder des territoires impensables, ne laisse pas de surprendre la gent masculine : c’est là que réside une bonne part de son charme. Pour démontrer ce mystère, Catherine Charrier, au travers d’un recueil de nouvelles étonnantes, nous emmène au bord du précipice, quitte à prendre des risques. Ainsi, elle n’hésite pas à embarquer le lecteur sur le chemin de la liberté passant par un affranchissement des conventions sociétales au sujet de la sexualité des femmes, révélant ainsi la fragilité tapie derrière celles affichant leur indépendance. Frôler l’à-pic devient alors une forme de refouloir pour l’abîme occulte masquant le raisonnement, une boulimie rassurante pour combler un vide : l’outrance jusqu’à la noyade s’il en est besoin, faisant de leurs faiblesses les armes de la vie.

Une fontaine de jouvence

La course du temps, l’inexorable horloge qui altère l’image, demande un travail de funambule afin de compenser par la philosophie le reflet perçu au-dehors. Là encore, les femmes savent mieux que quiconque garder les pieds sur terre.

Un instant d’éternité

Qu’y a-t-il de plus dévastateur que la fugacité d’un regard, d’un geste ou d’un sourire pour ébranler le cœur le mieux accroché ? Parce que, quoi qu’on en dise, c’est pour nos compagnes un atout plus solide qu’un simple aperçu. Elles détiennent cette faculté de déceler dans une brèche la profondeur gage de durabilité, de solidité. Un aplomb proche de la faille, opérant une séduction par le rapprochement des précipices nous séparant.

Une nécessité sécuritaire

Le besoin d’être surprises, toujours reconnue pour ce qu’elles sont au-delà de l’image (mais aussi par cette dernière) pousse à la prise de risques. L’épaule sur laquelle s’appuyer sera donc solide, mais avec quelques fragilités afin de se sentir plus proche, pas totalement en terra incognita : frôler la chute est plus rassurant lorsque l’on sait une main tendue…

Ce recueil de nouvelles est un peu tout cela à la fois, complexe et simple, jubilatoire et glauque ! Un livre écrit d’une jolie plume, donnant souvent le sentiment d’un récit autobiographique par la proximité de l’auteur avec ses textes. En fin de livre, le lecteur découvre pourquoi cette impression première voisine la vérité : les idées fondatrices de chacune de ces nouvelles est une bribe de la vie de Catherine Charrier. Détail appréciable : sans se faire prosélyte du féminisme à tout cran, l’écrivain maintient une distance raisonnable dans les histoires qui constituent cet ouvrage avec l’aspiration légitime de chacune.

La fréquentation des à-pics est le chemin vécu des femmes, la lézarde les rendant attirantes et uniques. De l’attraction mutuelle dépend un Amour qui ne s’épanouira sans la connaissance de l’autre, sans une main vers la belle jouxtant le vide !

Article publié aussi dans l’Express.fr : http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-frequentation-des-a-pics-de-catherine-charrier_1263517.html

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4ème de couverture

Une petite fille qui fouille une pochette qu’on lui avait défendu d’ouvrir. Une jeune étudiante qui va rencontrer la mère de son ami pour la première fois. Une femme en promenade avec son mari qui se trouve face à face avec son amant. Ces histoires, c’est notre histoire, celle d’une femme qui chemine au bord du précipice. Tour à tour fille, mère, maîtresse, ou simple passante, elle se retrouve confrontée à une situation presque banale et pourtant déterminante. Un moment de bascule que toute femme est amenée à connaître. Un regard croisé à travers la vitre d’un bus, un e-mail, un ourlet mal repassé, une dispute peuvent devenir cet à-pic, ce point culminant, à partir duquel on se dit que plus rien ne sera jamais pareil. Vingt récits intimes qui apparaissent comme autant d’étapes dans l’apprentissage de la féminité. À travers ces nouvelles, Catherine Charrier dessine ce chemin qui nous mène au plus profond de nous-mêmes, d’une plume subtile et poétique, dans un magnifique voyage vers l’intériorité.

L’auteur

 

Catherine Charrier © Pascale Lourmand Source Auféminin.com : http://www.aufeminin.com/livres-a-lire/catherine-charrier-n198345.html

Catherine Charrier est née à Alençon dans les années soixante, dernière salve du baby-boom. Ancienne élève de l’École du Louvre et diplômée d’HEC, elle est entrée très tôt dans la publicité parce qu’elle pensait qu’elle trouverait là une dose de création et une dose de commerce. Elle travaille toujours dans une grande agence de publicité. Après  » L’attente « , publié en mai 2012 chez Kero, elle publie avec  » La fréquentation des à-pics  » son deuxième livre.

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Description du produit

  • Broché: 234 pages
  • Editeur : KERO (23 mai 2013)
  • Collection : ROMAN
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2366580495
  • ISBN-13: 978-2366580495
  • Dimensions du produit: 21,4 x 13,4 x 2,4 cm

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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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