Le rouge et le brun, de Maurice Attia

Un idéal peut être aussi meurtrier, qu’un amour passionnel !

Après une carrière de flic, Paco Martinez s’est reconverti comme chroniqueur de presse. Autant dire que les chiens écrasés et les sorties cinématographiques ne lui offrent pas les décharges d’adrénaline de son ancien métier. Pour échapper à l’ennui routinier, il part en Italie, suivre au plus près l’affaire de l’enlèvement d’Aldo Moro par les brigades rouges. Sur place, sa proximité avec une journaliste locale, qui lui sert de traductrice et de carte de visite, et l’éloignement remet en cause ses certitudes sur son couple avec sa femme, sur sa vie en général. Restée chez elle, comme l’absence de Paco se prolonge, sa femme Irène entreprend elle aussi une grosse phase de réflexion. Une double réflexion car elle a trouvé par hasard un manuscrit de son père mort par suicide. En le lisant, elle balance entre la romance ou une autobiographie. Un questionnement qui la fait réfléchir sur son propre couple et la force des sentiments qu’elle éprouve pour Paco. En Italie, les lettres d’Aldo Moro publiées dans la presse partagent l’opinion. La violence des ultras, qu’ils soient de gauche ou de droite, peut-elle prendre le pas sur la raison d’état ? Un chassé-croisé s’est installé dans le couple, rythmé par les lettres d’Aldo Moro.

Maurice Attia nous emmène en 1978, alors que les brigades rouges sévissent avec l’enlèvement d’Aldo Moro. La classe politique italienne résiste aux exigences les terroristes. Le monde entier suit cette affaire qui se calque sur le mode opératoire de la bande à Baader, autre fraction de l’armée rouge. Les courriers d’Aldo Moro, laissent entendre que derrière le terroriste vit un homme animé de sentiment. La violence dont il fait preuve n’étant qu’un cri ultime, seul moyen pour faire tribune à ses yeux. Paco, pris dans le tourbillon médiatique entourant l’affaire, comprend vite qu’il n’en sortira pas indemne, ni lui ni sa femme. Tout au mieux espère-t-il pouvoir reprendre le fil de sa vie sur des bases saines. Irène, en lisant le texte de son père, comprend que l’histoire de sa famille est bien plus sombre qu’elle le pensait. Un passé peu glorieux qui laissera des traces car l’oubli n’existe pas.


C’est un roman presque historique sur une affaire de terrorisme qui date désormais. 1978 semble loin de nous, mais le terrorisme a demeuré avec le temps. Les causes à défendre sont différentes, mais les armes dont disposent les minorités restent les mêmes : l’ultra violence pour marquer l’opinion. Aujourd’hui, nous devons tous vivre avec la possibilité d’être malgré nous pris dans cette tourmente. L’affaire Aldo Moro ayant démontré qu’une armée de gardes du corps ne suffit pas. Psychanalyste de métier, Maurice Attia décortique le cheminement du terrorisme. Suivre de près ces affaires d’une rare violence transforme un homme, le poussant à réfléchir également sur lui, sur sa propre vie. C’est là le talent de l’auteur car il mène de front deux histoires ! En effet, d’une part il y a celle qui marque la grande histoire avec le début des luttes armée sans uniforme ni déclaration de guerre et, celle toute aussi violente que l’on fait contre soi-même lorsque votre monde s’écroule.

Ouvrir une porte fermée, c’est prendre un risque mortel, parfois…

Présentation de l’éditeur

Après La Blanche Caraïbe, Maurice Attia nous revient ici avec LE ROUGE ET LE BRUN, un étrange roman très engagé dans lequel nous retrouvons avec plaisir les aventures de Paco et d’Irène dans un tout autre univers. Paco, toujours journaliste, part en Italie pour un reportage sur les traces d’Aldo Moro et nous fait revivre avec beaucoup de recul et de lucidité ses derniers instants… Irène, elle, traque les souvenirs d’une autre période douloureuse, à Paris cette fois. Entre Irène et Paco, s’engage alors une sorte de duel dramatique en lien avec ces deux tragédies.

Un peu de l’auteur

Psychanalyste, psychiatre, scénariste et cinéaste, il est l’auteur de plusieurs romans noirs. Sa nouvelle Ça va bien remporte le prix de la Nouvelle noire du festival Le Noir dans le blanc en 2005.

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Détails sur le produit

• Éditeur : Jigal Editions (20 février 2021)
• Langue : Français
• Broché : 296 pages
• ISBN-10 : 237722105X
• ISBN-13 : 978-2377221059
• Poids de l’article : 281 g
• Dimensions : 21 x 2.4 x 14 cm





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A propos Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des maisons d'éditions Me contacter par Mail sur contact Presse pour les livres en services de presse.
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