Mathilde de Jérôme Cayla

D’Edmonde Vergnes-Permingeat

‎ »Mathilde » : Un roman inclassable

De nos jours : Marie vient d’ouvrir la maison de la plage qui ne va pas tarder à accueillir la joyeuse troupe familiale. C’est une vieille maison de famille où des générations sont venues passer les vacanc…es d’été au bord de la mer. Et la tradition se poursuit !

Dès les premières pages s’installe une atmosphère étrange, un malaise. Marie sent une présence invisible, elle a l’impression d’être observée à l’instar du héros du « Horla ».

Aurions-nous affaire à un roman fantastique dans la veine des récits hoffmanniens où l’histoire bascule, passant d’une réalité ordinaire à un monde merveilleux et surnaturel ? C’est ce que nous serions tentés de croire quand l’atmosphère se nimbe d’étrangeté, lors d’une mystérieuse apparition sur la grève déserte de la station balnéaire encore fermée … mais chut… je ne vous en révèlerai pas plus, ne voulant pas vous ôter le plaisir de la lecture.

Et pourtant, alors que nous pensions être au cœur du fantastique, nous voilà ramenés brusquement sur terre. Sans quitter la maison, nous allons accomplir un voyage. Un voyage proustien dans le passé.

Avec brio, l’auteur jongle ici avec les époques reliées au présent par un subtil jeu de correspondances, rendant sensible l’épaisseur du temps et les sortilèges de sa réversibilité : nous voilà transportés en 1852, en janvier, dans le quotidien des pêcheurs à pied et des paysans dont nous allons partager la vie o combien difficile. Le roman change alors de registre. Avec cette plongée dans la vie besogneuse des petites gens du XIX e siècle, ces humbles qui nous sont décrits avec un réalisme de détails et d’expression, nous passons à une chronique dans la veine des grands romans du terroir, avec en toile de fond la vie difficile dans un siècle où les jeunes gens se voyaient souvent contraints de quitter leur pays pour aller chercher fortune dans des terres lointaines.

Mais n’y voir qu’une chronique historique ne rend pas justice au livre. Tout en tissant les fils d’un drame dans lequel les secrets de famille se nouent et se dénouent, l’auteur donne à son roman l’allure d’une saga familiale. Une chronique qui, avec ses rebondissements et son suspense, prend presque des allures de thriller. La maison va se muer en cercle implacable – l’endroit où l’on naît où l’on meurt – et qui se refermera sur le clan …

Mais qualifier ce roman (seulement) de saga familiale n’en épuise toujours pas le contenu. Ce roman est aussi et avant tout un roman d’aventures, qui nous fait quitter l’espace clos pour les grands espaces, l’inconnu : tribulations tumultueuses, travestissement, foisonnement de personnages, pirates, exotisme oriental : voilà maintenant réunis tous les ingrédients du roman populaire – qualificatif qui n’a rien de péjoratif sous ma plume, au contraire.
Nous vivons les aventures romanesques de l’héroïne lors de son grand périple en mer. Une odyssée maritime qui apparente le roman aux aventures d’Arthur Gordon Pym.

Et comme dans un thriller, le lecteur est toujours tenu en haleine : un double suspense affecte simultanément les deux niveaux du récit, les deux plans temporels : on s’interroge, d’une part sur les événements « passés » – si le lecteur frissonne en se demandant ce qu’il va advenir de Mathilde au cours de son périple, dans cet univers exclusivement masculin, réputé impitoyable, il n’en reste pas moins curieux du destin de ceux qui sont restés au pays, sa mère et de son père- , et d’autre part, il s’interroge aussi sur le déroulement des événements laissés en suspens dans le « présent » – entendons ceux du XX e, l’univers de Marie qui est aussi le nôtre.

Récit fantastique, chronique historique ou roman de mœurs, roman d’aventures ou saga familiale ? Ou encore thriller ? Mathilde, décline à lui tout seul tous ces genres.

Mais n’allez surtout pas croire que ce roman inclassable manque d’unité : à la fin du récit, les différentes pièces du puzzle s’emboîtent pour rendre son épaisseur à la réalité éclatée.
En un mot : « Mathilde » est un roman subtil qui conjugue avec brio chronique historique et aventures romanesques, mystère et palpitant thriller.
Même inclassable, ce roman peut être classé parmi ceux qui captivent leurs lecteurs !

De Marie-Laure Bigand :

Vous allez me dire « encore un livre des éditions Laura Mare ? » ; Eh oui, et en même temps ce n’est pas anormal puisque c’est mon éditrice, qu’elle marche uniquement aux coups de cœur, et que ses coups de cœur me plaisent bien à moi aussi.

Alors, Jérôme ? Un auteur que j’ai connu chez Pietra Liuzzo, et encore un « Eh oui » ; c’est qu’il y avait de très bons auteurs dans cette maison d’édition et en cela on peut remercier Pietra de les avoir dénichés…

Pour ce livre-là j’ai été attirée par le titre : « Mathilde ». Je connaissais la Mathilde de Jacques Brel et je me demandais bien ce qu’avait pu en faire Jérôme. C’est vrai, j’avoue, j’ai une certaine curiosité…

Nous avons ici un vrai livre d’aventures, digne des romans de Daphné du Maurier. L’auteur nous emporte dans le sillage de son héroïne, Mathilde, et avec elle nous traversons les mers, nous côtoyons des civilisations, nous enfourchons notre âme chevaleresque, nous laissons les battements de notre cœur vibrer aux mille aventures de cette jeune fille, encore un peu enfant, sans être complètement une femme.

En arrivant à la fin du roman, j’avais oublié que nous avions changé de siècle et le retour à la réalité m’a un peu étourdie, mais chut, je n’en dirais pas davantage…

Les personnes qui suivent régulièrement mon blog savent que pour vraiment aimer un livre, il me faut aimer l’histoire bien sûr, mais l’écriture également… Une très belle histoire peut perdre parfois de sa prestance à cause d’une écriture un peu fade, ou lourde, et alors la déception est grande… Eh bien ici, au contraire, l’écriture est belle, mais vraiment belle. Rien de trop, les mots où il faut, quand il le faut.

J’ai été emportée par le talent de l’auteur, alors Jérôme, je te le dis en toute sincérité, ton deuxième roman est très réussi, et j’espère que tu nous en écriras encore beaucoup J

4ème de couverture :

Comme tous les ans avant la période estivale, Marie vient ouvrir la grande maison familiale située en face de la mer. Cette fois-ci, un sentiment étrange l’envahit, la suivant comme une ombre. Elle ne se sent pas seule… Pour Marie, le temps s’arrête comme lors d’un rêve. Mais oui, elle a sûrement rêvé, s’imaginant des choses impensables dans sa réalité toute cartésienne. Est-elle sotte ! Mais quand bien même, elle aurait juré, pourtant, qu’auprès d’elle s’est manifestée une étrange perception.

Pour garder en l’étant une chose aussi fragile qu’un héritage familial, on en rajoute, sans jamais retire le souvenir d’autrui. Parfois cela donne l’opportunité à quelques fantômes de ressurgir du néant où chacun les pensait ensevelis, tombés dans la désuétude des jours… Moi, je regarde vivre cette famille depuis des années. Enfin, quand je dis que je regarde, cela veut dire que j’accueille ; parce qu’avec les années qui se succèdent, cette maison est devenue une entité à part entière, évoluant un peu en moi-même ou est-ce moi qui me suis fondue en elle ?

Publié par Marie-Laure Bigand (http://lesmotspartages.blogspot.com/2010/10/mathilde.html)

Mais aussi :

Comme tous les ans avant la période estivale, Marie vient ouvrir la grande maison familiale située en face de la mer. Cette fois-ci, un sentiment étrange l’envahit, la suivant comme une ombre. Elle ne se sent pas seule…
Pour Marie, le temps s’arrête comme lors d’un rêve. Mais oui, elle a sûrement rêvé, s’imaginant des choses impensables dans sa réalité toute cartésienne. Est-elle sotte ! Mais quand bien même, elle aurait juré, pourtant, qu’auprès d’elle s’est manifestée une étrange perception.
Pour garder en l’état une chose aussi fragile qu’un héritage familial, on en rajoute, sans jamais retirer le souvenir d’autrui. Parfois, cela donne l’opportunité à quelques fantômes de ressurgir du néant où chacun les pensait ensevelis, tombés dans la désuétude des jours… Moi, je regarde vivre cette famille depuis des années. Enfin, quand je dis que je regarde, cela veut dire que j’accueille ; parce qu’avec les années qui se succèdent, cette maison est devenue une entité à part entière, évoluant un peu en moi-même ou est-ce moi qui me suis fondue en elle ?

Jérôme Cayla nous livre là, un roman d’un genre totalement différent du précédent, pour notre plus grand plaisir.
Passant par un lieu ayant côtoyé plusieurs générations, une demeure familiale qui garde la trace de ses occupants précédents, sans avoir jamais dévoiler aucun de leurs secrets,  l’auteur nous entraîne à travers une autre époque, un autre siècle, le dix-neuvième, à la suite de personnages attachants, notamment une petite fille, Mathilde, à qui il va arriver des aventures pour le moins dangereuses,  mais passionnantes…chut, je n’en dirai pas plus.
Ce style de roman est, je l’avoue ma tasse de thé. C’est une lecture qui vous emporte sur un rythme trépidant, dans un voyage initiatique haut en couleur. J’ai beaucoup aimé les descriptions détaillées juste ce qu’il faut pour s’imaginer voguant sur l’océan, à bord de différents navires de cette époque.
Et il me tardait de retrouver les personnages pour suivre leurs pas à la découverte de deux univers qui se côtoient, tout en nous révélant les affres et les déboires d’une société parfois cruelle.
Un petit plus, les petites citations au début de chaque chapitre.
Le livre est à hauteur de l’auteur, humain et attachant, d’une très grande générosité.
Un beau roman servi par une belle plume, que l’on n’oubliera pas, à savourer ou à dévorer selon son envie du moment….

De Laurence Lopez : http://unlivreunetoile.centerblog.net/84-mathilde-de-jerome-cayla

Et par Marie Olivier-Ziglioli :

Je viens de terminer mon voyage auprès de « Mathilde ». J’ai les yeux pleins d’étoiles, je me suis laissée bercer par les vagues, j’ai affronté les tempêtes, visité des endroits étonnants, rencontré des personnages hauts en couleurs, et partagé beaucoup d’émotions…
Merci pour ce très bon moment de lecture, bravo pour ce roman magnifique, que je vais recommander autour de moi !

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l’édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches.

Je travaille habituellement avec les services presse des éditions :
In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d’Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc.

Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.

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Une réponse à Mathilde de Jérôme Cayla

  1. jean-philippe dit :

    Une jolie chronique de Marie Laure Bigand autour d’un livre que j’ai envie de découvrir ! Un joli blog que le tien Jérôme ou je me rends souvent sans forcément laisser de commentaires ! bravo !
    @ Oui, J’avais besoin d’un autre regard sur mon propre livre…
    C’est sympa de passer me voir de temps en temps, même sans laisser de commentaire. Sinon, Mathilde est vraiment une chic fille ; elle sera à Lyon bientôt…

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