L’atelier des miracles, de Valérie Tong Cuong

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Il est des auteurs qui ont le don de plonger le lecteur dans des vies différentes jusqu’à donner le sentiment qu’elles sont nôtres, ou pourraient le devenir un jour, peut-être : Valérie Tong Cuong est de ceux là !… On ne s’affranchit jamais d’une phase de réflexion après avoir lu un de ses ouvrages ; parfois à la limite d’égratigner les sensibilités, elle conduit le fil du sentiment jusqu’à l’extrême, jouant sur la fragilité le caractérisant. L’amour met facilement au jour l’inverse de la thèse qu’il prétend défendre et, c’est dans ce jeu que surgit l’art scriptural de Valérie Tong Cuong. En effet, chacun des personnages de ce roman effectue un cheminement vers la redécouverte de lui-même, alliant l’espoir jusqu’au désenchantement, pour mieux rebondir dans la compréhension de ce qu’il est vraiment et, de ce fait, le recouvrement de sa dignité. Une reconquête qui n’omet pas de passer par l’acceptation de l’autre, dont le vécu en ajoute à l’expérience personnelle ; chaque vie s’enrichissant des celles de ses contemporains, les protagonistes de cette aventure devront s’ouvrir au monde, prendre de la distance de ce qui les a préoccupé jadis, voir au-delà d’eux-mêmes. S’il y avait une morale de cette histoire d’atelier des miracles, cela serait sûrement que l’on ne sort vainqueur de l’échec que s’il est Psychologiquement bien assimilé.

Dans ce nouveau livre, trois personnages que rien ne lie subissent une brisure du quotidien, une anecdote dont les journaux regorgent chaque jour ; chaque fois une histoire de peu qu’une main tendue redressera pourvue qu’elle soit suffisamment solide. C’est là que tout se joue. Parvenus dans la tourmente du précaire apporté par la rupture de ce qui paraissait jusqu’ici les sécuriser, les protagonistes mesurent le vide de leurs vies. Une notion ne les ayant pas encore réellement saisis. Les services sociaux hospitaliers les orientent vers l’atelier : une œuvre caritative privée se faisant fort de redonner des ailes à ceux qui ont chuté du nid. Une association où règne l’amour de l’autre, sachant prendre le temps de l’écoute, délivrer les mots justes qui rendent l’envie de regarder l’avenir. C’est une fondation où chacun apprend à reprendre le goût de soi, de ses possibilités, de sa singularité.

Dans cet asile, le pivot, fondateur de l’atelier est omniprésent, jouant de son calme, de ses appuis, de son charme : aucun moyen ne le rebute dans son élan vers l’autre et, les résultats semblent au rendez-vous… Son amour des désorientés doit les sauver d’eux-mêmes ! Pourtant, nul n’est de bois et, lui aussi, ne cherche-t-il pas à sauver les hommes pour sa propre rédemption ? Finalement, n’est-ce pas en comprenant les autres que l’on guérit de soi, mieux qu’en suivant un guide fédérateur ?

Pour une fois, et le cas est rare, j’aurai aimé que le roman soit plus long pour m’y plonger plus longtemps…

4ème de couverture

Prof d’histoire-géo mariée à un politicien narcissique, Mariette est au bout du rouleau. Une provocation de trop et elle craque, envoyant valser un élève dans l’escalier. Mariette a franchi la ligne rouge. 
Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le « farfadet » et sa bande le passent à tabac. 
Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles. 
Mais peut-on vraiment se reconstruire sans affronter ses fantômes ? Avancer en se mentant et en mentant aux autres ? Ensemble, les locataires de l’Atelier vont devoir accepter leur part d’ombre, tandis que le mystérieux Jean tire les ficelles d’un jeu de plus en plus dangereux.

Détails sur le produit

  • Relié: 264 pages
  • Editeur : JC Lattès (9 janvier 2013)
  • Collection : Littérature française
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2709642794
  • ISBN-13: 978-2709642798

L’auteur (source Site de l’auteur)

Valérie Tong Cuong est née en banlieue parisienne. Après une adolescence chaotique, elle étudie la littérature et les sciences politiques. Elle travaille huit ans dans la communication puis lâche tout pour se consacrer à l’écriture (romans, nouvelles, scénarios) et à la musique.

site FB de l’auteur

Ses romans déjà parus :

– Big (1997, Nil Editions, 1999 J’ai Lu), récompensé au festival du Premier roman de Chambéry

– Gabriel (Nil Editions 1999, J’ai Lu 2001)

– Où je suis (Grasset, 2001, J’ai Lu 2006)

– Ferdinand et les Iconoclastes (Grasset, 2003, J’ai Lu 2006)

– Noir dehors (Grasset, 2006, Le livre de Poche, 2006)

– Providence (Stock, 2008, J’ai Lu 2010, prix Version Femina – Virgin Megastore du Roman 2008)

– L’Ardoise magique (Stock 2010, Prix Dynamique au Fémin’Ain 2010)

–   La Battle, histoire courte (Les Editions du Moteur, 2011)

 Valérie Tong Cuong est traduite en 12 langues.

 

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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