Les désorientés, d’Amin Maalouf

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Au-delà d’un Islam inquiétant, il faut une appétence de vivre singulière pour en survivre !

Quel titre ! Et, il y a de quoi… sûrement le plus intimiste des ouvrages d’Amin Maalouf, tiré de son vécu d’expatrié ; non pas pour découvrir un quelconque eldorado européen, mais simplement parce que simultanément à la perte de sa société, il en allait de sa propre survie d’homme ; libre penseur et ouvert aux autres, il lui est impossible de voir avec des œillères.

Ce roman, aux relents autobiographiques, soulève bien des questions à son auteur. Au travers d’un voyage pour revoir un « ancien ami » mourant, il emporte se dont il ne peut se séparer : de quoi écrire, des bribes de son passé via des correspondances de proches, son appréhension d’un retour aux sources. Très vite, Adam, commence la rédaction d’un journal de voyage ; un guide pour organiser sa pensée, son trouble et ses attentes. Régulièrement, il se plonge dans les lettres de ses amis, eux aussi dispersés aux quatre coins du monde. Lorsqu’il n’écrit pas, il renoue avec les vestiges de sa jeunesse estudiantine, ceux qui n’ont pas quitté le pays, qui peuvent le comprendre et le guider. L’épouse de l’ex ami agonisant lui annonce que celui-ci n’a pu attendre son arrivée, mais qu’en la mémoire du défunt, elle souhaiterait faire une réunion du groupe d’étudiant qu’ils étaient autrefois. Outre le fait que Mourad laisse un souvenir mitigé, car lui aussi a dû s’adapter en restant, sa femme était aussi des leurs, jadis… L’idée suit son chemin dans une correspondance épistolaire maillée autour du globe, l’idée séduit les anciens du groupe, une date est retenue.

Les protagonistes découvrent en venant avec un lot de souvenir n’ayant pas vieilli, que l’adaptation de chacun à sa propre destinée bouleverse sa manière de ressentir le monde, sans fondamentalement changer les adolescents qu’ils furent. Tous ont tenté de reconstruire sur des ruines une vie qui leur aille, un univers où ils peuvent se sentir des hommes libres, malgré tout, malgré eux. Ce rendez-vous de l’ultime, cet espoir inouï est un choc des cultures aux ambitions communes.

4éme de couverture :

« Dans Les désorientés, je m’inspire très largement de ma propre jeunesse. Je l’ai passée avec des amis qui croyaient en un monde meilleur. Et même si aucun des personnages de ce livre ne correspond à une personne réelle, aucun n’est entièrement imaginaire. J’ai puisé dans mes rêves, dans mes fantasmes, dans mes remords, autant que dans mes souvenirs.
Les protagonistes du roman avaient été inséparables dans leur jeunesse, puis ils s’étaient dispersés, brouillés, perdus de vue. Ils se retrouvent à l’occasion de la mort de l’un deux. Les uns n’ont jamais voulu quitter leur pays natal, d’autres ont émigré vers les Etats-Unis, le Brésil ou la France. Et les voies qu’ils ont suivies les ont menés dans les directions les plus diverses. Qu’ont encore en commun l’hôtelière libertine, l’entrepreneur qui a fait fortune, ou le moine qui s’est retiré du monde pour se consacrer à la méditation ? Quelques réminiscences partagées, et une nostalgie incurable pour le monde d’avant. »

Bannière Crédit photo : L’Orient le jour.com

 Détail du produit :

 Broché: 528 pages

 Editeur : Grasset (5 septembre 2012)

 Collection : Littérature Française

 Langue : Français

 ISBN-10: 2246772710

 ISBN-13: 978-2246772712

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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