La toute petite fille monstre, d’Adeline S. Nebojsa

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La toute petite fille monstre, d’Adeline S. Nebojsa
« L’homme naît bon, c’est la société qui le corrompt » disait J.J. Rousseau, mais loin de le corrompre la société a pour devoir de l’éduquer…
Il ne peut y avoir de monstre sans monstruosité, c’est un fait. L’homme apprend au contact des autres les règles du savoir vivre et, lorsque ces règle sont perverties dès la petite enfance par l’entourage, il est aisé de franchir cette ligne fragile qui nous horrifie…
Monika, née dans le sordide d’un bordel croate cherche une stabilité qu’elle trouve au travers de l’homme venu tuer sa famille. Elle a l’aplomb ce ceux qui n’ont plus rien à perdre, la beauté fragile de sa jeunesse : l’enfance l’habite encore. Face au milicien armé, Monika ne baisse pas sa garde, fixe sans faillir cet homme se voulant fort, mais supportant mal ce regard incisif de la gamine. Déstabilisé, il abandonne ses visées criminelles et part avec elle vers son destin : la guerre des Balkans et son cortège d’horreur.

Tiré de faits réels, A.S. Nebojsa nous conte un parcours hors du commun de cette enfance détournée, prenant le pas sur la folie des faibles, couverte par beaucoup par lâcheté, parce que c’était la logique de l’instant, ou l’air du temps… Monika entrevoit, parfois, le mal généré sans le comprendre pour elle-même. La mal au sens large est son oxygène depuis la naissance, la marge est franchie à l’origine, la vie et la mort ne sont que des prolongements logiques, on adhère ou on meurt, c’est tout. Le reste, la guerre et ses motivations ne sont pas son problème, seule s’applique la loi du plus fort. L’amour ? N’est-ce pas d’être juste un peu mieux sur le moment présent, sans chercher à savoir de quel bois sera fait demain ? Quand à rendre des comptes à la fin de la guerre, quoi de plus logique, c’est l’ordre des choses. Monika ne se pose pas plus de question, les actes commis l’on été parce que c’était ainsi, la guerre des Balkans.
Un premier roman magistralement écrit, poignant, sans jamais donner dans le pathos qui l’eût alourdi. Un livre se lisant tel un document d’histoire, émaillé de petits bonheurs pour Monika qui tirent au lecteur un sourire mi figue mi raisin à son corps défendant…

4ème de couverture
Il y avait là-bas, il y a bien longtemps, une petite jeune fille de 16 ans. Son ventre appelait le plaisir, ses bras la lutte, ses mains le combat. On parle encore de Monika aux enfants nés après-guerre. Et son ombre gracile flotte parfois, les soirs de gros temps, dans les rues de Brčko, abandonnées par la population frileuse. De temps à autre, on parle encore d’elle, « La toute petite fille monstre des Balkans ».
« Ma Monika s’évaporera au moment même où vous tournerez la dernière page de ce livre. Mais sachez qu’il existe une Monika quelque part sur cette terre. Les faits relatés dans la première partie du roman, ceux qui se déroulent pendant la guerre, ont été racontés devant le TPIY (Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie) par ceux qui ont survécu aux terribles guerres des Balkans. Elle, la vraie, doit être très différente du personnage que j’ ai imaginé. Mais elle a au moins un point commun avec ma Monika à moi : elle est l’enfant d’un monde mystérieux où la beauté étourdissante cohabite, cruelle, avec ce qu’il y a de plus atroce planqué au fond de l’âme des hommes. », A. S. Nebojsa

Détail du produit
• Broché
• Editeur : Lunatique (19 mars 2013)
• Boutique de l’éditeur : http://www.editions-lunatique.com/#!__boutique
• ISBN-13: 979-1090424180
• ASIN: B00BY6JZLO
• Dimensions du produit: 17 x 14 x 2 cm



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