L’enfant des hautes plaines, de  Benchaar Hamid

Un premier roman, mais aussi un cri du cœur afin de dire bien haut ce que nul n’a vraiment compris sur la guerre d’indépendance algérienne.

Au travers de la vision d’un enfant des Aurès, Zine, l’auteur brosse une toile méconnue de l’histoire récente de son pays : la guerre d’indépendance. Elle fut violente, maladroite et souvent mal comprise de part et d’autre de la Méditerranée. En effet, en dehors des volontés coloniales de la métropole française et de l’envie de liberté de l’Algérie il y a un choc des cultures, une vision du monde aux antipodes de l’autre pour chacun des belligérants.

La guerre d’indépendance algérienne est un divorce qui aurait dû, ou pû se régler mieux. En effet, les liens étroits ont perduré malgré ce conflit armé, malgré le temps, et chacun pense encore à l’autre. Le colonialisme était la résultante d’une époque finissante, ayant donné à l’homme des droits, tout en maintenant un distinguo selon son origine. Ce même droit que l’exclusion exacerbait d’une part, mais qui contrecarrait la volonté de conserver ses traditions et sa culture aux peuples mis en tutelle coloniale : la mayonnaise ne pouvait prendre.

Lorsqu’on écrit l’histoire, on lui donne des raisons politiques, les intellectuels se gargarisent de grandes phrases, les quotidiens cherchent le scandale faisant vendre, mais l’on tente rarement de voir de l’intérieur la manière dont les individus, les sans grade voient et ressentent le conflit. Benchaar Hamid ose ce pari risqué dans son roman ou les yeux de Zinne veulent nous transmettre une autre réalité, vécue de l’intérieur par des gens n’ayant pas eu la possibilité de dire ce qu’ils pensaient. Il met aussi le doigt sur les déceptions d’un peuple qui a cru voir venir un jour nouveau s’il n’y avait pas le clientélisme, les sentiments personnels faisant fi de celui des autres : la liberté des uns ne s’arrête-t-elle pas là où commence celle des autres ?

Un roman aigre doux pour une cause mal défendue, dont les rouages se grippent en grevant un horizon encore possible, car si la fierté est toujours là, la volonté semble, parfois, faire défaut.

4ème de couverture

Zine, un petit garçon de sept ans de la plaine Er-Mila dans les Aurès, assiste, avec son regard d enfant, à la descente aux enfers de sa famille prise dans la tourmente de la guerre. Nous sommes en 1958 et la guerre d Algérie est entrée dans sa quatrième année. Tortures, viols et tueries s abattent du jour au lendemain sur de paisibles paysans de cette région qui fut à la pointe de la lutte pour l indépendance.

Un peu de l’auteur

(crédit photo Benchaar Hamid)

Hamid Benchaar est né dans les Aurès, en Algérie.

Diplômé d’une école d’ingénieurs en France, il travaille comme consultant dans les technologies de l’information.
Il vit actuellement au Canada.

(source éditeur)

Détails sur le produit

  • Broché:194 pages
  • Editeur :Editions L’Harmattan (18 juillet 2014)
  • Langue :Français
  • ISBN-10:2343040575
  • ISBN-13:978-2343040578
  • Dimensions du produit: 21,4 x 13,4 x 1,8 cm

         Retour accueil

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
Ce contenu a été publié dans Critiques littéraires, Livres, Romans contemporains, Romans historiques, Voyages, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.