Le jardin des poètes, par Richard Andrieux


L’on eût pu croire, à la lecture de la quatrième de couverture, que Richard Andrieux s’aventurait sur un terrain nouveau, loin de ses deux premiers livres (José et l’homme sans lumière) où la poésie reste le fil conducteur du roman. En effet, l’impression donnée par cette quatrième laisse un goût aigre doux, présageant le parcours d’un looser à la recherche d’un peu d’oxygène, d’une éclaircie dans la morosité le caractérisant. D’ailleurs, le roman commence par démontrer la fatalité accablant cet homme, sa résignation devant la prise de décision, son renoncement face à la vie : il ne vit qu’au présent en le rythmant d’une série d’habitudes rassurantes.
Puis, survient Claire : une jeune fille souriant à la vie, vivant sur une autre planète que Bernard. La nostalgie de l’un rencontre le sourire de l’autre, sur une plage, en quelques mots, parce qu’il n’y avait sans doute rien à dire de mieux. Quelques mots entraînant un regard du genre de ceux qui font fondre les cœurs les plus durs.
La rencontre de ces deux-là va chambouler leurs vies, les faire se révéler au grand jour : l’amour se riant des apparences donne une force insoupçonnée, bouleverse l’ordre établi pour faire du beau là où régnait la laideur de la morosité.
Finalement, le lecteur retrouve bien vite le poète au long des pages. Un roman qu’on ne lâche plus. Malgré un rythme assez lent au début, les événements s’enchaînent rapidement afin que chacun parvienne à s’épanouir vraiment.
Au début du livre j’ai pensé que Richard Andrieux me menait en bateau dans une histoire de peu. En fait, il m’a embarqué dans son aventure en me surprenant : vraiment, un très beau livre, un jardin de poésie…
Présentation de l’éditeur
Depuis mon accident, je n’attendais plus les beaux jours avec impatience. Je préférais de loin la grisaille de l’hiver à cette maudite chaleur qui m’interdisait de me couvrir la figure. L’été, on remarquait plus facilement ma différence dans la lumière, et comme mes cicatrices avaient tendance à rougir, mon visage devenait une vitrine sur ma vie, avant même que je ne pense à baisser les yeux.
Seule Claire avait su me regarder. Ses yeux étaient simples et justes avec moi. Je me souviens de chaque instant passé avec elle au Jardin des poètes. Seulement maintenant, les vacances se terminaient et elle allait repartir vivre dans la capitale pour poursuivre ses études.
Heureusement, il me restait Marco, mon fidèle ami, avec qui je travaillais dans une usine de socs à Béziers. Le travail était dur, mais le pire, c’était le bruit des machines.
Ma vie ne consistait qu’à attendre que le temps passe un peu, et que ma peine s’éloigne avec les nuages.
Avec Marco, on fréquentait un petit rade chez Emile. Avec les apéritifs parfois, ça partait dans tous les sens. Les accords d’Evian avaient été signés et l’Algérie était indépendante. En ce mois d’août 1962, il y avait ceux qui étaient pour l’indépendance, et ceux qui pensaient que la France venait de baisser son pantalon. Moi, ce qui me peinait le plus, c’était la disparition de Marilyn. Elle était trop jeune et trop belle pour s’en aller comme ça…

Richard Andrieux est déjà l’auteur de deux romans, José et L’homme sans lumière. Il vit à Strasbourg.

Quatrième de couverture
Avec Claire, pour la première fois depuis longtemps, je m’étais tout de suite senti à l’aise. J’avais mes raisons. Depuis mon accident, aucune autre femme n’avait su me regarder comme elle. Ses yeux étaient simples et justes avec moi. Claire a proposé que l’on aille se promener au Jardin des poètes. En flânant dans les allées au milieu des grands arbres, je profitais de chaque seconde, de chacun de ses sourires. Claire a dix-huit ans, elle est étudiante à Paris et lit Marguerite Duras. Bernard a vingt-neuf ans et travaille à la chaîne dans une usine de Béziers. À priori, ces deux personnages n’ont rien à faire ensemble. Pourtant, lorsque Bernard rencontre Claire, sa vie s’illumine. En ce début des années 60, Bernard mène une vie tranquille. Avec quelques amis fidèles il partage des plaisirs simples – l’apéritif rituel au café des Marronniers, les parties de pêche, les promenades au bord de l’eau – qui lui permettent de supporter son handicap et les tracas professionnels liés aux humiliations d’un contremaître tyrannique. Mais soudain, sa vie prend un tour tragique : licencié, il est ensuite mêlé à une rixe mortelle. Que va-t-il lui arriver ?

Un peu de l’auteur
Artiste complet : auteur compositeur, arrangeur, chanteur, comédien, écrivain, Richard Andrieux depuis une vingtaine d’années explore différentes voix artistiques. Dès l’âge de dix-huit ans, il commence à écrire ses premières chansons. Après plusieurs expériences musicales, il sort comme chanteur auteur compositeur un disque en 1988 chez Bmg , « stingray de rêve » . Accompagné par les musiciens de Bernard Lavilliers, il donne plusieurs concerts en France. En 1990 il change d’univers pour se consacrer au théâtre et rentre début des années 90 au conservatoire d’art dramatique de Strasbourg où il restera 3 ans. Suivent plusieurs pièces de théâtre. En 1993, retour à la musique et au chant ; il monte le groupe « Tiramisu » avec Nicolas Thévenin. Ils se produisent sur scène avec leurs musiciens sur de nombreuses scènes comme  » l’Olympia  » en novembre 1995. Entre 1983 et 1995, il a écrit plus de 250 chansons. Compositeur de nombreuses musiques en publicité et en radio, il travaille également en tant que voix speaker pour Arte, pour la pub et le cinéma. Fin 2005, il commence l’écriture en tant qu’auteur compositeur arrangeur du nouvel album de Marie Anne Alison « aimer comme on se perd » sorti en septembre 2006. Il l’accompagne aujourd’hui sur scène en tant que guitariste aux cotés de six autres musiciens. Retour au théâtre en mars 2007 avec le rôle de Clarence dans Richard III de William Shakespeare. Auteur de son premier roman « José », il a reçu le prix du premier roman à la forêt des livres le 26 aout 2007. il est publié aux éditions Héloïse d’Ormesson. (Source : Myspace de Richard Andrieux via France inter)

 

 

 

 

 

(Source photo éditions EHO)

 

Détails sur le produit
• Broché: 256 pages
• Editeur : Mercure de France (20 mai 2014)
• Collection : Littérature générale
• Langue : Français
• ISBN-10: 2715235380
• ISBN-13: 978-2715235380
• Dimensions du produit: 20 x 13,8 x 2,2 cm
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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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