2 heures du matin à Richmond Street, par Marie-Hélène Bertino

Fishtown est un quartier de la ville de Philadelphie aux États-Unis. Le quartier est habité surtout par des descendants d’Irlandais catholiques de la classe ouvrière, un peu loin du rêve américain… A Fishtown tout le monde se connait, depuis toujours ou presque. Là comme ailleurs, la vie sème la prospérité et le ressentiment au gré de sa propre météo. Marie-Hélène Bertino choisit de parler de personnages qui, sans avoir pleinement réussi, demeurent encore loin de la paupérisation. Cependant, toute vie bien organisée couve un rêve en arrière-plan ; non visible du dehors il ronge lentement jusqu’à donner le sentiment de se renier soi-même. Ce ressenti conduit au dépérissement, au repli vers un ensemble d’habitudes rythmant un quotidien gris. L’espoir cédant place à l’envie, chacun guette alors le sursaut, le choc inversant la vapeur pour que brille de nouveau le soleil.

Dans 2 heures du matin à Richmond Street, trois personnages promènent leurs rêves en berne. Une directrice d’école, rigide comme elle doit l’être mais femme derrière l’uniforme, un tenancier de club de Jazz vivant en retrait dans son monde en équilibre précaire, une gamine de 9 ans livrée à elle-même rêvant de devenir chanteuse. Trois vies écorniflées vivant aujourd’hui en regardant vers un hypothétique lendemain. Chaque jour s’écoulant leur donne l’impression de plonger un peu plus dans une impasse. Puis, il y a cette soirée un peu différente où chacun sort pour tromper l’isolement, pour respirer un autre air. Fishtown n’étant pas si grand ils se trouvent ensemble au club de Jazz, prêts à vaincre leurs tabous respectifs.

Une nouvelliste qui passe au roman est un pari osé. En effet, les styles d’écriture sont totalement différents pour ces deux genres. Le premier est concentré, rapide et les métaphores marquantes afin de se substituer au texte long. Le second sera en détail, l’auteur pouvant se lâcher dans la description, faire monter lentement la pression du suspense. Marie-Hélène Bertino conjugue avec bonheur les deux genres dans son roman : le pari était risqué, mais la mayonnaise prend facilement. Avec une écriture enlevée, souvent politiquement incorrecte, jubilatoire ou un peu dérangeante, l’auteur conduit le lecteur du fond du vide au firmament avec délice !

4ème de couverture

Au cours d’une soirée, des destins se croisent au cœur d’un quartier de Philadelphie. Madeleine Altimari, 9 ans, n’a qu’une chose en tête : chanter ! Surtout depuis le décès de sa mère, elle passe son temps à faire ses gammes et à perfectionner son répertoire. Un jour elle sera sur scène… peu importe si ni son père en proie au désespoir, ni ses professeurs ne l’encouragent dans cette voie. Et quand Madeleine découvre l’existence d’un club de jazz, le Cat’s Pajamas, dans sa ville natale, elle décide que ce sera l’endroit idéal pour faire ses débuts. Elle ne sait pas encore qu’elle s’apprête à vivre la nuit la plus extraordinaire de sa vie… Le même jour, son professeur, Sarina Greene, de retour à Philadelphie après un divorce douloureux, attend avec une certaine angoisse le dîner où elle doit retrouver celui qui aurait pu – dû ! – être l’homme de sa vie. Et s’il n’était pas trop tard pour saisir une seconde chance ? De l’autre côté de la ville, Lorca, le propriétaire bourru et désabusé du Cat’s Pajama, se retrouve au pied du mur. A moins de trouver 30 000 $ pour rembourser sa dette, ce club légendaire fermera ses portes pour toujours. Ces trois âmes perdues, cherchant l’amour, la musique et l’espoir dans les rues de Philadelphie, vont découvrir les possibilités infinies que peut offrir la vie au cours d’une nuit magique. D’une plume vive et originale, Marie-Hélène Bertino signe un premier roman débordant de charme et d’émotions.

Un peu de l’auteur

Premier roman de Marie-Hélène Bertino 2 A.M. AT THE CAT’S PAJAMAS (en version originale) , est maintenant disponibles aux États-Unis et au Royaume-Uni (Picador), à paraître en France le 15 janvier 2015, Turquie, Brésil et Suède. Son recueil de nouvelles SAFE AS HOUSES , publié en octobre de 2012 a obtenu le prix Iowa Courte Fiction en 2012. Il a été classé dans la collection histoires exceptionnelles et figurait dans le Top dix des livres en 2012 par Sean Carman du Huffington Post.

Elle a reçu le prix Pushcart en 2007 et une Mention spéciale de Pushcart en 2011. Ses récits ont été publiés ou sont à venir aux Etats-Unis dans Granta, Guernica, Gulf Coast, North American Review, Gigantic, Mississippi Review, Inkwell, The Indiana Review, American Short Fiction, Five Chapters, West Branch, Electric Literature’s Recommended Reading, Storyville, The Common, et anthologized in Mississippi Review’s Anthology 30, Gigantic The First 5 Years, and The Pushcart Prize Anthology XXXIII.

Marie-Hélène enseigne au programme M.F.A. basse-résidence à l’Institut pour Arts American Indian (IAIA) à Santa Fe, NYU, le Sackett et l’atelier de l’écrivain émergents pour One Story, où elle a été rédacteur en chef adjoint. Elle est originaire de Philadelphie et vit à Brooklyn.

Beaucoup de ses héros sont musiciens ou réalisateurs de films, ainsi que sa mère.

Source photo et bio : Site de l’auteur http://www.mariehelenebertino.com/

Détails sur le produit (A paraître le 07 janvier 2015)

• Broché: 336 pages
• Editeur : KERO (15 janvier 2015)
• ISBN-10: 2366581327
• ISBN-13: 978-2366581324
• Dimensions du produit: 21,5 x 2,8 x 13,5 cm

   Retour accueil

Bannièreindex

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
Ce contenu a été publié dans Critiques littéraires, Livres, Romans contemporains, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à 2 heures du matin à Richmond Street, par Marie-Hélène Bertino

  1. Ping : Les Chroniques de Goliath | Marie-Helene Bertin...

Les commentaires sont fermés.