Un kiwi dans le cendrier, de Catherine Deschepper

La particularité des recueils de nouvelles est d’en dire beaucoup en restant concis : un exercice un rien délicat dans la pratique. Chaque nouveau recueil doit prendre ses lecteurs, non pas par la main comme au long d’un roman, mais par les tripes afin que nous vibrions au tempo de l’auteur jouant un rôle de chef d’orchestre. Chaque opus devant faire partie d’une symphonie complète. Avec Catherine Deschepper, dans ce recueil sorti le 20 janvier 2015 aux éditions Quadrature, point de fausse note. Elle explore les réflexions féminines sur elles-mêmes et leur environnement dans un rythme endiablé.

Endiablé ! Certes, le mot est fort pour qualifier le tourbillon impressionnant des idées traversant le ressenti de nos compagnes. Fort, bien qu’à peine suffisant, souvent ! Vu du côté masculin, cela dépasse l’entendement. Chaque soir, lors du retour à la maison de ces dames, dès l’ouverture de la porte d’entrée, elles commencent la narration analytique de leur journée depuis le départ du matin, sans omettre le moindre détail des faits et du sentiment qu’elles en éprouvent. S’en suit une logorrhée vertigineuse durant laquelle nous débranchons en rêvassant pour se terminer par le fameux : Et ta journée ? La réponse est systématiquement identique pour notre sexe : ça va. Une différence colossale nous sépare et nous attire. Un paradoxe qui démontre bien l’attrait de l’inconnu, le goût du risque.
La performance de Catherine Deschepper est d’avoir réussi à décrire par le menu l’ensemble des pensées féminines, sur des sujets variés, dans des textes de deux à six pages. Une gageure assurément, mais un essai transformé. Grâce à ces nouvelles, peut-être comprendrons-nous mieux nos épouses, peut-être que vous mesdames vous rassurerez-vous en vous sentant moins seules…

Tour à tour drôle, grave, caustique ou dramatique, ce recueil réparti en neuf chapitres, lui-même composé de nouvelles courtes est un voyage dans l’intime du sexe dit faible. Faiblesse à demie car pour vivre autant d’agitation en gardant le sourire il faut avoir des fondations solides. Dans ces nouvelles, les hommes ne sont pas nécessairement absents, ni vraiment là. Ils trouvent une place dans les idéaux, les rêves d’un prince charmant, dans la sécurité tout en sachant peser lourd. Ce recueil n’est pas un nouvel épisode de la guerre des sexes, mais plutôt le constat joyeux d’évidences pas toujours bien perçues quel que soit le sexe auquel nous appartenons. D’une écriture limpide, directe, sans fard, Catherine Deschepper ouvre l’essence des femmes sans appréhension du regard ni parti-pris.

Présentation de l’éditeur

Les hôtels des dimanches matins traînent leurs familles fatiguées, leurs couples mal éveillés et Inès joue à deviner lesquels d’entre eux ont eu, la nuit, l’occasion de se caresser. Très peu, à bien y regarder. Tout au plus les femmes sont-elles plus capricieuses, les hommes plus impatients. Et le tout se police autrement que dans les bas quartiers. En sourdine, sous des dehors civilisés, c’est le même marasme amoureux, la même absence de gaieté, les mêmes reproches désordonnés. Des familles piteuses, engoncées dans une vie trop rangée, des couples usés, qui attendent que soit terminée la représentation sociale pour rejoindre quelque émoi extra-conjugal, l’intervalle de semaines plus belles que le weekend… Ils emporteront dans leurs valises les savons et les shampoings, le gel douche, les savates, et peut-être, s’ils ont l’âme cleptomane, un peignoir ou un parapluie brodés à l’effigie de l’hôtel, qu’ils déposeront sur l’autel de leur chambre d’amis. Pour montrer il le faut bien qu’on a été à Paris, et qu’on y logeait plutôt bien.

Un peu de l’auteur

Catherine Deschepper vit à Bruxelles. Elle est docteur en langue et littérature médiévales et enseigne la didactique du français aux futurs instituteurs primaires. Entre la rédaction de manuels scolaires, d’articles scientifiques et de nouvelles, il y a évidemment solution de continuité mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

Détails sur le produit

  • Broché
  • Editeur :Quadrature (20 janvier 2015)
  • Langue :Français
  • ISBN-10:2930538511
  • ISBN-13:978-2930538518

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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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