Pardonnable, impardonnable, de Valérie Tong Cuong


Ce roman exploite une histoire inracontable car elle touche à l’intime, au plus profond des sentiments nous déterminant: mais, dans Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong réussi ce tour de force !

L’histoire est tristement commune, une faute d’inattention, un accident qui tourne mal et le monde d’avant disparaît. C’est pour beaucoup une réalité difficile à vivre, demandant énormément de patience, d’efforts et un gros travail sur soi. Ce qui fut ne sera jamais plus, la vie devra continuer avec ce qu’il reste à la victime et, le souvenir brûlant d’un bonheur sabré pour l’entourage. Lorsqu’un membre de la famille est atteint sévèrement, tout le monde est impacté. D’abord, dès l’annonce du drame, une période de révolte mêlée d’incompréhension s’empare de chacun, tous communient dans la douleur. Puis, lorsque le pronostic n’est plus engagé, survient le temps du questionnement.

C’est justement là que Valérie Tong Cuong nous dresse un tableau magistral du ressenti de chacun des protagonistes de cette aventure. Chaque chapitre montre les réflexions de l’un des membres de la famille sur l’accident, sur ce qui a conduit à cette fracture et, pourquoi ? L’auteur n’oublie pas que pousser la réflexion à l’excès recentre sur soi-même, qu’à force de chercher l’on se trouve des raisons, des excuses mais aussi des culpabilités. Seule la douleur est chose commune, cependant, elle se vit différemment selon son propre vécu. Le dialogue devient précaire car plus personne ne parle la même langue. Les différences de perception font monter la pression, marquent les distinctions, exacerbent le reproche. Plus personne ne se regarde comme jadis. Le souvenir des moments de bonheur laisse le pas à ceux qui ont marqués l’inconscient. Puisque l’on ne peut se révolter contre des faits qui désormais sont un quotidien, les reproches se tournent vers les autres : c’est bien plus confortable ainsi. Au lieu de se ressourcer autour d’un combat commun, chacun s’isole. L’amour est chose facile pour le meilleur, rarement pour le pire. La famille doit trouver les forces nécessaires afin de se restructurer ou se disloquera inexorablement…

La reconstruction est un thème phare chez Valérie Tong Cuong. Elle la décline au long de ses romans sous toutes ses formes, témoignant de son goût pour les autres. Dans ce livre passionnant, l’auteur pousse chaque personnage au bout de lui-même pour le contraindre, dans un cri salvateur, à confier ce qu’il cache aux yeux de tous. Les secrets de famille et les plus ou moins gros péchés s’invitent à table. Les confidences deviennent des aveux, l’on se déchire, mais l’on se comprend mieux. Le dialogue dans les remous reste une épreuve, tout en apportant le soulagement de n’être plus seul à savoir.

La conclusion d’une expérience de ce genre dépendra de la capacité de chacun à se pardonner à lui-même pour pouvoir, parce qu’il reste du chemin à parcourir ensemble, absoudre l’autre de n’être que ce qu’il est, lui aussi la victime son vécu.

Si l’amour peut raser des montagnes, se bafouer de tous les interdits, ce roman dont on ne sort pas sans un questionnement certain en est une très belle preuve. D’abord déstabilisé par ce livre très intime puisque chacun livre tout sans pudeur, puis happé par les réflexions sur soi et les proches, je ne peux m’empêcher de méditer sur ma propre expérience. S’il nous arrivait un drame, les miens réagiraient-ils de la même façon, se souderaient-ils, ou serait-ce le prélude à une rupture totale ? La discussion entre nous est-elle suffisante ? Doit-on et peut-on tout dire à sa famille ? Jusqu’où se borne ce que nous appelons notre jardin secret ? Tout dire peut entraîner bien du souci, le taire revenir comme un boomerang lorsqu’on ne s’y attend pas ! Le mieux est sans doute de dire les choses au bon moment, simplement lorsqu’elles surviennent afin de prévenir d’une gangrène longue à soigner ultérieurement. Sommes-nous pardonnable ou impardonnable ?
Mais ce n’est là qu’un simple avis, le mien…

4ème de couverture

Un après-midi d’été, alors qu’il se promène à vélo sur une route de campagne, Milo, douze ans, chute et se blesse grièvement.
Ses parents Céleste et Lino et sa grand-mère Jeanne se précipitent à son chevet. Très vite, chacun va chercher les raisons de l’accident. Ou plutôt le coupable. Qui était avec lui ce jour-là ? Pourquoi Milo n’était-il pas à sa table, en train de faire ses devoirs, comme prévu ?
Tandis que l’angoisse monte autour de l’état de Milo resurgissent peu à peu les rapports de force, les mensonges et les petits arrangements qui sous-tendent cette famille. L’amour que chacun porte à l’enfant ne suffira pas à endiguer la déflagration. Mais lorsque la haine aura tout emporté sur son passage, quel autre choix auront-ils pour survivre que de s’engager sur le chemin du pardon ?
Un roman choral qui explore la difficulté à trouver sa place au sein du clan, les chagrins et la culpabilité, mais aussi et surtout la force de l’amour sous toutes ses formes.

Un peu de l’auteur

Valérie Tong Cuong est née en banlieue parisienne. Après une adolescence chaotique, elle étudie la littérature et les sciences politiques. Elle travaille huit ans en entreprise puis lâche tout pour se consacrer à l’écriture (romans, nouvelles, scénarios) et à la musique.

Sa bibliographie

– Big (1997, Nil Editions, 1999 J’ai Lu), récompensé au festival du Premier roman de Chambéry
– Gabriel (Nil Editions 1999, J’ai Lu 2001)
– Où je suis (Grasset, 2001, J’ai Lu 2006)
– Ferdinand et les Iconoclastes (Grasset, 2003, J’ai Lu 2006)
– Noir dehors (Grasset, 2006, Le livre de Poche, 2006)
– Providence (Stock, 2008, J’ai Lu 2010, prix Version Femina – Virgin Megastore du Roman 2008)
– L’Ardoise magique (Stock 2010, Prix Dynamique au Fémin’Ain 2010)
– La Battle, histoire courte (Les Editions du Moteur, 2011)
– L’Atelier des miracles, (JC Lattès, 2013, Prix de l’Optimisme, Prix Nice Baie des Anges, Prix Ronsard des lycéens de Vendôme)
Valérie Tong Cuong est traduite en 18 langues.

Source photo et bio : Le site de l’auteur: http://www.valerietongcuong.com/images/portraits/bio2015_valerie.jpg

Détails sur le produit

(A paraître le 07 janvier 2015)

• Broché: 300 pages
• Editeur : JC Lattès (7 janvier 2015)
• Collection : Romans contemporains
• Langue : Français
• ISBN-10: 2709646080
• ISBN-13: 978-2709646086
• Dimensions du produit: 13 x 2,5 x 20,5 cm

• Format : Format Kindle
• Taille du fichier : 1539 KB
• Nombre de pages de l’édition imprimée : 213 pages
• Editeur : JC Lattès (7 janvier 2015)
• Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
• Langue : Français
• ASIN: B00QTHPE9U

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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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