A l’ombre des cerisiers, de Dörte Hansen

Un roman caustique, drôle et attachant, avec le non-dit comme fer de lance !

C’est un roman un peu décalé, voire déroutant au début du livre : de 1945 à nos jours pour conter la vie d’une famille, dans l’Allemagne rurale. Un peu décalé, car dépourvu d’une réelle intrigue, mais une chronique au vitriol du fil des jours de ses personnages dans une Allemagne peu connue, loin des grandes localités. C’est le monde rural qui défend ses valeurs, sa singularité de paysan. On y voit la rigueur germanique et le souci du détail quant au paraître, auquel s’ajoutent un conservatisme linguistique* et la défense de ses traditions.

* Le Platt ou bas allemand (en allemand : Niederdeutsch ou Plattdeutsch) est un groupe de dialectes germaniques. Il se distingue du groupe haut allemand)

Le roman de Dörte Hansen fait la part belle à la psychologie des personnages. On y trouve des réfugiés de Pologne désirant s’intégrer sans être vraiment acceptés dans une Allemagne ruinée, car venus d’ailleurs et ayant d’autres soucis que de regarder vers autrui. Mais également une belle étude de mœurs sur la grande solitude. En effet, l’on peut être seul dans une maison pleine ! L’auteur se fait alors un plaisir de décortiquer les sentiments de chacun autours d’une chaumière abritant les locaux et les étrangers. Chacun cherchant sa place, la défendant sans pour autant sortir de ses gonds. L’affrontement se fait en sourdine avec pour arbitre un ancien combattant de la guerre, perdu dans les cauchemars hantant ses souvenirs, il n’a d’autre occupation que de rester assis sur son banc. Les femmes ont éclipsé les hommes de ce petit monde en vase clos, les laissant seulement dans le rôle de géniteur. Pour ces femmes, le mâle est un axe autour duquel on tourne, mais pas une épaule sur laquelle s’appuyer ! Dans un pays où elles sont peu aidées lorsqu’elles enfantent, conjuguer un emploi avec une progéniture devient un grand écart permanent. Une exception favorisant l’envie de se distinguer jusqu’à devenir des originales aussi redoutées qu’appréciées… Un autre type de caractère est dépeint dans ce livre, celui de ceux qui sont là et le défendent jalousement sans vraiment savoir pourquoi ils sont ce qu’ils sont, toujours en marge des autres : les normaux !

Dörte Hansen se moque un peu des citadins qui viennent à la campagne, ces bobos se déguisant pour faire plus peuple, rêvant d’un retour aux sources écologique et salvateur. Ce roman est plein d’humour, de tendresse, de poil à gratter qui égratigne le bien propre teuton et le lecteur tout en se laissant lire avec un plaisir presque jubilatoire. Le politiquement incorrecte est à l’honneur en permanence et, il n’est pas surprenant que ce livre se soit aussi bien vendu du côté allemand. On aime ne pas se différencier tout en admirant creux qui osent, et l’auteur n’y va pas par quatre chemins dans sa fresque de la vie de ses concitoyens.

Présentation de l’éditeur

C’est au printemps 1945 que la petite Vera voit pour la première fois la vieille ferme perdue au cœur d’un immense verger. Sa mère et elle viennent de traverser à pied une Allemagne en ruines.
Soixante-dix ans plus tard, Vera, qui occupe toujours la maison, voit débarquer à son tour sa nièce, Anne, en pleine rupture amoureuse, et son jeune fils Leon.
Les deux femmes, fortes têtes et solitaires, vont affronter ensemble une histoire familiale traversée de secrets et de non-dits. Sauront-elles redonner vie à ces murs hantés par les chimères du passé ? Pour cela, il faudra d’abord apprivoiser les habitants du village qui ne manquent ni de caractère ni d’originalité… Avec beaucoup de tendresse et un humour mordant, ce premier roman brosse le portrait de deux femmes indépendantes qui vont trouver ce qu’elles ignoraient chercher : une famille.

Un peu de l’auteur

*Née en 1964 à Husum, petite ville côtière au Nord de l’Allemagne, Dörte Hansen a fait des études de langues et de linguistique avant de se tourner vers le journalisme. Elle vit près de Hambourg. A l’ombre des cerisiers, énorme best-seller en Allemagne avec plus de 400 000 exemplaires vendus, est son premier roman.

Source photo : Kultumea

 

 

 

 

Détails sur le produit

• Broché: 304 pages
• Editeur : Kero (4 mai 2016)
• Collection : KER.LITTERAT.ET
• Langue : Français
• ISBN-10: 236658198X
• ISBN-13: 978-2366581980
• Dimensions du produit: 14,5 x 2,4 x 22,5



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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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