Que dieu me pardonne, de Philippe Hauret

Un roman ensorcelant, une logique destructrice implacable qui ravirait les psychiatres !

Philippe Hauret nous livre là un polar hors normes. En effet, s’il n’y avait les meurtres, cela aurait fait un bon roman contemporain. Avec l’auteur, nous plongeons dans la confrontation des mondes entre la vie des cités et la grosse bourgeoisie. Le choc des cultures, qui pourrait bien conduire vers une explosion, devient une alchimie salvatrice. Kader qui jusqu’ici vivait en marge de la vie, frôlant la délinquance, est contraint de travailler pour Ryan, un riche bourgeois de la ville, un fortuné qui n’a pas besoin d’un emploi pour et qui vivre traîne son ennui de jours en jours. Tous deux ne savent que faire d’une vie qui ne les attend pas. Pourtant, ensemble, ils trouvent presque un semblant d’équilibre : Kader devient fier de travailler, Ryan se sent occupé. Puis vient le drame, survenu par conséquence, imprévisible, mais somme toute rationnelle. Le moment d’égarement qui fait basculer une vie bien propre devient une forme de folie, le recul n’est plus possible, le prix à payer devient trop lourd et, seule une fuite en avant peu temporiser la chute inexorable.

Ce sont des personnages de tous les jours, vous, nous ou votre voisin, tous très normaux avec des rêves et le lot de déceptions qui constitue la vie normale. Cependant, chez tout humain il y a l’égo qui pousse à chercher mieux, quitte à faire quelques sacrifices sur ses idéaux. Mieux vaut vivre bien une vie sur papier glacé qu’un amour véritable dans le besoin ! C’est ce que pense Mélissa en rencontrant Ryan, avec qui la vie semble un rêve de tous les jours. C’est sûrement aussi ce que pensait la femme de Ryan en l’épousant. Veuf depuis peu, Ryan imagine une vie nouvelle, loin de la vacuité des jours dont il est coutumier. C’est, là encore, sans compter sur le facteur humain, notamment la curiosité féminine qui peut enrayer les meilleures mécaniques d’un battement de cil.

Un roman vraiment prenant, qu’on ne lâche pas. Un roman très actuel sur la fracture des univers entre les quartiers et le monde civil. Une belle chronique de ce que peut fabriquer l’oisiveté d’avoir trop, ou trop peu… Avec Philippe Hauret, on s’identifie facilement à chacun des protagonistes du livre, on adhère presque à la cohérence destructrice qui s’en suit tant la logique semble la seule issue envisageable, puisque la police a déjà son coupable sous les verrous !

Présentation de l’éditeur

Ici, une banlieue tranquille, un quartier résidentiel et ses somptueuses maisons dans lesquelles le gratin de la ville coule des jours paisibles… A quelques encablures, une petite cité, grise et crasseuse. Avec sa cohorte de jeunes désoeuvrés qui végètent du matin au soir. Deux univers qui se frôlent sans jamais se toucher. D’un côté, il y a Kader, le roi de la glande et des petits trafics, Mélissa, la belle plante qui rêve d’une vie meilleure… De l’autre, Rayan, le bourgeois fortuné mais un peu détraqué… Et au milieu, Mattis, le flic ténébreux, toujours en quête de rédemption. Une cohorte d’âmes perdues qui n’auraient jamais dû se croiser… Des destins qui s’emmêlent, des illusions perdues, des espoirs envolés… Et puis, cette petite mécanique qui se met en place comme une marche funèbre… implacable !

Un peu de l’auteur

Source photo & bio: Editions JIGAL

Né en 1963 à Chamalières, Philippe Hauret passe son enfance sur la Côte d’Azur, entre Nice et Saint-Tropez. Après le divorce de ses parents et d’incessants déménagements, il échoue en banlieue sud parisienne. Sa scolarité est chaotique, seuls le français et la littérature le passionnent. En autodidacte convaincu, il quitte l’école et vit de petits boulots, traîne la nuit dans les bars, et soigne ses lendemains de cuite en écrivant de la poésie et des bouts de romans. Il voyage ensuite en Europe, avant de trouver sa voie en entrant à l’université. Après avoir longtemps occupé la place de factotum, il est maintenant bibliothécaire. Quand il n’écrit pas, Philippe Hauret se replonge dans ses auteurs favoris, Fante, Carver, Bukowski, joue de la guitare, regarde des films ou des séries, noirs, de préférence.

Détails sur le produit

• Broché: 208 pages
• Editeur : Jigal Editions (18 mai 2017)
• Collection : Polar
• Langue : Français
• ISBN-10: 2377220088
• ISBN-13: 978-2377220083
• Dimensions du produit: 21 x 1,7 x 14 cm





 

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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