Le palanquin des larmes, de Ching-Lie Chow

 Chow est une jeune fille chinoise de bonne famille qui vit en chine au moment ou l’Empire du milieu vacille sur ses bases. Elle nous raconte par le menu sa vie : entre pratiques ancestrales et bouleversements révolutionnaires. Elle parle de sa vie et de ses luttes pour maintenir au mieux son niveau de vie, les compromissions que sa famille devra faire pour une cause à laquelle, malgré elle, elle adhérera malgré tout. Finalement, c’est en faisant amende honorable qu’elle réussira à rejoindre ses visées, son rêve de musicienne. Chow montre à quel point le dialogue peut infléchir les affaires personnelles en chine, que les chinois n’ont pas totalement oubliés le sens de l’autre, s’il ne nuit pas à la cause commune et que les formes y soit.

Quelle vie et quelle richesse que ce livre!

C’est à la fois le journal fidèle d’une vie qui n’a rien d’ordinaire et qui est bien dramatique, et l’Histoire de la Chine racontée par une toute jeune femme qui y a participé et en a souffert: ça commence sous l’empire chinois et ça continue avec la guerre sino-japonaise, la guerre civile, la libération, les cent fleurs, le grand bond en avant, la révolution culturelle…

Avec ce livre, on passe facilement de la tradition ancestrale au « presque modernisme » et à « l’hyper-économie », c’est la révolution culturelle… A la lecture de cette histoire, on comprend très bien qu’il fallait qu’elle soit si ferme, la révolution, et débouche sur une civilisation fermée ; le retard était si grand à rattraper, la marche à franchir si haute ! Néanmoins, tout système serré a ses accommodements, ses passe-droits, ses entorses pour que la vie puisse se faire. On ne traverse pas les âges sans peine, surtout en un demi-siècle. Le chemin entre le moyen-âge et l’ère moderne de la consommation avait ses impératifs. Certes il reste bien des travers à ce régime, mais ses acquis sont innombrables. Pour nous, européens, il nous aura fallu deux cents ans pour parvenir au stade où nous sommes… D’autre part, nous oublions trop souvent de regarder l’histoire des peuples que nous critiquons, notre mémoire collective se limite à nos acquis, notre sensibilité aussi. Cinquante ans après notre révolution, nous n’étions pas plus libéraux que les chinois, notre démocratie a demandé des années pour s’installer. Avons-nous vraiment été meilleurs ? Cela ne permet pas de justifier n’importe quoi et, il reste bien des abus qui nous choquent, mais ça donne la possibilité de comprendre mieux le raisonnement de ce grand pays. Alors que les J.O. de Pékin se terminent, ce livre qui n’est pas très récent prend une valeur de témoignage nouveau. J’ai eu plaisir à le relire…





Une réponse à Le palanquin des larmes, de Ching-Lie Chow

  1. nicole dit :

    J’ai adoré ce livre. C’est une très bonne idée d’en parler.

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