Le petit Malik de Mabrouck Rachedi

Un grand moment que ce livre que l’on dévore, d’une traite, goulument. Un livre où l’on passe du sourire au rire franc, aussi rapidement que l’on s’émeut pour les injustices et, une certaine tristesse destructrice chez ces petits bonshommes qui poussent dans un monde particulier. Un univers ayant des repères qui leurs sont propres, un peu en marge de ceux des « pavillonnaires », des « bourges ». La performance de Mabrouck Rachedi est d’avoir su rester sur un ton presque tendre, pour hurler le désespoir de n’être même pas vus, souvent, et marginalisé, toujours.

Il nous dépeint avec des images fortes les sentiments, la fierté et les envies de nos quartiers de banlieue ; où les gouvernements se succédant relèguent encore et encore en des lieux même plus entretenus.

Il retrace avec humour les petits mensonges de chacun, afin de montrer qu’il y a une vie, ailleurs… La force de l’amitié emmenée au paroxysme de la complicité, permet à chacun d’être fort, ensemble.

Un tableau dont seul l’espoir et le devenir semble exclu. L’on peut avoir des joies et des peines, des envies et des plaisirs ; mais à quoi bon rêver, la cité est sa propre galaxie, son seul horizon possible.

 

Ce livre m’a vraiment touché, tout « pavillonnaire » que je sois. Je me suis même posé une question ; à savoir si je riais comme les rombières « bourges », pour cacher un malaise devant l’embarras de celui qui a eu, alors que d’autre n’avaient pas cette chance ?
Je ne le pense pas, vraiment.
Plus de là-bas, mais pas encore d’ici, chacun peine à se retrouver une identité, des racines dans un sol qui souvent refuse la greffe.
La cité est un monde dont même « le très haut » semble parfois s’être lavé les mains…
A moins qu’IL soit représenté par les associations champignon qui trustent les fonds alloués aux cités en présence de toute la presse et du député accompagné de sa suite…

 

Le petit Malik, Mabrouck Rachedi

 

Editions JC Lattès 220 pages 15 €, Illustrations de El Diablo

  

Mabrouck Rachedi a travaillé dans la finance et vit en banlieue parisienne. Le petit Malik, c’est l’histoire d’un gamin de

la cité Garibaldi. Malik

vit seul avec sa mère qu’il adore. Ses deux meilleurs amis sont Salomon et Abdou. Salomon choisira de s’en sortir, Abdou préférera rester dans sa cave. L’insouciance de l’enfance va faire place aux expériences de l’adolescence. Et dans cette banlieue, Malik va devenir grand.

Le petit Malik est un roman doux amer. Mabrouck Rachedi a su trouver les mots pour raconter le passage de l’enfance à la vie adulte quand un gamin manque de repères sans se départir d’un humour grinçant.

Source : Impudique.net 

 

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l’édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches.

Je travaille habituellement avec les services presse des éditions :
In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d’Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc.

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