La prière du Maure, d’Adlène Meddi

 

 

 

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Quand on tue, on le fait sans faillir, chez nous, dans le sud ..!

 

La littérature africaine, c’est d’abord un ton particulier, une façon de voir différente, des tableaux hauts en couleurs. Je dis africaine, car du nord au sud, les auteurs y cultivent un art particulier, consistant à peindre des images fortes, avec des mots et des expression fleuries ; un jeu risqué qui me ravit s’il est réussi…

 

Adlène Meddi utilise parfaitement cette forme d’écriture dont chaque phrase peut être un cri, chaque sentiment un brasier. Avec un rythme fou, il nous conte l’envers de la carte postale de son pays ; avec sa violence, mais aussi sa douceur ; car l’Algérie est une souffrance depuis toujours, son histoire en témoigne. C’est une douleur qui se cherche, parfois qui s’insupporte, mais qui telle une almée sait se faire charmeuse et envoûtante. Sous le soleil d’Alger, le crime n’est pas plus doux qu’ailleurs, mais cache ses traits sous de multiples déguisements.

 

Ce roman est l’œuvre d’un journaliste, qui pour une fois, écrit son livre comme un roman et non comme une rubrique. Un auteur à suivre, puisqu’il en écrit un autre pour bientôt…

 

 

4 ème de couverture (source Jigal : http://polar.jigal.com/?page=liens&p=79

« Le cortège des berlines blindées serpentait dans la nuit et le brouillard. À travers les roseaux muets, suintaient les lumières des phares. Faisceaux jaunes mordant l’obscure vapeur des enfers… Et Dieu lui-même semblait avoir déserté… » Alger, les années 2000. Un jeune homme disparaît. Pour régler une dette, Djo, commissaire à la retraite – entêté, solitaire et amoureux – reprend du service et réactive ses réseaux. L’enquête devient une inquiétante course contre la mort, les fantômes d’une époque que tous croyaient révolue ressurgissent. Les capitales étrangères paniquent, les systèmes de sécurité s’effondrent. Dans une Algérie où la frontière entre la raison et la folie s’estompe jusqu’au vertige, Alger sombre dans le chaos.

 

 

Portrait de l’auteur

 

 

Adlène Meddi est jeune, journaliste et algérien. « Il est le fils des trois dernières décennies d’une Algérie qui se cherche et se cogne. Il écrit des romans incisifs dans une Algérie de terreur et de sang. Il capte l’humanité là où personne ne la soupçonne et la vérité là où personne ne va. » On est à Alger dans les années 2000. Il est question des services spéciaux et de règlements de comptes… S’y mêlent les différentes factions du régime, les services, les groupes armés, les terroristes et les victimes de tout bord. Entre conjurations, mensonges et luttes de pouvoir. Et puis il y a Alger, Alger la blanche, paraît-il… Alger défigurée, belle et sombre à la fois, proche de la folie aussi… Une ville hantée par ses enfants sacrifiés, ses morts, ses désespérés, ses trafiquants, ses paumés… ses bains de sang… Et de tout cela, Djo, vieux policier à la retraite, est le symbole, usé, désabusé, solitaire et entêté… Il enquête sur une disparition, mais très vite les pistes se brouillent et ses impossibles investigations deviennent une inquiétante course contre la mort où les fantômes d’une époque révolue ressurgissent sans cesse. En alternant sécheresse de style, dialogues percutants et échappées poétiques Adlène Meddi met en scène des personnages pris au piège d’une ville glauque et fantasmagorique, sur fond de terrorisme, de complot politique, d’illusions perdues et d’amour impossible. Une écriture à vif, très à vif… Un roman d’une grande intensité !

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des maisons d'éditions Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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