Et un jour, tout recommencer… de Marie-Laure Bigand

Quel programme ! Qui n’en a jamais rêvé ? Oui, mais partir pour quoi faire, et où ?

Ce livre traite d’un sujet auquel chacun a pensé au moins une fois dans sa vie, ce n’est pas anodin. Confortablement installé dans son couple, l’habitude tue l’envie, restreint l’horizon, absout la surprise mieux que les plus belles résolutions. Puis, un jour différent des autres, on se réveille sans bien savoir pourquoi l’on dort toujours dans ce lit au côté d’une autre personne… Là, commence le début de la fuite, le sursaut vital sans lequel l’individu se perd à lui-même : le départ sonne l’heure de la renaissance intrinsèque, la découverte d’une nature vraie qui se cachait dans un apparat tranquille. Partir, c’est oser redécouvrir les autres, ouvrir les yeux sur le monde et sa richesse, sans pour autant renier un passé encore présent.

Partir, c’est aussi mieux comprendre son entourage, regarder d’un œil nouveau sa famille et son chemin de vie.

Un bon roman qui va au fond de l’aventure du couple en regard des aspirations de l’individualité, car finalement, se connait-on vraiment s’il n’y a pas eu confrontation avec la fracture de ce qui nous a fait ?

On ne refait jamais sa vie vraiment : on la continue !

4ème de couverture (source Laura Mare éditions)

C’est parce que Valérie n’arrive plus à avancer qu’un matin d’avril, alors que la région parisienne en est à son début de printemps, elle quitte son appartement sur la pointe des pieds, pour ne pas réveiller les siens encore endormis. Elle part sans laisser d’adresse, en ayant pris toutes les précautions pour qu’on ne puisse pas la retrouver. Valérie a juste conscience qu’elle a perdu l’essentiel de ce qu’elle était, que tous ses repères se sont effondrés, et que pour ne pas s’égarer davantage, elle doit se reconstruire. Pour le reste, elle refuse d’y penser et de se retourner sur ce passé qu’elle abandonne.

Durant les premiers jours de sa fuite, elle progresse, telle une ombre, avec le sentiment d’évoluer à tâtons. Commence alors une quête, un parcours initiatique, toujours entre deux gares, une errance où les rencontres serviront de révélateur à ce qu’elle a enfoui au fond d’elle, sans en avoir perçu la véritable raison : son manque d’envie de vivre…

Avec ce quatrième roman, Marie-Laure Bigand aborde des thèmes qui lui sont chers, comme les destins croisés, la recherche du bonheur et la propension de chacun à exister au travers des épreuves. Son style impeccable, léger et maîtrisé, s’efface naturellement en arrière plan, pour laisser place à l’intrigue et au suspens. Un road-movie passionnant !

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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l’édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches.

Je travaille habituellement avec les services presse des éditions :
In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d’Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc.

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Une réponse à Et un jour, tout recommencer… de Marie-Laure Bigand

  1. jean-philippe dit :

    Une chronique qui donne envie de découvrir ce roman qui m’a l’air riche d’enseignements afin de poursuivre son existence sans oublier l’essentiel : Savoir s’écouter et bouffer la vie comme un fruit délicieux . merci Jérome !
    @Oui, un livre où chacun se reconnait… Surtout, quand soi-même, on a franchi ce pas !

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