La Malamour, de Claude Mossé

Il est des romans historiques plein de surprises, surtout lorsque d’un rien l’auteur accouche d’une vérité ignorée !

Nous sommes durant la révolution française, Mirabeau tient le haut de la tribune : orateur hors pair, il capte l’attention de tous. Un tribun qui conquiert également les cœurs, malgré un facies peu avantageux, voire même abominable ; mais la qualité de son discours fait choir les murailles les plus solides que peuvent se bâtir les femmes. Marié, mais rapidement séparé de son épouse, il aura une fille naturelle, Gabrielle Sophie née autour de jan¬¬vier 1778 et qui mourut en mai 1780, paraît-il ! Confiée à un couvent comme il se devait à l’époque des enfants adultérins, elle n’aurait pas vécu. D’elle on ne sait presque rien et c’est tout juste si l’histoire la mentionne, le romancier avait donc toute latitude pour broder une histoire la mettant en avant pour jouer le rôle important des femmes durant la période révolutionnaire (cette implication féminine est avérée en Provence).

Le roman de Claude Mossé donne le beau rôle à cette enfant illégitime dont on sait peu de choses : il en fait l’héroïne de son histoire. D’autre part, ce qui deviendra le département du Vaucluse, fut une possession de la papauté de Rome (papes d’Avignon). Les juifs y avaient le droit de vivre, certes dans un quartier réservé, mais mieux lotis que dans le royaume de France. Un territoire très catholique, forcément car le pape y veillait. Les idéaux révolutionnaires anticléricaux n’y étaient pas appréciés comme un vent de liberté. Gabrielle Sophie, nommée Héloïse dans le roman, lutte afin d’éviter un carnage ente les différentes factions. Elle convaincra des gens importants, tel le légat de la papauté, et les responsables du nouveau département de la nécessité de tout tenter pour échapper au bain de sang de la terreur.

En un temps où la révolution voulait donner les mêmes droits à tous ces citoyens, le comtat Venaissin faisait figure de verrue dans le royaume déclinant. La loi prônant des droits identiques pour tous devait s’appliquer sur le territoire entier, fusse par la force. Un joli minois et une bonne éducation donnaient une force de conviction dans un temps où peu de gens étaient cultivés, mais s’était aussi un grand risque de se faire confondre avec une noblesse détestée que le peuple, soutenu par Robespierre, voulait à tout prix guillotiner. Héloïse, armée de son courage et d’un culot peu commun, risquera sa vie pour un idéal auquel elle croit fermement.

Un roman captivant faisant la lumière sur un aspect méconnu de la révolution française, dans le sud du pays. Claude Mossé réussit là un joli tour de force en mêlant roman d’aventure et histoire de France, pour le plaisir du lecteur. Un roman presque féministe, sur une époque où la femme n’avait aucun droit, sinon d’être une bonne épouse sous la coupe de son mari, sans quoi la seule issue était la claustration dans un couvent ! Un roman pour tous public, à recommander sans modération.

A paraître le 02 février 2017 dans toutes les librairies.

Présentation de l’éditeur

Belle orpheline de dix-sept ans, Eloïse, que l’on surnomme  » Malamour « , a grandi recluse dans un couvent d’Avignon. En cette fin du XVIIIe siècle, la révolution est en marche, bientôt nobles et miséreux seront égaux devant la loi. A l’exception des habitants du Comtat Venaissin, propriété de l’Eglise entre mont Ventoux et vallée du Rhône, où sévissent pillages, famines et massacres. Révoltée par tant d’injustices, Eloïse part en croisade afin de prêcher pour un Comtat rattaché à la république naissante. De sa Provence natale jusqu’à Paris, partout sa détermination impressionne et son charme, puissant, opère auprès d’hommes influents. Alors que délation et trahison sont monnaie courante, Eloïse, risquant sa vie à tout instant, découvrira-t-elle le secret de son incroyable filiation ?

Un peu de l’auteur

Homme de radio, écrivain, journaliste, Claude Mossé, après les éditions Robert Laffont, Stock et Plon, a rejoint les Presses de la Cité avec ses romans, Les Brûlés du Luberon (2013) et Le Temps des silences (2014). Il est également l’auteur des Borgia (HC editions).

Source: Presse de la Cité 

 

Détails sur le produit

• Broché: 352 pages
• Editeur : Presses de la Cité (2 février 2017)
• Collection : TERRES FRANCE
• Langue : Français
• ISBN-10: 2258135621
• ISBN-13: 978-2258135628
• Dimensions du produit: 14 x 2,8 x 22,5 cm





 

À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des maisons d'éditions Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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