Mer agitée, de Christine Desrousseaux

A chercher la vérité, on s’expose au pire de ce qu’on voulait éviter !

En général, les romans se classent en fonction de leur contenu, par genre. Mer agitée de Christine Desrousseaux échappe à cette règle, non qu’il soit inclassable, mais il entre dans deux catégories. Au commencement c’est un roman contemporain, puis il opte pour le genre thriller presque inquiétant, dérangeant par son côté intimiste, si proche du lecteur que cela pourrait le concerner. Les faits, horribles, ressemblent aux faits divers de la presse. On s’indigne, mais c’est loin tout ça… Lorsque l’action se situe sur un espace quasi fermé, où les gens vivent ensemble comme dans un village ou à fortiori une presqu’ile, la rumeur enfle au point de devenir coup de tonnerre ; un membre de la famille élargie au village est coupable d’un crime dont tous peuvent être les auteurs. Le doute en ajoute à la peur, la vie devient vite un enfer.

L’atmosphère d’un village de bord de mer vivant en autarcie hors des périodes estivales est parfaitement restituée par Christine Desrousseaux. La proximité de tous est telle que le moindre geste est vu. Chacun sait la vie de l’autre, du moins, celle qu’on laisse paraître aux regards des autres : une vie rangée dont on est fier. Puis, il reste les zones d’ombre… Ne saute pas aux yeux de tous la vie de ceux qui sont partis, ni des reliefs d’épisodes ayant précédés l’installation dans la communauté. Des fragments de vie qui refont surface si l’on creuse un peu plus que d’habitude et, lorsqu’un drame survient, il est facile de chercher un coupable en marge du village.

C’est justement ce qui arrive au personnage principal, lui qui ne cherche que le calme, se mêlant peu aux autres. Certes, il les connait tous, mais cultive son indépendance d’ours mal léché. Un équilibre qui deviendra délicat lorsque son petit-fils arrivera chez lui, avec ses cauchemars dus au syndrome post traumatique du soldat revenant de mission en Afghanistan. Le grand-père veut croire à l’innocence, mais les faits sont là, accablants !

A la façon des thrillers américains, le suspense dure tout au long du livre, rebondissant chaque fois que l’atmosphère semble se calmer un peu. Plus le grand-père cherche à comprendre, mieux il entrevoit les dessous d’une histoire bien plus compliquée qu’il n’y paraissait : une seconde affaire, plus ancienne, refait surface. Les dernières lignes donneront les clefs surprenantes de ces événements dérangeants.

Un roman captivant, bien ficelé et se lisant bien. Catherine Desrouseaux, partant d’un fait divers, tisse un thriller très psycho qui prend aux tripes le lecteur.

A paraître le 15 mars 2017 dans toutes les librairies.

Présentation de l’éditeur

Sur une plage désertée par les estivants, Jean se plonge dans l’eau glacée. Quel que soit le temps, il part nager, pour oublier son corps trop vieux, oublier son petit-fils Léo, enfermé dans sa chambre et replié sur lui-même depuis son retour d’Afghanistan. Léo qui crie la nuit, Léo qui lui fait peur. À quel moment s’est envolé l’enfant rieur dont il était si proche ? Le jour où sa mère a disparu sans laisser de traces ? Ou lors de l’une de ses missions ?
Un soir, Léo, ivre, agresse une jeune fille. Il s’en tire à condition de présenter ses excuses. Mais quand une adolescente disparaît quelques jours plus tard, Jean va devoir affronter les gens du village qui voient en Léo un suspect idéal et deviennent de plus en plus hostiles. Il commence lui-même à douter : et si ce petit-fils tant aimé avait commis l’irréparable ?

Un peu de l’auteur

Christine Desrousseaux vit à Lille. Parallèlement à son métier de conceptrice-rédactrice en publicité, elle a écrit plusieurs romans policiers.

Source: Editions KERO :

Détails sur le produit

• Prix : 18.90€
• Broché: 232 pages
• Editeur : Editions KERO (15 mars 2017)
• Langue : Français
• ISBN : 9782366582970
• Format : 140*225






À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
Ce contenu a été publié dans Achat livre, Critiques littéraires, Livres, Romans contemporains, Thriller, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.