Deux balles, de Gérard Lecas

Deux balles, mais pas celles que l’on pourrait croire dans un polar ! En effet, il s’agit d’une pièce de deux euros lancée afin de déterminer qui sortira le premier du blindé pour lancer l’assaut… Soldats en Afghanistan Vincent Castillo et son frère d’arme Willy sortent du blindé en commencent à prendre position. Willy est salement touché par des tirs. De retour en France, Vincent revient chez lui, enfin chez son père. Celui qu’il n’a jamais pu nommer autrement que Gérard tant il sentait une distance entre eux. Ce dernier gère un hôtel hébergeant des migrants, un hôtel pouilleux, aussi délabré que son gestionnaire. Là, il retrouve aussi ses deux frères. L’aîné a monté une affaire de restauration, le cadet bosse avec lui. Ils lui demandent de venir travailler avec eux. Vincent qui voulait acheter un food-truck avec Willy, occupe son temps entre visites à l’hôpital où son ami est soigné et le restaurant. Il découvre vite que les affaires du frangin cachent la face la plus sombre que l’homme puisse imaginer et, que Willy est désormais totalement paraplégique. Un père looser et un frère trafiquant les pires magouilles est un piètre palmarès. Sortir du cloaque familial tout en réfléchissant à une solution avec Willy devient un équilibre très difficile. Vincent refuse l’impasse que représente désormais le handicap de Willy. L’avenir lui paraît très incertain, Il doit rebondir, mais dans quelle direction ? Finalement, la vie civile n’est-elle pas aussi violente que la guerre ? Vincent a le sentiment désagréable de perdre pied, de ne pas trouver de repère dans une vie qui ne l’attendait pas…

Un polar qui nous plonge dans le pire qui se peut concevoir. Il met aussi en lumière les difficultés des soldats revenant du front pour réintégrer une vie civile. Lorsque le retour est fait de solitude dans un monde que l’on ne reconnait pas, trouver ses marques devient une quadrature du cercle ! Le soldat est dressé à obéir, respecter le droit, vivre en société entouré de ses frères d’armes. Se retrouver seul, dans un univers de combines, de violence sordide dénuée de toute fraternité ne facilite pas son reclassement. Seul la présence de son camarade de combat le maintien dans l’espoir d’un lendemain. Si la mort si souvent côtoyée jusqu’ici sur le lieu des combats est aussi présente chez les civils, que vaut de vivre ? La mort n’est-elle pas une forme de délivrance ?

Un livre qui marque, un livre presque de témoignage parce qu’il semble vrai, si vrai ! Que ce soit les trafics abominables du frère aîné qui profite de la misère des plus démunis, où le retour des soldats, on est dans le concert. Un auteur que je ne connaissais pas, mais qui prend son lecteur et ne le lâche pas. Un roman bien noir, dont l’issue n’est pas très lumineuse… Deux balles ne seront pas de trop pour définir quel sera le destin de Vincent.

Présentation de l’éditeur

Juin 2013, alors que l’armée française engagée en Afghanistan se retire, le caporal-chef Vincent Castillo rejoint à Marseille Willy, son frère d’armes grièvement blessé au combat. Pour leur retour à la vie civile, ils avaient rêvé un projet : acheter un food-truck et sillonner la côte pendant l’été. Mais pour l’heure Willy est en chaise roulante et Vincent sous neuroleptiques. Faute de mieux, Vincent retourne chez son père, dans cet hôtel minable recyclé en foyer d’accueil pour migrants. Il retrouve là ses deux frères, Denis et Jordan, qu’il n’a pas vus depuis longtemps et qui ont tous les deux bien changé… Il y découvre Hamid, son ami interprète afghan, exilé pour échapper aux Talibans, et rencontre Leila, la jolie Afghane, et son fils Ashmat qui attendent il ne sait quoi… Après tout ce qu’il a vécu, Vincent est à la recherche d’une nouvelle vie. Mais le problème, c’est qu’ici, les frères, les vrais, ça ne court pas les rues…

Un peu de l’auteur

Gérard Lecas est né le 12 janvier 1951 à Paris. Il est écrivain de romans policiers, traducteur et scénariste. Après des études scientifiques et mathématiques supérieures à Saint-Nazaire et Nantes, il se réoriente pour travailler dans le milieu de sa passion et reprend ses études à l’Ecole Nationale de Cinéma Louis Lumière et en sort diplômé. Il devient ingénieur du son et travaille pour le cinéma, la musique et la télévision. Il écrit son premier roman en 1981. En marge de l’écriture, Gérard Lecas a traduit plus de vingt romans de l’italien au français (Cesare Battisti, Andrea G. Pinketts, Giorgio Scerbanenco…).

Source photo wikipedia

Détails sur le produit

• Broché : 216 pages
• Editeur : Jigal Editions (15 février 2020)
• Collection : Polar
• Langue : Français
• ISBN-10 : 2377220894
• ISBN-13 : 978-2377220892
• Dimensions du produit : 19,5 x 1,8 x 12,5 cm





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A propos Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des maisons d'éditions Me contacter par Mail sur contact Presse pour les livres en services de presse.
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