Ours, de Philippe Morvan

Peut-on choisir entre la rédemption et le meurtre ?

Difficile choix pour Gabriel Morange en cette fin de XIXème. Fils de paysan, ayant fait le petit séminaire, Gabriel décide de ne pas faire le grand saut vers la prêtrise. Il choisit de partir faire la guerre, non dans l’idée de tuer, mais afin de voir du pays. En effet, les mouvements entre nations donnent autant d’occasions de voyager aux belligérants que la colonisation galopante des états européens. Cinq ans de conflits armés, de l’Algérie au Vietnam, suffisent à l’écœurement de Gaby. Sa vision de l’homme chancèle, les horreurs dont il fut témoin le révolte. Rentré au pays, il reprend ses études et devient missionnaire. Le clergé l’envoie évangéliser les indiens d’Amérique. Là, il découvre que l’homme ne change pas vraiment selon les continents. Seuls les chrétiens, blancs de préférence, ont une âme. Le reste des populations ne sont que des sauvages qu’il faut domestiquer à la trique, des animaux dont on peut disposer à l’envi. S’opposant à sa hiérarchie, il se défroque pour suivre ceux qu’il a appris à aimer. Des hommes comme tout un chacun, dont il fera siennes leurs valeurs. Sa vision d’un Dieu universel juste et bon s’érode, il doute… L’oppression est si forte envers les tribus indiennes, que Gaby se perdra de nouveau pour défendre les droits indiens en reprenant les armes. Il s’était fait curé pour expier, pour racheter l’homme en général, mais il comprend sa quête impossible par la seule force des idées.

 



 

Philippe Morvan signe là un roman d’aventure, mais aussi un roman historique. Pour l’aventure le lecteur est servi ! Sur quatre continents, Gaby accompagne les guerres de la colonisation avec leurs lots d’exactions. C’est ignoble, surtout vu de notre XXIème siècle bien-pensant, avec ses guerres propres comme celle en Irak contre Saddam Hussein et, qui n’ont de propre que l’adjectif ! Roman historique, car il place son histoire dans le bon contexte : celui d’une époque où l’Europe se voulait un phare guidant les peuples indigènes vers la lumière de la christianisation quel qu’en soit le prix. Une époque où l’abolition de l’esclavage était toute récente, dont l’idée du sauvage n’avait pas encore changé car Jésus lui-même est blond aux yeux bleu. En Amérique, l’abolition était encore une idée saugrenue, les colons devaient pouvoir s’installer là où ils le voulaient, indiens ou pas. Quant à ouvrir un débat pour trouver un terrain d’entente avec les natifs, respecter la coutume et leur mode de vie, cela semblait un non-sens total. L’homme blanc, tel un Dieu, se doit de sauver ou détruire et, l’armée y veille fermement.

 



 

Que ce soit au nom de Dieu, ou pour prendre la place, la guerre est toujours légitime pour l’envahisseur. Mais avant le XXème siècle, l’idée de la mort était bien différente de celle que nous en avons aujourd’hui. Donner la mort avait moins d’impact que de nos jours, surtout envers les non-blancs. La mort frappait tout le monde, quel que soit l’âge ou la condition sociale, la médecine balbutiait, les moyens d’enquête étaient limités, tout comme l’était la volonté de savoir… Les soldats conquérants usaient de tous les droits sur les peuples assujettis. On arrive, on s’installe, on fait le ménage en détournant le regard. De toute façon, le pire de ce que peut imaginer l’être humain ne fera que soumettre mieux par la peur, dieu pourvoira au reste ! Un dieu nouveau arrive en expliquant que souffrir rend divin : où donc est le souci ? Le colonisé devrait remercier plutôt que de se plaindre…

 

 



 

Un peu de l’auteur

PHILIPPE MORVAN est né en 1962 à Clermont-Ferrand. Auteur pour la célèbre Bibliothèque verte dans ses jeunes années, il renoue depuis 2012 avec sa passion, l’écriture, et publie notamment plusieurs romans noirs sous pseudonyme.
Ours lui a été inspiré par l’histoire vraie de l’un de ses ancêtres.

Source photo EmOtionS blog littéraire :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

Détails sur le produit

• Broché: 378 pages
• Editeur : Calmann-Lévy (3 octobre 2018)
• Collection : Littérature Française
• Langue : Français
• ISBN-10: 270216353X
• ISBN-13: 978-2702163535
• Dimensions du produit: 13,5 x 3,1 x 21,5 cm

 



 






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L’oiseau captif, de Jasmin Darznik

L’écriture peut-elle donner des ailes au désir ?

Forough Farrokhzad, vit à Téhéran dans les années 30. Son éducation est sévère, dans un pays donnant peu de place aux femmes. A la maison, son père que la famille n’appelle que « colonel », fait régner l’ordre… Dans la rue, où seuls les garçons se rendent pour jouer, la police du Shah et le commérage veillent à l’ordre public. Très tôt attirée par la beauté de la poésie persane, Forough compose des rimes. Facilement rebelle, elle brave les interdits, quitte à choquer cet ordre absolu pesant tant sur ses envies. Elle aime comprendre, la soumission exigée par sa condition de fille lui est pénible. Forough veut plus que tout sortir dehors, regarder droit devant elle sans devoir baisser les yeux. Par l’écriture, elle concrétise ses envies. Adolescente, elle trouve à publier dans un petit quotidien. Cette victoire lui donne des ailes. Mariée à seize ans pour ne pas mettre en péril l’honneur de la famille, Forough que son époux ne contrôle pas vraiment part faire la conquête de sa liberté : elle sera une poète, reconnue tel un poète, non sous le vocable péjoratif de poétesse se piquant de rimailler… Par le verbe, Forough Farrokhzad devient une grande figure du féminisme iranien.

 



 

On dit en France que ce que femme veut Dieu le veut ! Forough n’en exige pas autant du créateur, mais elle découvre en même temps que la liberté le désir, puis le plaisir. Se riant des interdits, elle croque la vie avec une insouciance qui peut choquer, ou donner des idées à d’autres. Sur la chaleur du sentiment, la rime devient brûlante ! Pensant à son amant, Forough Farrokhzad signe son plus célèbre texte : Le péché. Pour l’époque et encore plus en Iran, ce poème célébrant l’amour, qui plus est illégitime, était un scandale.

(…)
J’ai pêché, pêché dans le plaisir,
dans des bras chauds et enflammés,
j’ai pêché dans des bras de fer,
brûlants et rancuniers.
(…)
A l’oreille, l’histoire d’amour, je lui ai racontée,
je te veux mon amant,
je te veux, toi dont les bras sont vivifiants,
je te veux, toi mon amoureux fou.

Nombreuses sont les lectrices, nombreux sont ceux qui critiquent, avec un arrière-goût de jalousie, sûrement. L’opinion se perd en conjecture afin de découvrir qui est cet amant. La sphère intellectuelle s’agite. A braver l’ordre établi Forough crée le scandale et, maîtresse d’un homme établi elle se sent protégée, jusque quand ? Le désir est un absolu pour tous, mais chacun l’appréhende différemment. Le désir est un feu pouvant nourrir autant la haine que de la passion ; atteindre ses désirs équivaut à se mettre en danger au risque de s’y briser les ailes.

 



 

Source photo wikipedia

Avec ce livre, biographie romancée de Forough Farrokhzad car il existe peu de document la concernant, Jasmin Darznik signe un superbe portrait d’une grande poète iranienne, publiée dans le monde, ayant également réalisé des films. Elle fut la figure de proue du féminisme en Iran, alors que le shah poussait son pays à aborder le modernisme occidental en ce début de XXème siècle. Que ce soient les ambitions du roi ou celles de Forough Farrokhzad, l’avancée vers un monde nouveau bousculait la tradition, heurtait les consciences de beaucoup d’iraniens. L’exaspération grondait en sourdine. Une colère qui débouchera sur une révolution, vers un repli sur soi et beaucoup de sang versé. Forough Farrokhzad est décédée à l’âge de 32 ans d’un accident de voiture. L’oiseau captif est un roman de passion, un roman d’amour, une ode à la féminité.

 



 

Un peu de l’auteur

Jasmin Darznik est née à Téhéran. Arrivée en Amérique à l’âge de cinq ans, elle a obtenu son doctorat en littérature à l’université de Princeton. Son premier roman, The Good Daughter, a rencontré un succès immédiat et été traduit dans de nombreux pays.

Source photo Site de l’auteur :

 

 

 

 

 

 

 



 

Détails sur le produit

• Broché: 394 pages
• Editeur : Stéphane Marsan (17 octobre 2018)
• Collection : Stéphane Marsan
• Langue : Français
• ISBN-10: 2378340222
• ISBN-13: 978-2378340223
• Dimensions du produit: 14,2 x 3 x 21,3 cm

 



 






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La séquence, de Stefan Catsicas

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme disait Rabelais !

Toute vérité est-elle bonne à dire ? Sans doute, encore faut-il qu’elle soit parfaitement comprise. Daniel Fox, généticien souvent contesté, est le découvreur de « La séquence ». Un travail de recherche occupant toute sa carrière. Ce fragment d’ADN est unique, toute modification de ce brin de code génétique humain semble impossible ; sans doute cela permit à l’homme de franchir la frontière entre le monde animal pour devenir un être pensant, capable de modifier son environnement et, certains pensent qu’il serait même le lien entre l’homme et Dieu. Depuis cette découverte, de gros groupes industriels de la pharmacie convoitent cette séquence d’ADN. Elle n’a rien de comparable sur terre. Cette découverte permet à Daniel Fox d’avoir le Nobel. Lorsque le travail d’une vie tombe dans la sphère publique, il échappe un peu à son auteur. La presse se déchaine en conjectures les plus folles. L’émotion gagne en puissance auprès des religieux qui réclament un démenti. Puis, le nerf de la guerre apparaît : le financement de ces recherches, très secrèt jusqu’ici, semble nager en eaux trouble. Les financements occultes sont souvent le bras armé des grandes causes !

 



 

Stefan Catsicas signe ici un roman époustouflant, mêlant la science et l’histoire, la vérité scientifique et le possible d’une fiction. Ce livre est un thriller du meilleur cru, mené à un rythme d’enfer. Daniel Fox, captivé par son travail, ne mesure pas bien les implications colossales des moyens mis à sa disposition. A l’heure de la publication de ses résultats, les envieux s’agitent, se défient, mettent les moyens nécessaires pour pouvoir continuer un travail leur échappant. Ce brin d’ADN pourrait générer des profits colossaux si l’on parvient à le modifier. Lors de son discours, Daniel Fox a verrouillé l’exploitation commerciale de sa découverte. La guerre est déclarée.

 



 

Pour un premier roman, on ne peut qu’être agréablement surpris, l’auteur ose prendre des risques ce qui est rare lors d’un premier opus et, les risques sont ce que cherchent les lecteurs ! En combinant l’histoire des religions, tentant une approche de la naissance du monothéisme pour les cultes révélés, Stefan Catsicas prend un risque fort. D’autre part, la part d’ombre de son roman nous plonge de la lumière du prix Nobel à la violence des services action les plus occultes. Des groupes armés agissant comme mercenaires, parfois, pour servir les intérêts de grandes puissances pour qui le profit prévaut sur l’intérêt public. Ne jetons pas l’opprobre sur la recherche ! Il s’agit là d’une œuvre de fiction pour nous divertir, un roman rasant la frontière des possibles… Un premier jet dont une suite est déjà prévue, un livre qu’on attendra avec impatience.

 



 

Un peu de l’auteur

Stefan Catsicas, neurobiologiste de renom, interprète librement des découvertes anciennes et récentes et brosse un portrait fascinant de l’intuition, de la rigueur et de l’imaginaire qui mènent aux grandes découvertes.

Source photo wissenschaftsrat.ch

 

 

 

 

 

 



 

Détails sur le produit

• Broché: 463 pages
• Editeur : Favre (11 octobre 2018)
• Langue : Français
• ISBN-10: 2828917118
• ISBN-13: 978-2828917111
• Dimensions du produit: 14,9 x 3,8 x 24 cm

 



 






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Le fruit de mes entrailles, de Cédric Cham

Un thriller glaçant à la frontière du réel !

Vrinks est ce qu’on appelle un beau mec, une pointure du grand banditisme qui finit de purger une peine à la longueur de son CV. Il apprend la mort tragique et mystérieuse de sa fille. Une enfant dont il n’a jamais pris le temps de s’occuper : il avait d’autres soucis en tête… Cette annonce est un électrochoc, Vrinks décide de se faire la belle pour trouver les coupables et rendre un peu de ce qu’il n’a pas su donner à Manon. Amia, Prostituée en fuite d’un réseau mafieux croise la route de Vrinks en cavale. Ensemble, ils vont toujours avoir une longueur d’avance sur une police à la peine pour arrêter le duo qui parsème son chemin de sang et de cadavres.

 



 

Cédric Cham signe ici un roman noir et palpitant. L’histoire est menée à un train d’enfer. Cependant, la violence de Vrinks ne l’empêche pas d’avoir également des sentiments. Chemin faisant, la complicité avec Amia les rapproche. Elle pourrait être sa fille, mais Amia souhaite être aimée pour elle, ne plus servir d’objet sexuel et Vrinks lui plait. Elle fera tomber les garde-fous de Vrinks. Du côté de la police, le lieutenant Alice Krieg apprend qu’elle est victime du crabe, une grosseur pousse sur son sien qu’elle tente d’oublier en se lançant dans la traque du fugitif. Tenace, elle ne lâche rien jusqu’à donner de sueurs froide aux deux complices.

 



 

Un roman noir, mais si proche de la réalité ! Lorsque l’on s’évade de prison on découvre vite que la vie devient très difficile. Il faut disparaître des écrans, devenir transparent, rompre toute relation avec ceux qu’on connait. Puis, comme on ne s’évade pas pour repiquer les poireaux du jardin, mais pour une raison précise, ce n’est pas facile de rester invisible. On appréciera le rythme soutenu de ce roman, emmenant le lecteur dans cette cavale effrénée où, l’on passe du meurtre sanglant à une faim de l’autre sans période de transition. Vivre une vie de truand, c’est vivre comme si on allait tout perdre d’un instant à l’autre. C’est vivre toujours comme si c’était son dernier jour. C’est satisfaire ses envies, fussent-elles fatales pour ceux qui s’y opposent.

 



 

Présentation de l’éditeur

Une cavale à la vie à la mort !

Vrinks, fiché au grand banditisme, finit de purger une longue peine en centre de détention quand on lui annonce brutalement que le corps mutilé de sa fille Manon a été retrouvé dans un fleuve. Fou de rage, il ne pense plus qu’à s’évader pour la venger… Amia, jeune femme d’une vingtaine d’années, prisonnière d’un sordide réseau de prostitution, réalise soudainement qu’elle va être mère ! C’est peut-être le signal qu’elle espérait pour trouver la force de fuir les griffes de ses bourreaux. La capitaine Alice Krieg, en charge du dossier Vrinks, est un flic pugnace de la brigade de recherche des fugitifs. Elle, a grandi sans père, en a toujours souffert et plus encore aujourd’hui quand elle découvre sa cruelle maladie… Le hasard va les faire se télescoper au cours d’une longue cavale infernale et sanglante. À la vie, à l’amour, à la mort, au destin…

 



 

Un peu de l’auteur

Cédric Cham, né en 1978, est originaire de la région Rhône-Alpes. Le jour, il travaille au sein de l’Administration pénitentiaire française, la nuit, il écrit des polars. Dès son plus jeune âge, la lecture est devenue une « addiction ». Impossible de passer plus de vingt-quatre heures sans sentir le papier sous ses doigts… Et tout naturellement, à force de dévorer les romans des autres, il en est venu à écrire ses propres histoires. Cédric Cham aime les récits sombres et réalistes. Pourquoi ? Parce que d’après lui, le noir reflète parfaitement notre société actuelle… Ce qui se passe au coin d’une rue oubliée, derrière une porte close, de l’autre côté de la ligne blanche… Ces endroits où la réalité dépasse trop souvent la fiction !

Source bio & photo Editions JIGAL :

 



 

Détails sur le produit

• Broché: 280 pages
• Editeur : Jigal Editions (10 septembre 2018)
• Collection : Polar
• Langue : Français
• ISBN-10: 2377220444
• ISBN-13: 978-2377220441
• Dimensions du produit: 21 x 2,2 x 14 cm

 



 






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Ecoute-le battre, de Marie Vautier

Quand l’envie de tout laisser tomber devient trop forte…

Il y a toujours des instants où l’on a envie de laisser tomber, tout quitter, puis basta ! Ces moments de désenchantement, nous les vivons tous, la vie n’est pas un long fleuve tranquille… Cependant, il y en a pour qui c’est plus difficile que pour d’autres, comme si le sort se jouait d’eux, les maltraitant jusqu’au fond du trou, des gens pour qui tout semble perdu. Parmi eux, certains trouve une énergie étonnante pour dominer le marasme les étouffant, sortir de ce puit sans fond, vivre à nouveau en accord avec eux-mêmes : voire atteindre la lumière dans un sursaut de conscience salvateur. Marie Vautier met en histoires ces instants de vie. Elle démontre que rien n’est jamais perdu pourvu qu’on puise la force de se remettre en question, d’accepter de comprendre afin de rebondir. Neuf personnages dans ce recueil, neuf personnages différents qui chacun trouve une issue le satisfaisant.

 



 

Dans ce recueil, Marie Vautier met l’accent sur les sentiments nous animant lorsque notre univers s’écroule, nous laissant dans un grand désarroi. Nous sommes tous différents, ne réagissant pas de même manière et, l’auteur nous le prouve dans ce recueil délicieux attestant d’une profonde confiance envers l’espèce humaine. Marie Vautier nous montre le chemin vers la rédemption, un itinéraire toujours possible pourvu que l’on y croie, que l’on s’en donne les moyens. Il n’est pas obligatoire de prendre le taureau par les cornes, ni de faire acte d’une force inouïe, il suffit juste parfois de comprendre, de s’accepter tel que l’on est, d’être fier d’être qui nous sommes sans chercher à atteindre l’utopique.

 



 

Ce recueil tombe juste à point dans notre époque de grands changements très rapides, de recherche absolue d’efficience, de pression de l’encadrement. C’est un peu une fuite en avant pour laquelle la pression est forte. Un stress qui brise des couples, provoque des burnout, ou entraîne une perturbation du quotidien. Marie Vautier l’a bien saisi et, ses nouvelles s’en inspirent. Elle sait trouver le ton juste afin de nous immerger dans la vie de ses neuf personnages, puis insuffler avec douceur (j’allais dire une certaine tendresse…) le petit vent rendant de nouveau la respiration facile. Un recueil dont on se délecte, attachant même si parfois il donne envie de crier, de dire au coupable de se secouer un peu. Coupable, car ne sommes-nous pas responsable de ce qui nous arrive ?

 



 

Un peu de l’auteur

Marie Vautier vit en région parisienne. Après avoir travaillé dans la presse et l’édition elle enseigne et anime des ateliers d’écriture pour enfants et adultes. De son enfance en Afrique lui reste le goût des couleurs, de l’ailleurs, de la découverte. Elle aime l’air et le feu, l’eau et les rêves, les romans noirs, la poésie, les expos de peinture …et les stylos plume.
Dans ses deux recueils, La roue du silence, publié sous le nom de Dominique Vautier, et Écoute-le battre, elle explore avec finesse et empathie, de son écriture fluide et poétique, les émotions intimes et les tempêtes intérieures de personnages qui nous ressemblent

Source bio & photo Editions Quadrature

 

 

 

 

 

 



 

Détails sur le produit

• Broché: 110 pages
• Editeur : Quadrature (1 octobre 2018)
• Langue : Français
• ISBN-10: 2930538848
• ISBN-13: 978-2930538846
• Dimensions du produit: 21,4 x 1,2 x 13,4 cm

 



 






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Mort en eaux grises, de Pierre Pouchairet

Un polar du sang de Dieu, glaçant !

S’il est des polars qui marquent, celui-ci en est ! La découverte d’un cadavre dans la Seine, apparemment banale, met la PJ sur les dents. Le mort dont l’identité est inconnue a laissé derrière lui une bombe chimique capable d’infecter les réserves d’eau de la capitale. D’autre part, les causes du décès sont troublantes : il a été tué avec des moyens militaires dont seuls disposent les USA et la Russie. La menace ne vient pas d’une radicalisation issue de la banlieue, mais sans doute de gens rompus à l’art de la guerre, des soldats d’élites servant la cause du djihâd. La PJ de Versailles peine à trouver des infos fiables. Il semble que le groupuscule terroriste ait toujours une longueur d’avance. S’il parvient à son objectif, le commando pourrait faire une hécatombe en région parisienne. Le professionnalisme de ces hommes prêt à mourir pour leur cause, nécessite la mise en œuvre de très gros moyens logistiques. L’anti-terrorisme et le RAID sont de la partie, l’Elysée est tenu informé en temps réel, la pression est maximale, surtout qu’il ne faut pas ébruiter l’affaire pour que la population continue de dormir du sommeil du juste.

 

 



 

 

Ce polar est presque trop vrai, on y est, on le vit ! La lecture de cette fiction donne un arrière-goût d’histoire vécue. Tout y est crédible. L’immersion du lecteur dans la traque du commando est totale. Le fait que ce soit rédigé par un ancien commandant de police renforce encore la possibilité d’une vérité d’une rare violence. Heureusement, l’intimité de ces hommes et femmes qui luttent jour et nuit contre le crime, réchauffe un peu l’atmosphère du livre.

 

 



 

 

Un roman écrit par un ancien flic, cela se sent… Pierre Pouchairet nous emmène dans son monde, celui qu’il connaît bien, trop bien. Avec lui, on mesure l’étendue des capacités opérationnelles de notre police chargée de la sécurité des citoyens. Une police décriée, mais qu’on appelle rapidement lorsqu’on est face à un problème… Paradoxe très français que de critiquer par principe l’autorité sans laquelle se serait l’anarchie totale. Un roman froid, très réaliste cependant avec la montée en puissance des attentats, avec cette armée sans uniforme, ces soldats de Dieu ressemblant à n’importe qui, fondus dans la masse pour rester invisibles dont le seul but est de semer l’effroi. Un roman presque trop court tant il est jouissif, autant que glacial.

 

 



 

 

Présentation de l’éditeur

Fraîchement de retour au sein de la police judiciaire, la commandant Johana Galji est plongée dans une nouvelle enquête qui révélera l’existance d’une menace effroyable pour la population…
Après avoir été grièvement blessée lors d’une précédente affaire, c’est avec appréhension que la commandant Johana Galji reprend ses fonctions de chef de groupe à la police judiciaire de Versailles. Mais la découverte dans la Seine du corps d’un plongeur étrangement mutilé l’entraîne très vite dans une nouvelle enquête qui va révéler l’existence d’une menace effroyable pour la population. En effet, de la frontière turco-iranienne à Moscou, en passant par la Syrie, Conflans et Paris, une machination infernale est en train de se mettre en place… Il va falloir toute leur détermination à Johana et son équipe pour tenter de déjouer ce qui pourrait devenir l’une des plus terribles catastrophes de ces dernières années…
Les droits d’auteur de ce roman seront entièrement versés à l’orphelinat mutualiste de la police nationale, Orpheopolis.
Plongez dans ce polar haletant et suivez pas à pas l’équipe du commandant Galji, bien décidée à déjouer ce qui pourrait devenir l’une des plus terribles catastrophes de ces dernières années.

 

 



 

 

Un peu de l’auteur

Pierre Pouchairet s’est passionné pour son métier de flic ! Passé par les services de Police judiciaire de Versailles, Nice, Lyon et Grenoble, il a aussi baroudé pour son travail dans des pays comme l’Afghanistan, la Turquie, le Liban… Ayant fait valoir ses droits à la retraite en 2012, il s’est lancé avec succès dans l’écriture. Ses titres ont en effet été salués par la critique et récompensés, entre autres, par le Prix du Quai des Orfèvres 2017 (Mortels Trafics) et le Prix Polar Michel Lebrun 2017 (La Prophétie de Langley). En 2018, il a été finaliste du Prix Landerneau avec Tuez-les tous…mais pas ici.

Source photo Wikipedia :

 

 

 

 

 

 

 



 

Détails sur le produit

• Broché: 232 pages
• Editeur : Jigal Editions (10 septembre 2018)
• Collection : Polar
• Langue : Français
• ISBN-10: 2377220428
• ISBN-13: 978-2377220427
• Dimensions du produit: 21 x 1,9 x 14 cm

 



 






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Les parfums d’Iris, de Florence Roche

Dans un petit port breton, dans les années 60, Iris coule des jours heureux avec Hyppolite, son père. Ce dernier, herboriste talentueux y fait office de pharmacien. La visite d’une femme élégante et mystérieuse sème le trouble dans l’esprit d’Iris. Elle ne sait rien de sa naissance, son père semble lui cacher une autre vie : celle d’avant. L’assassinat d’Hyppolite la contraint à fuir son village et ses amies. Une nouvelle vie commence pour Iris. Elle sera la meilleure, un grand nez dans le monde feutré du parfum. Cela lui ouvrira peut-être les portes sur des vérités méticuleusement tues depuis longtemps. Des vérités dont le parfum n’est pas du meilleur cru. La note de tête peut générer la folie, celle de cœur est viscérale et celle de fond donne la nausée. Un thriller haletant où Iris tient les rênes du jeu, le pouvoir est dans ses mains : c’est elle le nez de l’avenir.

 

 



 

 

Pour créer un parfum, il faut avoir un nez, un talent de chimiste et du génie. Hyppolite avait ces trois qualités. Il savait inventer des compositions nouvelles depuis son plus jeune âge. La chimie est une science étrange, pouvant pactiser avec le mieux ou le pire. Il peut y avoir dans la chimie un relent d’alchimie un peu nauséabond s’il tombe dans de mauvaises mains. Un poison, aussi subtil d’un parfum d’exception, serait-il sorti des carnets de notes d’Hyppolite pour permettre d’assouvir des chimères dont seuls des fanatiques peuvent concevoir l’utilisation ? Dans ce livre, le fanatisme est très présent !
Les jusqu’auboutistes, que ce soit pour faire vivre la famille ou des idées insensées, ont dans ce livre une volonté farouche de durer longtemps, très longtemps quitte à lubrifier les rouages par la contrainte ou à éliminer les obstacles par le meurtre !

 

 



 

 

Florence Roche signe ici un roman, poignant, prenant le lecteur par la main, elle ne le lâche plus. L’histoire d’Iris, jeune femme brillante surgissant dans le monde clos de la parfumerie est captivante. Avec Iris, les sentiments du lecteur sont mis à rude épreuve. En effet, Florence Roche sait alterner l’amour et la haine, la droiture et la folie. Ses personnages ont pourtant un point commun, celui d’être sûr de leur bon droit. L’auteur nous amène à ressentir ses personnages. Tour à tour, on se prend pour Iris symbolisant la lumière, mais l’on parvient également à comprendre pourquoi la famille Dorian à agit de la sorte, dans l’ombre. Un exercice difficile entre le bien et le mal, un délice de lecture.

 

 



 

 

Présentation de l’éditeur

Iris est un  » nez  » de talent. A Grasse, dans les années 1960, munie des formules de parfum léguées par son père assassiné, elle lance avec succès des fragrances. En menant ses recherches sur le meurtrier de son père, Iris remonte le fil de l’histoire de sa famille et de ses origines…
Iris a – presque – suivi à la lettre les ultimes recommandations de son père, Hippolyte :  » Si je meurs, pars de cette ville. Pars très loin, et n’approche jamais la famille Dorian.  » Peu après la visite de la richissime Marie-Claire Dorian avec laquelle il s’est violemment disputé, le paisible apothicaire et parfumeur est retrouvé assassiné. Dans une valise que le défunt avait cachée à son intention, Iris trouve de faux papiers, et des cahiers avec des formules de parfum. Sous une nouvelle identité, la jeune femme quitte le petit port breton pour Aix-en-Provence, où elle s’inscrit dans une célèbre école de parfumerie. Ses premières créations, inspirées des formules d’un carnet d’Hippolyte, remportent un vif succès. Son père avait un talent de génie… Mais Iris n’a jamais vraiment rien su de lui, de sa famille, Hippolyte ayant tiré un trait sur son passé. Lors de son apprentissage, elle rencontre Armand, issu de la prestigieuse lignée de parfumeurs Dorian. Son charme, sa prestance opèrent sur elle immédiatement. Elle accepte bientôt de travailler dans les laboratoires de la firme à Grasse. Mais elle ne peut révéler ses véritables motivations : son amour pour Armand, sa volonté de connaître la famille d’Hippolyte. Et celle de retrouver son assassin.
Un roman au parfum tenace et envoûtant sur l’univers magique des parfumeurs auquel se mêlent les notes troubles d’une famille au passé chargé de secrets qui côtoient l’horreur de l’idéologie nazie, notamment les Lebensborn (maternités dédiées à la reproduction de  » la race aryenne « ).

 

 



 

 

Un peu de l’auteur

Née au Puy-en-Velay en Haute-Loire, Florence Roche a fait des études d’histoire à la faculté de Saint-Etienne. Elle a notamment publié L’Honneur des Bories (2010), L’Héritage maudit (2011), La Trahison des Combes (2012), La Réfugiée du domaine (2017) et dans la collection Trésors de France Les Carnets d’Esther (2018).

Source photo Editions Calmann-Levy :

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

Détails sur le produit

• Broché: 320 pages
• Editeur : Presses de la Cité (4 octobre 2018)
• Collection : Terres de France
• Langue : Français
• ISBN-10: 2258145384
• ISBN-13: 978-2258145382
• Dimensions du produit: 14 x 2,8 x 22,6 cm

 

 



 

 

 






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Les enfants de Lazare, de Nicolas Zeimet

 

La misère est parfois une fange d’où peut naître l’indicible sous couvert de science !

Jeune et belle comme un cœur à prendre, Agate est chanteuse de laverie automatique. Elle ne demande rien, ne fait pas la quête après son spectacle devant les rares personnes présentes. Pierre, journaliste à France télévision, est fasciné par cette étrange apparition. Curieux de nature, il cherche à en savoir plus sur cette jeune femme. Vite épris d’elle, la belle se suicide en faisant le saut de l’ange depuis la tour Eiffel. Meurtrit, tout d’abord inconsolable, Pierre décide de chercher à en savoir plus sur l’histoire de cette jeune cambodgienne adoptée en France, trop tôt disparue d’une façon spectaculaire comme désirant un message à décoder… Ce tragique fait divers fait écho à un autre incident étrange sur venu au Cambodge quelque jours seulement avant le décès d’Agate. L’instinct du journaliste reprend le dessus, pour le droit d’informer, certes, mais surtout pour comprendre le lien qu’il pressent comme très étroit entre les deux événements. Enquêter dans un pays n’en finissant plus de panser ses plaies de la guerre n’est pas une chose aisée. Le pays à d’autre priorité, d’autre us que les nôtre. Pierre risque gros à être trop curieux, à vouloir savoir pour le faire savoir !

 



 

L’enfance, devrait être une période d’insouciance, de bonheur, gage d’une continuité que l’on souhaite la meilleure possible. Avoir un enfant, c’est la concrétisation du couple, son prolongement vers l’infini. Las, la vie est farceuse, elle apparaît sans prévenir, parfois ! Une grossesse survenue trop jeune, une période sombre de disette, une succession de malheur que l’on veut rompre et, la mère ne souhaitant vraiment pas que l’enfant ne subisse une telle existence : l’adoption comme voie de recours le sauvera sûrement du funeste destin s’acharnant sur l’avenir. Dans ce commerce, des spécialistes maîtrisent bien le système, surtout lorsque le pays s’effondre, que la gouvernance ne contrôle plus grand-chose. Les samaritains de l’enfance savent rassurer les parents et trouver des familles d’accueil généreuses, satisfaisant ainsi la demande d’un marché sans cesse en expansion.

 



 

Nicolas Zeimet signe ici un thriller haletant. Nous entrons avec lui dans un univers glauque démontrant que la folie n’a pas de limite, que l’intelligence peut échafauder les plus improbables des scénarios. La recherche de la fontaine de jouvence est l’apanage des riches, des puissants désirant dominer le monde à l’infini. Pourtant, la vie éternelle n’a pas la même signification pour tous. Les NDE fascinent le monde par l’étrangeté du phénomène, mais aussi par la similitude des faits. Quelque soient les origines ethniques, le degré de culture ou la religion : tous parlent d’une voix unique afin d’expliquer l’expérience qu’ils ont vécu. Des scientifiques, des universités se passionnent pour les NDE, cherchant à les expliquer, démontrer la persistance de la vie par-delà la mort, ou la vie dans la mort. Des chercheurs parmi lesquels peut se cacher un docteur Mabuse dont les visées scientifiques peuvent être très discutables !… Nicolas Zeimet nous plonge dans un tourbillon infernal jusqu’à la dernière ligne. Ne vous fiez pas à son sourire de jeune premier, cet auteur cache un talent fou pour nous surprendre, une imagination qui n’a rien à envier à ce qu’on peut lire dans ce que dénonce la presse régulièrement. Un roman à ne pas mettre dans toutes les mains !

 

 



 

 

Présentation de l’éditeur

Un thriller exceptionnel entre Paris et le Cambodge

« Je m’appelle Agathe, avait-elle annoncé avant de s’asseoir sur une machine. Je suis la chanteuse des laveries… » Tout commence quand Pierre Sanak, journaliste reporter d’images à France Télévisions, croise par hasard cette jeune artiste un peu fantasque et très énigmatique. D’origine cambodgienne, Agathe a été adoptée, vit à Paris, ne se sépare jamais de sa guitare et semble errer entre plusieurs mondes… Pierre en tombe immédiatement amoureux. Apprenant en conférence de rédaction l’incroyable nouvelle de la résurrection momentanée de Sokhom, un jeune Cambodgien qui aurait vécu une expérience de mort imminente, Pierre ne peut s’empêcher de tisser un lien ténu avec l’histoire d’Agathe… Le journaliste s’envole aussitôt pour une semaine de folles investigations à Siem Reap et dans la jungle d’Angkor où, bien après le génocide, le tourisme des orphelinats semble perdurer. Une dangereuse course contre la montre s’engage alors. Pierre parviendra-t-il à découvrir le secret d’Agathe ?

 



 

Un peu de l’auteur

Nicolas Zeimet est né le 17 juillet 1977. Il est traducteur et vit à Paris. Il se passionne pour l’écriture dès son plus jeune âge. Son premier roman, Déconnexion immédiate est suivi de Seuls les vautours qui reçoit le Prix Plume d’Or 2015 avant d’être republié en poche chez 10/18. Son troisième roman, Comme une ombre dans la ville, le consacre comme « l’une des jeunes voix les plus douées du polar français ». Puis arrivent chez Jigal, Retour à Duncan’s Creek – PRIX DORA-SUAREZ 2018 – unanimement salué par la critique – et aujourd’hui Les Enfants de Lazare qui confirme avec brio tout son talent.

Source photo Editions JIGAL:

 



 

 

Détails sur le produit

• Broché: 296 pages
• Editeur : Jigal Editions (10 septembre 2018)
• Collection : Polar
• Langue : Français
• ISBN-10: 237722041X
• ISBN-13: 978-2377220410
• Dimensions du produit: 21 x 2,3 x 14 cm

 

 



 

 






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Stavros, de Sophia Mavroudis

Noir autant qu’il se peut, le crime n’a pas de frontière !
Stavros, un flic border line comme on les aime ! Le genre de type dont l’esprit s’affute avec la prise d’alcool, se fiant à son instinct le chasseur, avec ses blessures qui altèrent son sommeil. Un commissaire qui affronte sa hiérarchie autant que les malfrats qu’il poursuit. Avec Sophia Mavroudis, on plonge dans le monde glauque des bas-fonds, là où se trame les pires affaires. La mafia grecque s’étant associée avec celle venant de Russie, pour le trafic des femmes, mais aussi et surtout des œuvres d’art, Stavros se remet en selle : c’est son affaire ! En même temps, Stavros veut mettre un point final à une autre histoire non résolue étroitement liée avec les évènements récents. Le modus operandi est identique, une signature qui n’échappe pas au commissaire. Stavros est de suite convaincu du retour de celui qu’il n’a pu appréhender jadis. Il devra maîtriser ses supérieurs afin d’avoir les mains libres pour mener à sa façon cette enquête.

 

 



 

 

Sophia Mavroudis dissèque parfaitement le rôle du flic toujours au bord du précipice, mais pour solutionner certaines affaires ne faut-il pas utiliser les mêmes méthodes que les truands ? Stavros trace sa route sur les pas de Rodolphe, un voyou de grande envergure venu de Russie. Des travaux d’urbanisme ont mis à jours des antiquités qui disparaissent au profit de politiciens corrompus. Faire disparaître autant d’œuvres d’art est l’affaire d’une organisation pas regardante bien rodée vers l’export. Une fois dans les entrepôts russes, les œuvres dérobées se referont une santé pour rejoindre les collections privées d’amateurs fortunés. Rodolphe, pivot de la pègre soviétique dans ce commerce est à la manœuvre. Lui, dont les seuls sentiments sont le profit et le goût du risque, met un point d’honneur à avoir en permanence une longueur d’avance sur la police. Il n’hésite pas à défier Stavros, fusse par un crime dont la gratuité n’est qu’une provocation. D’autant plus que les deux hommes ont un différend non réglé depuis des années.

 

 



 

 

Un polar très noir, mettant à rude épreuve le lecteur, mais un roman policier qu’on lit d’une traite. Sans temps mort, ce livre est un régal pour les amateurs du genre. Avec Sophia Mavroudis, on plonge dans ce que l’humain a de plus noir. Entre la volonté de justice de Stavros et l’intelligence machiavélique de Rodolphe, la partie est lancée. Ménageant l’art du suspense, il vous faudra attendre les dernières lignes pour être en mesure de conclure cette histoire de commerce illicite d’antiquités. Un premier roman parfaitement maîtrisé et réussi, une entrée par la grande porte dans le milieu du polar.

 

 



 

 

Présentation de l’éditeur

Les enquêtes à Athènes du commissaire Stavros Nikopolidis.

Athènes, à l’aube… Un morceau de la frise du Parthénon a disparu et le cadavre d’un archéologue gît au pied de l’Acropole. Le passé du commissaire Stavros Nikopolidis vient de ressurgir violemment ! En effet, quelques années auparavant, sa femme Elena – alors responsable des fouilles archéologiques – disparaissait mystérieusement au même endroit. Depuis, Stavros n’est plus que l’ombre de lui-même… Mais aujourd’hui les signes sont là. Rodolphe, le probable meurtrier, son ennemi de toujours, est revenu… Stavros, véritable électron libre, impulsif, joueur invétéré de tavli et buveur impénitent, n’a plus que la vengeance en tête ! Flanqué de ses plus fidèles collègues – Dora, ancienne des forces spéciales, Eugène le hacker et Nikos l’Albanais –, soutenu par son amie Matoula, tenancière de bar au passé obscur, et malgré l’étrange inspecteur Livanos, Stavros va enfin faire sortir de l’ombre ceux qui depuis tant d’années pourrissent sa ville ! Mais la vie révèle parfois bien des surprises…

 

 



 

 

Un peu de l’auteur

Sophia Mavroudis est gréco-française. Elle est née en 1965 à Casablanca et a grandi en Grèce. Elle en a gardé le goût immodéré des cieux bleus, des oliviers et des cyprès de la Méditerranée. Elle est docteur en sciences politiques, a enseigné les relations internationales, et a travaillé dans la haute fonction publique et internationale. Après avoir arpenté pendant des années les zones de conflits en Europe et dans ses confins, passionnée de lecture, d’écriture et de musique depuis l’enfance, elle plonge désormais de l’autre côté de l’Histoire, dans l’intimité des personnages et des sociétés. Stavros est son premier roman.

Source photo Editions JIGAL:

 



Détails sur le produit

• Broché: 240 pages
• Editeur : Jigal Editions (10 septembre 2018)
• Collection : Polar
• Langue : Français
• ISBN-10: 2377220436
• ISBN-13: 978-2377220434
• Dimensions du produit: 19,5 x 1,9 x 12,5 cm








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Les Chemins de promesse de Mireille PLUCHARD

Partir, est-ce l’espoir d’un meilleur ou une fuite vers l’inconnu ?

Sous Napoléon III la révolution industrielle se met en marche. La nécessité de doter le France de lignes de chemin de fer devient pressante. La ligne méditerranéenne est en cours de réalisation. Le besoin de recourir à une grande quantité de main-d’œuvre est criant. Dans les campagnes, les fils qui ne peuvent hériter de la ferme familiale se font embaucher à la construction de la ligne. D’autres y voient une opportunité de commercer avec le chantier, gourmand en ravitaillement afin de nourrir tout ce personnel de tacherons. L’affaire est rude, des percements de tunnels sont prévus, des ponts sont à construire, des fermes sont coupées par l’avancée du rail. Si certains y trouvent leur compte, d’autre s’opposent à ce qu’ils pressentent comme une folie contre nature, une atteinte aux traditions. Aubin quitte la ferme de son père pour aller terrasser, après avoir évité de justesse la conscription. Loin des siens, il vit mal la séparation. Chez son père, le désir de marier sa fille selon son choix pousse cette dernière à choisir la clandestinité. La famille se déchire, le monde d’Aubin se disloque. Le progrès est-il à ce point destructeur ? Pourtant, soucieux d’améliorer le confort de sa mère, Aubin, contre l’avis paternel, fait installer une citerne d’eau de pluie. Une citerne qui fera le malheur de tous. L’échec est cuisant, cependant, tout échec n’en est pas un si l’on en tire quelque profit : sauront-ils en profiter pour rebondir ?



Mireille Pluchard nous offre ici une très belle histoire se situant au milieu du XIXème, alors que le France est politiquement instable et, s’impatiente de rattraper l’Angleterre qui construit les lignes du train à vitesse forcée. Les marchandises ont besoin de circuler, les manufactures des provinces seront mieux desservies par le chemin de fer que par des routes approximatives, par des wagons que par les chariots à traction animale. Le progrès est impatient, il faut faire vite, toujours plus vite quitte à brusquer les populations, déranger la quiétude des campagnes. Le rail doit tirer le pays du sommeil, fusse au prix de quelques sacrifices !



Fort bien documenté, ce roman met la lumière sur une période mal connue qui a marqué le début de l’exode rural. Tous les manouvriers ayant pris goût au salariat, ce sont pour beaucoup fait embaucher sur place, dans les usines jalonnant les voies, puis, peu à peu vers les grandes villes. L’auteur nous dresse également un portrait très réel de la vie des campagnes, ce petit monde vivant en vase clôt sur ses terres. Des terres auxquelles ils sont attachés presque plus qu’à leur famille : elles font parties d’eux, elles sont leurs tripes, elles sont le seul univers qui vaille. Aussi, sont-ils méfiant de l’arrivée d’un futur en devenir dont on ne sait rien et, qui apporte des inconnus venus de partout dont chacun se méfie.

Un très bon moment de lecture qu’on ne lâche pas facilement. Un livre où nombre de lecteur reconnaîtront un parent paysan, où un peu d’eux même lorsqu’ils sont partis pour la ville au siècle dernier, c’est-à-dire presqu’hier !



 

Présentation de l’éditeur

A une vie tracée par son père, Aubin, l’héritier du mas de Castanhal, a préféré l’aventure. La construction de la ligne de chemin de fer entre Paris et la Méditerranée sera pour le jeune homme le terrain d’intenses initiations et de rencontres en ce milieu du XIXe siècle.
Tout doit être immuable au mas du Castanhal où le maître des lieux, Lazare Pradier, trace pour ses enfants, Aubin et Adélie, des chemins de vie calqués sur le modèle des anciens. A l’insu de son ombrageux époux, Blanche les instruit de son mieux d’un savoir reçu d’un vieil abbé. Adélie récoltera les premiers fruits de cet enseignement en quittant le Castanhal pour s’occuper des enfants d’un ingénieur des mines. Les premiers émois amoureux d’Aubin, cruel apprentissage, vont ouvrir à l’héritier du Castanhal d’autres horizons. Comme celui de la construction d’une ligne de chemin de fer qui sera pour lui le champ d’intenses découvertes : celle de l’amitié, d’abord, qui le liera à Pierre, un cadet dépossédé et jeté sur les chemins de misère ; celle de la satisfaction du travail accompli ; celle de l’amour enfin !
Et tant pis si les plans minutieusement établis par Lazare s’en trouvent bouleversés. Le voyage initiatique de son fils Aubin en fera un homme dont Lazare pourra être fier.

Un peu de l’auteur

Passionnée d’Histoire et d’histoires, Mireille Pluchard a écrit Le Petit Bâtard, Le Puits Sans-Nom et Les Sentes buissonnières, qui ont connu un vif succès. Elle a également publié Le Miroir d’Amélie, Le Choix de Diane et Les Souffleurs de rêves aux Presses de la Cité.

Source photo wikimedia.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Détails sur le produit

• Broché: 400 pages
• Editeur : Presses de la Cité (20 septembre 2018)
• Collection : TERRES FRANCE
• Langue : Français
• ISBN-10: 2258138515
• ISBN-13: 978-2258138513
• Dimensions du produit: 13,8 x 3,8 x 22,5 cm








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