Le Dernier Hyver de Fabrice PAPILLON

Les plus grands criminels ont souvent une forme de génie, des esprits torturés mais brillants !

L’hyver du monde est là, demain ne sera plus pareil…
La science avance toujours plus vite, plus loin, tant dans l’infiniment grand que dans l’infiniment petit. Le plus petit comprend la génétique qui permet d’envisager la thérapie génique afin de réparer les gènes défaillants provoquant des maladies auto-immunes que les médications ne prennent pas en charge jusqu’ici. Une modification des chromosomes ouvrant la place à l’eugénisme qui effraye le milieu scientifique, mais que cultivent des esprits fous se prenant pour des dieux.

Fabrice Papillon nous entraîne dans son roman sur cette pente glissante. Partant d’une hypothèse des grands anciens tels que Platon et tant d’autres ayant imaginés devenir meilleurs, s’est constitué une forme de secte œuvrant depuis 415 après J-C à tenter de rendre le monde moins violent en suggérant une domination du monde par les femmes, éliminant de fait l’ambition et la conquête du pouvoir par les armes des hommes. Durant des siècles, ce mouvement fut parfaitement philosophique, la théorie ne pouvant exaucer leurs vœux : la science se limitant à l’alchimie des caves et des greniers de quelques esprits brillants, mais dont les moyens de laboratoire étaient limités. Désormais, la science a progressé, la manipulation génétique est une pratique courante. Souvenez-vous de Dolly, cette brebis née d’une simple cellule. En 2018, les membres de la secte ont enfin les moyens de tenter de parvenir à leur but ultime : envisager de changer le monde !

A cet instant, il faut à l’équipe de généticiennes rassembler tous les éléments nécessaires à la mise en place de ce grand œuvre. Il leur faut réunir les gènes intéressants, quitte à user d’une rare violence. Même dans une société pacifique, l’instinct humain peut se réveiller, l’ambition n’est pas l’apanage des hommes. L’une des prêtresses envisage la place de la reine, de presser le pas, La domination féminine va enfin pouvoir débuter.

La police scientifique et criminelle y perd son latin, elle cavale après une bande de fantômes qui disparaissent mystérieusement leurs forfaits accomplis. Ils sont doués, ne laissant aucune trace de leur passage si ce n’est des cadavres horriblement mutilés.

Un premier roman, mais un très grand roman, passionnant, à un rythme fou jusqu’à la dernière page. Un livre extrêmement bien documenté sur les questions scientifiques et sur les moyens mis en œuvre par la police du 36 quai des orfèvres et scientifique : la PST. Un roman qui nous emmène dans le passé avec les esprits les plus brillants de leurs époques respectives, jusqu’au futur proche où l’homme se prendra pour dieu en recréant l’humanité : un monde nouveau va-t-il voir le jour ?

En librairie le 5 octobre 2017

Présentation de l’éditeur

On dit que l’hiver vient. Peut-être le dernier pour les porteurs du chromosome Y…

Août 415 après J-C. : La ville d’Alexandrie s’assoupit dans une odeur âcre de chair brûlée. Hypatie, philosophe et mathématicienne d’exception, vient d’être massacrée dans la rue par des hommes en furie, et ses membres en lambeaux se consument dans un brasier avec l’ensemble de ses écrits.
Cet assassinat sauvage amorce un engrenage terrifiant qui, à travers les lieux et les époques, sème la mort sur son passage. Inéluctablement se relaient ceux qui, dans le sillage d’Hypatie, poursuivent son grand œuvre et visent à accomplir son dessein.
Juillet 2018 : Marie, jeune biologiste, stagiaire à la police scientifique, se trouve confrontée à une succession de meurtres effroyables, aux côtés de Marc Brunier, homme étrange et commandant de police de la  » crim  » du Quai des Orfèvres. Peu à peu, l’étudiante découvre que sa propre vie entre en résonance avec ces meurtres.
Est-elle, malgré elle, un maillon de l’histoire amorcée à Alexandrie seize siècles auparavant ? Quel est ce secret transmis par Hypatie et au cœur duquel se retrouve Marie ? L’implacable destin peut-il être contrecarré ou  » le dernier Hyver  » mènera-t-il inéluctablement l’humanité à sa perte ?

Un peu de l’auteur

Source bio: Editions Belfond 
Source photo Babelio 

Fabrice Papillon, journaliste scientifique depuis vingt ans, producteur de nombreux documentaires, est déjà l’auteur de huit ouvrages de vulgarisation scientifique, avec d’éminents savants comme Axel Kahn. Historien de formation, il renoue avec ses premières amours et signe un thriller édifiant, d’une maîtrise spectaculaire, à l’intersection de l’histoire, de la philosophie et des plus récentes découvertes scientifiques. Le dernier Hyver est son premier roman.

Détails sur le produit

• Broché: 624 pages
• Editeur : Belfond (5 octobre 2017)
• Langue : Français
• ISBN-10: 2714475434
• ISBN-13: 978-2714475435
• Dimensions du produit: 14 x 4,1 x 22,5 cm





< Le Dernier Hyver de Fabrice PAPILLON >
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La reine noire, de Pascal Martin

Des voyous, qu’ils soient élégants ou embourgeoisé, restent des crapules !

Pascal Martin situe son roman dans un petit village, replié sur lui-même, vivant du souvenir de l’époque bénie où tous avaient du travail à l’usine, désormais fermée. La plupart des enfants du village sont partis faire leur vie ailleurs dans de meilleurs lieux de vie. Quelques décennies plus tard, reviennent deux natifs du bourg. Les catastrophes se suivent à un bon rythme, les morts se succèdent. Les autochtones voient leur tranquillité mise à mal, les esprits s’échauffent vite. L’un de ceux qui sont revenu, dont la jeunesse a été mouvementée, voire un peu chaude, semble le coupable idéal : tous veulent le voir partir…

Malgré les apparences, les gens peuvent changer, ou cacher parfaitement la face sombre qui les anime. Le tuer sévissant en ville n’est peut-être pas celui auquel on pense. Les préjugés ont la part belle dans cette histoire, cependant, l’assassin pourrait être n’importe qui, car nombreux sont ceux qui auraient des raisons de commettre ces meurtres. Puis pendant qu’on y est, pourquoi n’y aurait-il pas plusieurs meurtriers ? Pascal Martin embrouille si bien les pistes que les coupables potentiel sont nombreux.

Un polar au cœur d’un village de France, dans la campagne profonde, dans une ambiance glauque où le flic qui enquête n’est sans doute pas si blanc que cela et, le voyou pas si noir que le prétend sa réputation. Dans le café où tous se retrouvent, où l’on parle, personne ne dénonce : ici on règle les histoires en famille, cela vaut mieux pour tous…

Un polar un peu dérangeant, semblant couver quelque chose de pas très clair, l’orage gronde et nul ne sait quand il pètera, ni où la foudre tombera. La reine noire a de beaux restes, elle est le centre de l’intrigue, la cause de tout !

Présentation de l’éditeur

En ce temps-là, il y avait une raffinerie de sucre dont la grande cheminée dominait le village de Chanterelle. On l’appelait la Reine Noire. Tous les habitants y travaillaient. Ou presque… Mais depuis qu’elle a fermé ses portes, le village est mort. Et puis un jour débarque un homme vêtu de noir, effrayant et fascinant à la fois… Wotjeck est parti d’ici il y a bien longtemps, il a fait fortune ailleurs, on ne sait trop comment… Le même jour, un autre homme est arrivé. Lui porte un costume plutôt chic. L’un est tueur professionnel, l’autre flic. Depuis, tout semble aller de travers : poules égorgées, cimetière profané, suicide, meurtre… Alors que le village gronde et exige au plus vite un coupable, dans l’ombre se prépare un affrontement entre deux hommes que tout oppose : leur origine, leur classe sociale, et surtout leur passé… La Reine Noire est peut-être morte, mais sa mémoire, c’est une autre histoire…

Un peu de l’auteur

Source bio & photo : Editions JIGAL

Pascal Martin est né en 1952 dans la banlieue sud de Paris. Après une formation en œnologie, il devient journaliste, fonde sa boîte de production et parcourt le monde comme grand reporter. Ses reportages, très remarqués, sont alors diffusés sur toutes les chaînes de TV. En 1995 il crée les « Pisteurs », des personnages de fiction qui reposent sur son expérience de journaliste d’investigation, pour une série de films diffusés sur France 2. Après avoir enseigné quelques années au Centre de formation des journalistes, il développe avec Jacques Cotta une série de documentaires « Dans le secret de… » qui compte aujourd’hui plus de 40 numéros. Il réalise à cette occasion Dans le secret de la prison de Fleury-Mérogis et Dans le secret de la spéculation financière. C’est sur la base de ces deux enquêtes qu’il crée le personnage de Victor Cobus, jeune trader cousu d’or qui se retrouve du jour au lendemain dans l’enfer d’une prison. Pascal Martin s’est toujours inspiré de ses enquêtes journalistiques pour nourrir ses personnages de fiction en les inscrivant dans une dimension sociale et environnementale. Et ce n’est sûrement pas LA REINE NOIRE qui dira le contraire.

Détails sur le produit

• Broché: 248 pages
• Editeur : Jigal Editions (8 septembre 2017)
• Collection : Polar
• Langue : Français
• ISBN-10: 2377220142
• ISBN-13: 978-2377220144
• Dimensions du produit: 19,5 x 2,7 x 12,5 cm





< La reine noire, de Pacal Martin>

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Chacune ses peurs, de Peter Swanson

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aussi noir que possible, horrible et passionnant !

Une jeune femme un peu fragile, Kate, accepte de faire un échange d’appartement avec un cousin éloigné qu’elle n’a jamais vu. En arrivant sur place à boston, elle découvre une ambiance lourde, d’autant plus qu’un meurtre vient d’être commis dans l’appartement d’à côté. A Londres, son cousin ne semble pas habiter son appartement, il aurait disparu. La tension monte !

Un thriller où tous les éléments sont là pour faire monter l’angoisse. Très psychologique, ce roman progresse lentement, comme pour cuisiner le lecteur à petit feu. L’enquête progresse au ralenti car les pistes sont totalement brouillées. Le coupable potentiel n’est sans doute pas celui auquel pense la police, encore faudrait-il pouvoir le nommer !

Rédigé sur plusieurs plans, ce roman s’attache à quatre personnages, dont l’un a disparu, le second parait ne pas exister, un voyeur obsessionnel et Kate impliquée malgré elle dans ce jeu, pervers.

Pervers en effet, Peter Swanson met en scène dans ce roman Corbin qui travaille dans la finance a tué dans sa jeunesse une jeune femme avec un ami de faculté, ce dernier s’avère être un psychopathe dont l’imagination est sans borne, sachant parfaitement se fondre dans l’invisible, pour qui la notion du beau atteint des sommets dans l’horreur et, qui semble passer sous tous les radars, dont le nom n’est même pas certain. Mais il y a aussi cet homme qui observe les femmes jusqu’à savoir tout de leurs vies, jusqu’à s’imaginer avec elles. Puis il y a Kate, qui malgré elle est au centre de l’intrigue. Kate qui a été agressé violement par un ex et qui appréhende tout du monde qui l’entoure, une angoissée de nature mais dont la curiosité la pousse à chercher à comprendre.

Les amateurs de thriller apprécieront ce roman bien noir, compliqué à merveille. Un livre qu’on ne peut pas lâcher avant la fin : une fin en apothéose et sans retour possible ! On appréciera la progression dans la noirceur au long du livre, toujours plus profondément vers l’horreur, jusqu’à ce demander s’il n’y a pas derrière nous quelqu’un qui observe en silence. Du meurtre à la profanation de cadavre, du viol de l’intimité à la complicité de l’amitié, les frontières ne sont jamais bien définies.

Présentation de l’éditeur

Lorsque Corbin propose à Kate d’échanger leurs appartements respectifs de Boston et de Londres, Kate, récemment victime d’un ex à la jalousie pathologique, pense que cela l’aidera à remonter la pente et accepte avec joie la proposition de son cousin américain. Malheureusement, à peine arrivée, elle apprend qu’une Voisine, Audrey Marshall, a été assassinée. Troublée, elle se pose aussitôt des questions sur Corbin, d’autant qu’elle s’aperçoit rapidement que ce cousin, locataire fort sympathique au demeurant, se montre très énigmatique sur sa relation avec Audrey… Alors quand l’ex-petit ami de la victime l’accuse clairement à son tour, et que le mystérieux Corbin disparaît brusquement…

« Dans ce troisième roman, Peter Swanson
fait sortir un délicieux monstre du placard et,
inexorablement, grâce à des personnages
superbement campés, l’angoisse monte. »
Booklist
.

Un peu de l’auteur

Auteur de nombreux poèmes hautement récompensés, Peter Swanson a étudié la littérature à Trinity Collège et aux universités d’Amherst et d’Emerson. Il vit à Somerville, Massachusetts avec son épouse et son chat.

Auteur entre autres ouvrages, de La Fille au cœur mécanique et Parce qu’ils le méritaient, Peter Swanson est déjà traduit dans trente langues.

Source bio & photo : Editions Calman Levy :

Détails sur le produit

• Broché: 384 pages
• Editeur : Calmann-Lévy (20 septembre 2017)
• Collection : Cal-Lévy- R. Pépin
• Langue : Français
• ISBN-10: 2702160271
• ISBN-13: 978-2702160275
• Dimensions du produit: 14 x 2,5 x 21,6 cm

 

 





< Chacune ses peurs, de Peter Swanson>
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La tyrannie du sucre d’orge, par Isabelle Vouin

La tyrannie du sucre d’orge, comme une envie que l’on pourrait mais ne veut assouvir ; une friandise visible, que l’on n’ose pas prendre de suite par crainte des conséquences, de l’addiction à un plaisir qui risque de fondre bien vite.

Ce titre convient parfaitement à ce recueil de nouvelles d’Isabelle Vouin. Chaque nouvelle nous entraîne sur la recherche du plaisir d’être deux pour ne devenir plus qu’un, d’avoir envie de l’autre, de s’aimer encore et encore. Avec un humour qui décoiffe, caustique parfois, Isabelle Vouin nous brosse un tableau sans concession de l’Amour tel que le voient les hommes. Messieurs, prenez-en de la graine ! La satisfaction de votre partenaire et ses attentes sont bien éloignées des vôtres. A ce propos, les attentes des femmes divergent de celles des hommes à de nombreux niveaux : L’auteur profite de ces nouvelles pour remettre un peu les pendules à l’heure.

C’est un livre drôle et grave à la fois car il touche les points sensibles des relations homme/femme. Vaste sujet inépuisable, sans cesse remis sous les projecteurs, qui fait bien rire, sans que nul ne se sente vraiment concerné. Du coup, rien ne change vraiment.

L’homme, le mâle qui s’endort en ronflant dès l’acte de chair accompli est bien loin du tantrisme auquel aspire la femme. Le tantrisme est, pour les ignares, la façon d’atteindre un orgasme partagé. Cette philosophie orientale murmure que de très loin aux oreilles du mâle occidental, la femme le déplore en silence, souvent.

Cerise sur le gâteau, ce recueil est si petit qui entrera facilement dans une poche ou un sac à main, si petit soit-il. Ainsi, le lecteur pourra l’emmener partout avec lui, où qu’il soit, comme une raison d’avoir en permanence un rappel aux bonnes conduites à tenir en cas d’une rencontre pouvant devenir galante, voire plus si affinité, pourvu que le cap du troisième soir survienne !

Présentation de l’éditeur

Marie, Grégoire, Claire, François… Des hommes et des femmes au lendemain d’amours perdues avec leurs blessures et leur peur d’aimer de nouveau. Mises en bouche littéraires, les nouvelles de ce recueil défilent comme des petits plats, de l’apéritif jusqu’à l’ultime carré de chocolat, en nous donnant l’envie furieuse de goûter aux délicieuses incertitudes de leurs rencontres. Car en fait, l’amour, c’est le festin de la vie, quel que soit le montant de l’addition. À déguster sans modération.

Un peu de l’auteur

Ethno-historienne, Isabelle VOUIN-BIGOT a vécu plusieurs années au Kenya. Professeur d’histoire géographie au Lycée français de Nairobi, elle a également passé de nombreux moments avec les Masaï.
Elle a parcouru la Corne de l’Afrique (Ethiopie, Tanzanie, frontière somalie) dans le cadre d’une recherche de doctorat sur le Khat. Elle également partagé la vie des personnels humanitaires dans les camps de réfugiés somalis au Nord du Kenya.
De ses rencontres elle a ramené des aquarelles et des textes en prose jetés sur des carnets.
Après avoir séjourné en Thaïlande et à la frontière birmane au sein de l’ethnie Karen, elle a vécu deux ans à Paris où elle enseignait dans une école bilingue.
Elle a finalement posé ses valises à Montpellier où elle enseigne toujours l’histoire et la géographie, peint et écrit des romans.

Source bio & photo : Amazon 

Détails sur le produit

• Poche
• Editeur : Editions du Jasmin (1 septembre 2017)
• Collection : JASMIN LITTERAT
• Langue : Français
• ISBN-10: 2352842212
• ISBN-13: 978-2352842217
• Dimensions du produit: 1,4 x 1 x 1,1 cm






< La tyrannie du sucre d’orge, par Isabelle Vouin>

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Il n’y a pas internet au paradis, de Gaëlle Pingault

Voici un roman tout à fait intéressant, un témoignage fort sur le Burn out au travail !

S’il n’est pas rare pour une nouveliste de tenter un texte long, tel un roman, il est peu fréquent d’y parvenir. En effet, la rédaction de nouvelles a des codes bien à elle, des phrases chocs, un rythme fort pour une chute rapide. Un roman répond à d’autres impératifs : Il faut prendre le lecteur par la main, le garder en haleine sur des centaines de pages, sans le noyer dans des phrases sans fin, ni se répéter. Un roman à une logique propre qui diffère tant de la nouvelle que cela revient à faire le grand écart pour la nouveliste s’y essayant ! Gaëlle Pingault, que l’on attendait sur cette tentative de texte long depuis longtemps, a opté pour un jugement de Salomon, coupé la poire en deux en écrivant un journal à la première personne.

Cette histoire est dans l’actualité, un phénomène classique de notre société du toujours plus avec le toujours moins. La pression des investisseurs pour augmenter la rentabilité en réduisant le personnel est préoccupante. Les cas de burn out sont devenus la maladie du siècle. En première ligne se sont les cadres qui trinquent, peu préparés à être si mal traités. Les plans de licenciement qui se suivent n’épargnent pas plus les cadres que les ouvriers. Les méthodes de gestion des DRH est simple, consistant à démontrer aux cadres qui sont mauvais dans leur travail, manquant d’autorité, avec des résultats mitigés, des objectifs non atteints. Peu à peu, on leur retire des dossiers, on annule des déplacements ; sauf en réunion où ils sont systématiquement sous le feu des réprimandes, ils sont oubliés dans leur bureau. Les DRH mercenaires préférant les pousser à la démission que de procéder à un licenciement sec. Beaucoup partent, d’autres pètent les plombs, entre dans une dépression grave pouvant aller jusqu’au suicide.

Gaëlle Pingault, prend ici la place de l’épouse : elle est Aliénor qui raconte dans son journal intime sa vie de couple, leur rêve commun avec Alex. Certes, ils ont tous deux une belle situation, mais à quel prix ? Aussi aiment-ils à s’imaginer tout plaquer pour aller en province, dans la campagne se bâtir une vie plus authentique et plus saine. Le rouleau compresseur de la rentabilité sera le plus rapide et, réduira à rien les idées champêtres du couple.

Un roman dur, d’actualité, un témoignage où seront nombreux ceux qui trouveront dans ce livre un sentiment de déjà vécu. Un livre expliquant bien de désarroi de ceux qui en font les frais, mais également de ceux qui restent, qui doivent vivre avec cet arrière-goût amer d’un gâchis innommable. C’est un instantané de notre société dite moderne, où tout doit aller vite pour un profit toujours plus grand, quel qu’en soit le prix à payer.

Présentation de l’éditeur

Gentiment bourgeois bohèmes sans être tout à fait dupes, Alex et Aliénor s’aiment, envisagent de faire un enfant ou deux, et de se déconnecter d’un monde qui va trop vite. Mais la Grande Entreprise en a décidé autrement. À coups de réorganisations, elle consomme de l’être humain comme une machine du carburant : sans états d’âme.
Entre chagrin et souvenirs, la colère d’Aliénor monte contre l’entreprise, mais aussi contre Alex, à qui son amour n’a pas suffi pour continuer à vivre. Et puis le deuil se fait, Aliénor commence une existence nouvelle, un peu hésitante, avec une seule certitude : face à l’adversaire, il ne faut pas plier.
Sans rien masquer de la souffrance de son personnage, l’écriture enlevée, touchante et drôle de Gaëlle Pingault réussit à tenir à distance la cruauté des entités déshumanisées pour laisser à l’individu toute la place, car en continuant à chercher son paradis sur cette Terre et dans cette vie, il est le seul grain de sable capable de gripper la machine.

Un peu de l’auteur

Nouvelliste, et maintenant romancière, animatrice d’ateliers d’écriture, orthophoniste, bretonne. Et réciproquement, ou l’inverse. Ça dépend du sens du vent. Celui que je préfère, moi, c’est le noroît qui claque.
Pas très sérieuse, enfin pas trop, parce que la vie est trop courte pour ça. Déjà 40 ans de passés, c’était bien, merci. Barman, vous m’en remettrez le double, s’il vous plaît ?
Un homme, une petite fille de moins en moins petite, la mer à 50 km : triangle parfait, équilibre atteint.

Source bio: Editions Jasmin
Source photo Editions quadrature


Détails sur le produit

• Broché
• Editeur : Editions du Jasmin (3 septembre 2017)
• Collection : JASMIN LITTERAT
• Langue : Français
• ISBN-10: 2352842204
• ISBN-13: 978-2352842200
• Dimensions du produit: 19 x 1,2 x 15 cm






< Il n’y a pas internet au paradis, de Gaëlle Pingault>

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Un parfum de fleur d’oranger, de Gilles Laporte

En cette fin de XIXème siècle, l’Italie peine à trouver de l’emploi pour ses fils, les premiers émigrants se cherchent un avenir ailleurs. La France, toute proche, peut leur offrir une chance. Valturno, ne pouvant se maintenir sur l’exploitation familiale, doit s’exiler malgré lui. Son père lui a donné une formation de maçon tailleur de pierre afin de lui forger des armes pour s’écrire lui-même un destin, loin des siens.

Le roman de Gilles Laporte met en lumière ces italiens venus en terre de France entre le XIXème et le XXème siècle. Ceux-là même qui ont écrits une page de notre histoire en bâtissant nos maisons, nos bâtiments publics avec un savoir-faire et une volonté de réussir à l’épreuve des difficultés. Le déchirement occasionné par le fait de devoir émigrer, donnera à Valturno l’énergie nécessaire pour chercher à s’intégrer au point de vouloir faire oublier ses origines. Un sentiment d’abandon l’anime : son pays l’a rejeté, il sera donc français. Seul son nom trahit ses origines, mais il en est fier : Plalazzi il est et il l’affichera en grand sur son entreprise de BTP lorsqu’il la fondera en lorraine.

Un roman où il est question de l’intégration, mais également d’amour. Les Femmes jalonnent la vie de Valturno. Elles sont sa colonne vertébrale, son ancrage dans son envie de réussir jusqu’à devenir indispensable pour la gestion de ses affaires.

Ils sont nombreux à être venus en France de la péninsule transalpine. Le bâtiment et les travaux publics ont été pour eux un moyen de réussite sociale, un symbole d’intégration réussie. Peut-être aussi avaient-ils la rage de démontrer à ceux qui étaient restés au pays, à leurs familles, qu’ils n’étaient pas démunis de ressources.

Gilles Laporte nous offre ici un beau roman sur un monde peu connu. L’arrivée des italiens en France s’est faite à une époque porteuse pour le bâtiment. La situation économique redevenait stable, la politique post révolutionnaire se stabilisait enfin. Il y avait des besoins que le savoir-faire de ces entrepreneurs a su combler.

Présentation de l’éditeur

A ceux qu’il rencontre sur sa route depuis l’Italie, Valturno Palazzi aime à dire qu’il est  » tailleur de pierre, maçon, simple ouvrier qui, de ses mains, veut créer du beau et du bon dans ce monde « . Un heureux hasard conduit l’exilé chez la belle Malou qui tient seule le Café des Lilas dans un village des Vosges. Son mari, Albert, a été assassiné. Un meurtre non élucidé, qui n’en finit pas de la hanter : en lettres anonymes, le nom de Mostaganem, lui revient telle une menace. C’est à Paris, lors de l’Exposition universelle de 1889, que Valturno fait le vœu de créer son entreprise de maçonnerie, de taille de pierre et de construction. Sa réussite sera fulgurante. En quelques années, Valturno s’épanouit dans cette Lorraine devenue sienne. Quand, un jour de 1895, un enfant de dix ans arrive subitement dans sa vie et ravive le souvenir de cette femme tant aimée, là-bas,  » vers son Sud « , commence entre le petit Victor et Valturno une jolie passation de savoirs et de connaissances…

Un peu de l’auteur

Source photo & bio: Editions Presse de la cité 

Né en 1945 sur la rive gauche de la Moselle, dans une famille d’ouvriers du textile, Gilles Laporte est un authentique Lorrain. Romancier, biographe, scénariste et conférencier, il consacre toute son énergie de créateur et de conteur à son pays et à ses gens qu’il aime passionnément. Il écrit, raconte des histoires, depuis qu’il sait tenir un crayon. Fidèle à sa culture d’origine, il se présente comme un « ouvrier des lettres ».
Couronnée par de nombreux prix littéraires dont le célèbre prix Erckmann-Chatrian, son oeuvre va de la poésie au roman historique, en passant par le théâtre, le film de télévision, le roman contemporain et la biographie. Chevalier de l’ordre des Arts et Lettres, Gilles Laporte a aussi créé et animé quatre magazines littéraires pour radio et TV, et intervient régulièrement en milieu scolaire.
Il est l’auteur de sept romans aux Presses de la CitéLe Loup de Métendal, prix des Conseils généraux de Lorraine 2010, La Fontaine de Gérémoy, prix de la Société des Ecrivains d’Alsace-Lorraine, 2011, Cantate de cristal, Des fleurs à l’encre violette, La Clé aux âmes, L’Etendard et la Rose, et Sous le regard du loup.

Détails sur le produit

• Broché: 448 pages
• Editeur : Presses de la Cité (31 août 2017)
• Collection : Terres de France
• Langue : Français
• ISBN-10: 2258137489
• ISBN-13: 978-2258137486
• Dimensions du produit: 14 x 3,1 x 22,5 cm






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La promesse à Elise de Christian Laborie

La vie est un combat permanent, chacun à son niveau doit s’y confronter, certains plus que d’autres ! Elise et sa mère, Lucie Rochefort, que rien ne prédestinaient à affronter un tel destin, devront subir l’impensable : une lutte où l’instinct de survie sera mis à rude épreuve. Issues d’un milieu aisé, Elise et sa mère seront le jeu du climat de l’époque, prises dans une spirale destructrice sans issue, c’est avec l’aide d’une institutrice que les deux femmes pourront envisager un avenir dans lequel elles retrouveront un sentiment de normalité.

La seconde guerre mondiale vient de finir, la vie reprend ses droits, mais le vent des trente glorieuses qui tirera vers le haut la société ne souffle pas dans encore sur la France. Pour les gens, surtout dans les campagnes, l’étranger est celui qui vient d’une autre région, les villages vivent repliés sur eux, leurs habitants également. Le climat de suspicion de l’après-guerre est fort, la haine du Bosch très présente. Elise et Lucie sont marginalisées parce qu’un mystère plane sur le passé des deux femmes : qui sont-elles vraiment ?

Christian Laborie nous entraîne dans une épopée grandiose au cœur des Cévennes, dans cette fin de guerre mondiale où chacun cherche à panser les plaies d’un conflit d’une rare violence. Un roman poignant, un livre qui pourrait sembler un témoignage vécu tant il est criant de vérité. C’est fort, dur, mais ce roman est aussi chargé d’espoir et de tendresse. En lisant ce livre on ne peut s’empêcher de s’émouvoir, ou d’avoir envie de crier au scandale. Un livre qui dérange, parfois, car in fine, l’homme n’est pas toujours bon.

C’est un roman qui marque le lecteur, du genre inclassable ; il aurait pu être un thriller pour son intensité dramatique, un roman historique pour l’époque, une autobiographie pour son accent de vérité, mais à juste titre, les Presses de la cité le place dans la collection terre de France car notre pays est complexe. Un roman dont on se souvient et qui se lit sans pouvoir la lâcher tant il prend son lecteurs aux tripes.

Présentation de l’éditeur

Mystérieusement abandonnée chez des paysans cévenols, la petite Elise y a vécu l’enfer. Fruit d’un amour sincère, née sous l’Occupation, elle veut retrouver son père et rendre à sa mère sa dignité bafouée…
En 1956, Adèle Gensac occupe son premier poste d’institutrice à Saint-Jean-du-Gard, au cœur des Cévennes. Parmi ses élèves, l’une se distingue : Elise, dix ans, aux yeux pleins de douceur, brillante mais muette. Et née de père inconnu. Une double singularité que sa mère, Lucie Rochefort, malgré les ragots et les médisances, assume au regard de tous. Au fil du temps, une connivence s’établit entre Adèle et Lucie. Ne montrent-elles pas toutes deux une indépendance d’esprit et d’action rare pour l’époque ?
Un jour, l’institutrice se voit confier le journal intime d’Elise qui y a consigné ses plus lointains souvenirs. Terribles. Violents. Douloureux. Que sa mère, elle-même, ignorait…
Quel mystère entoure la naissance d’Elise ? Quelle est la véritable histoire de Lucie Rochefort ?
Adèle tiendra-t-elle la promesse faite à Elise pour qu’enfin s’apaisent les tourments du passé ?

En librairie le 31/08/2017

Source photo & bio: Editions Presse de la cité 

Christian Laborie est né en 1948 dans le Nord. Après des études d’histoire-géographie, il a enseigné dans le Pas-de-Calais pendant six ans, puis s’est installé dans le Gard en 1978.
Cévenol d’adoption et de coeur, il vit depuis cette date entre Alès et Anduze, où il écrit depuis 1995 : L’Arbre à palabres, Prix Découverte France Telecom 2001 ; Le Chemin des larmes, Prix Mémoire d’Oc 2004 ; Les Sarments de la colère, Prix Lucien Gachon 2011.
Auteur reconnu et incontournable du roman populaire, il est l’auteur de nombreuses sagas dont Les Rives Blanches, Prix de l’Académie cévenole Le Cabri d’Or 2013, Les Rochefort, L’Enfant rebelle, Le Goût du soleil aux Presses de la Cité.
Aimant mêler son goût pour l’histoire et pour la société des XIXe et XXe siècles à sa façon de ressentir les Cévennes, il s’efforce à travers ses romans de faire découvrir à ses lecteurs ce qui fait l’authenticité de cette région.


Détails sur le produit

• Broché: 380 pages
• Editeur : Presses de la Cité (31 août 2017)
• Collection : TERRES FRANCE
• Langue : Français
• ISBN-10: 2258133211
• ISBN-13: 978-2258133211
• Dimensions du produit: 14 x 4 x 22,5 cm

 





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Le diable n’est pas mort à Dachau, de Maurice Gouiran

Quand la raison d’état absout sans frémir le pire de l’horreur avec le sourire !
Non seulement un polar noir, mais un document choc ! De la fiction à la réalité, il n’y a qu’un pas, si mince… Pourtant, il s’agit dans ce roman d’une histoire très véridique, que cela rend encore plus effrayante, plus noire et plus captivante. Maurice Gouiran nous offre avec son intrigue une forme de témoignage. La victoire des alliés sur le nazisme a permis de juger bon nombre de criminels de guerre, mais pas tous. Les chercheurs et savants qui œuvraient pour le IIIème Reich furent convoités par l’URSS et les américains, l’avancée de leur travaux intéressait au plus haut point les grandes puissances. Ils ont donc été escamotés discrètement, revêtus d’une nouvelle identité afin de poursuivre leurs travaux sous d’autres cieux, pour d’autres idéaux.

Dans ce polar, Maurice Gouiran relate ce genre d’histoire. Simple et banale au premier regard, c’est un détail qui va mettre le feu aux poudres. Les personnalités allemandes ayant ainsi migré se refaire une santé et mener une vie normale de bon père de famille se sont fait discrètes autant que possible, peu se sont fait prendre, ou reprendre pour être exact. Paul Stokton, docteur américain, né aux USA a une demeure de vacances en France, dans un bled perdu des montagnes. Il y vient en famille de temps en temps. Puis, un habitant de la commune qui passait par là, est persuadé de reconnaître quelqu’un déjà vu auparavant : à Dachau…

Dans les années 60, vingt ans après la fin de la seconde guerre mondiale, c’est un choc ! Renseignements pris, l’américain est bien américain. Déjà un qu’un étranger dans le village suscite la méfiance, avec le doute les esprits s’échauffent en sourdine. Ici, à l’abri des montagnes personne ne voit rien, ne dit rien, sauf que les corps des victimes témoignent du contraire. La police piétine depuis des semaines sur cette affaire insoluble.

Présentation de l’éditeur

Lorsque Henri Majencoules, un jeune mathématicien qui travaille en Californie sur le projet Arpanet, revient à Agnost-d’en-haut en 1967, son village natal focalise l’attention de tous les médias du pays : une famille d’Américains, les Stokton, vient d’y être massacrée. Imprégné par la contre-culture qui bouillonne alors à San Francisco du Flower Power à la pop musique et de l’été de l’amour au LSD, Henri supporte mal le silence oppressant de la terre de son enfance. Mais avec l’aide d’Antoine Camaro, son ami journaliste, il va tenter d’en savoir plus sur ce Paul Stokton, son épouse et sa fille assassinés. Il découvre alors l’existence d’un des programmes militaires les plus secrets et les plus audacieux de l’après-guerre… De Dachau à la CIA, de l’US Army à Pont-Saint-Esprit, les hommes changent, les manipulations jamais…
Source bio: Editions Jigal :
Source image Babelio :

« Le talent de Maurice GOUIRAN nous réveille la conscience, nous ressuscite l’indignation et en refermant ce livre, on se sent plus vivant… » Intramuros

« MAURICE GOUIRAN est un auteur majeur, un très grand du polar actuel » RB.

Inébranlable. Dans ses polars, Maurice GOUIRAN ne s’attache pas aux chiffres de l’Histoire, il s’attache à la chair, à la terre et aux hommes. Il nous conte les méandres de leurs vies, il met des noms sur les morts… Il fait remonter à la surface les souvenirs, les tabous, les non-dits… Il nous fait sentir les brûlures du soleil, les odeurs des collines, il fait suinter la souffrance et la peur des victimes… Il n’invente (presque) rien, il n’enjolive pas (ou si peu), il ne donne pas de leçon, il nous ouvre les yeux !

Maurice Gouiran a le style incisif, le rythme télescopique, l’intrigue ironique et des personnages trempés dans le sang, la sueur et le pastis. Il est, en quelques romans, devenu une fine lame du polar. Une réussite littéraire saluée par la critique.
“… un style gouleyant et jubilatoire…“ … à consommer saignant et sans modération…” “… Des polars endiablés et citoyens…” “… son style incisif et ironique l’inscrit dans la grande lignée des auteurs de polars noir satiriques… à lire d’une traite, passionnant…”“… Et on se dit que Maurice Gouiran est peut être celui qui sait le mieux coucher Marseille sur le papier dans toutes ses nuances. Une réussite!…”

Détails sur le produit

• Broché: 216 pages
• Editeur : Jigal Editions (18 mai 2017)
• Collection : Polar
• Langue : Français
• ISBN-10: 2377220096
• ISBN-13: 978-2377220090
• Dimensions du produit: 21 x 1,6 x 14 cm






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La blanche Caraïbe, par Maurice Attia

La blanche Caraïbe, un polar noir sous le soleil des tropiques !

Paysages de rêve et sable chaud, les Antilles font figure de paradis, mais peut-on se fier aux apparences ? Derrière le tableau idéal, un univers entier se cache, une France de la débrouille, entre sorciers et trafics, bagarres et histoires de fesses. Elles se bougent car il faut bien vivre avec un chômage endémique, des ressources limitées souvent inégalement réparties. Maurice Attia choisi ce cadre pour son roman. Un peu comme Marseille, les Antilles ont chaudes, hautes en couleurs, surtout en Guadeloupe ! Son personnage principal, Khoupi, se trouve mêlé à un meurtre dont il n’est pour rien, son instinct d’ancien flic lui commande de trouver la solution avant d’en devenir le responsable ; il appelle à l’aide son vieil ami Paco, également ancien flic. Ensemble, ils vont découvrir un monde parallèle où l’envers de la carte postale n’est pas très clair, voire très sombre.

Les Antilles doivent vivre et, attirent des convoitises. Les opérations immobilières font le bonheur des uns et attirent la rancœur des autres. La construction des HLM des années 70 pour remplacer les bidons-villes ne s’est pas faite sans heurt : il fallait changer de style de vie, entrer dans le moule du colonisateur, casser des traditions et, tous n’ont pas aimé. Il y a les jalousies de ceux qui se sentent laissés en marge alors que d’autres réussissent. Enfin, c’est un mélange des cultures qui ne se fait que dans la douleur. Rien n’est simple pour Khoupi et Paco investis d’aucune légitimité pour trouver une solution, résoudre une énigme que nul ne veut voir éclater au grand jour : cela bouleverserait bien des intérêts, ébranlerait un équilibre certes instable, mais satisfaisant pour beaucoup…

Le roman se passe dans les années 70, mais cette réalité est restée très présente dans les Antilles. Ceux qui connaissent bien ces îles s’y retrouveront parfaitement. Attachantes et mystérieuses, les Caraïbes sont un mélange de rêve et de drame. C’est le cadre idéal pour un polar bien noir, noueux et complexe où chaque fait en entraîne un autre tout aussi tordu. Les Antilles sont un tout, d’un équilibre fragile, mais relativement stable. Les accommodements avec la république sont légion, mais lui permettent de survivre plutôt mieux que mal. La colère des uns, tout comme la soufrière en 1976, éclate de rage de temps en temps comme une soupape pour calmer la pression trop forte. Khoupi, blanc de la métropole, n’est attendu de personne pour dire tout haut ce qui se trame tout bas, il devra la jouer finement pour se sortir d’affaire.

En résumé, un grand polar bien noir, hors du cadre habituel des grandes villes, dans la touffeur des tropiques. On appréciera l’enchaînement des faits qui dressent une cartographie sociale des Antilles. Plus sociétal que meurtrier, ce polar est un régal de lecture, une affaire en entraînant une autre rien n’est bien clair sous le soleil des Caraïbes.

Présentation de l’éditeur

En 76, Paco a renoncé à sa carrière de flic, il est devenu chroniqueur judiciaire et critique cinéma au journal Le Provençal. Irène, elle, poursuit avec succès son activité de modiste. C’est un coup de fil de son ex-coéquipier qui va bousculer cette vie tranquille. Un véritable appel au secours que Paco ne peut ignorer. En effet, huit ans auparavant, après leur avoir sauvé la vie, Khoupi avait dû fuir précipitamment aux Antilles avec sa compagne Eva… Aujourd’hui, il a sombré dans l’alcool et semble au coeur d’une sale affaire mêlant univers néocolonial, corruption, magouilles immobilières et trafics en tous genres. Tous les ingrédients sont là : notables assassinés, meurtres inexpliqués, hommes de l’ombre, réseaux, femmes ambitieuses… Le tout à grand renfort de rhum, de drogue, de sexe et de quelques sorcelleries… Alors qu’une éruption volcanique gronde et menace de purifier l’île aux abois, Paco et Irène réussiront-ils à tirer Khoupi de cet enfer ?

Source photo & bio: Editions Jigal :

Maurice Attia est né en 1949 à Alger dans la Casbah où son père est alors cordonnier. Il va à l’école primaire dans le quartier essentiellement européen de Bab El-Oued. L’enfant joue au foot dans les ruelles quand ont lieu les fusillades avec l’armée française en mars 1962. Sa famille, comme tant d’autres à ce moment-là, décide de s’exiler à Marseille. L’adolescent grandit dans cette ville d’accueil, y fait des études de médecine, devient psychiatre et plus tard psychanalyste. Maurice Attia est l’auteur de plusieurs romans noirs dont une trilogie – Alger la Noire, Pointe Rouge et Paris Blues – parus chez Actes Sud qui relate les aventures policières et politiques de Paco Martinez entre 1962 et 1970. Des romans noirs où l’auteur s’attache à décrire les maux des petites gens et les dérives politiques, tout d’abord dans une Algérie déchirée, puis dans cette ville de Marseille qu’il connaît bien et enfin à Paris, à la Fac de Vincennes, alors expérimentale et en ébullition permanente. Maurice Attia apporte au genre policier un regard original, inspiré de sa double activité de cinéaste et de psychanalyste. Il reprend, aujourd’hui, chez Jigal, Paco, son personnage, libéré « des obligations policières » pour une nouvelle série d’enquêtes, une nouvelle trilogie qui débute en 1976 et se terminera en 1981.

Détails sur le produit

• Broché: 272 pages
• Editeur : Jigal Editions (18 mai 2017)
• Collection : Polar
• Langue : Français
• ISBN-10: 2377220045
• ISBN-13: 978-2377220045
• Dimensions du produit: 21 x 2,5 x 14 cm






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Que dieu me pardonne, de Philippe Hauret

Un roman ensorcelant, une logique destructrice implacable qui ravirait les psychiatres !

Philippe Hauret nous livre là un polar hors normes. En effet, s’il n’y avait les meurtres, cela aurait fait un bon roman contemporain. Avec l’auteur, nous plongeons dans la confrontation des mondes entre la vie des cités et la grosse bourgeoisie. Le choc des cultures, qui pourrait bien conduire vers une explosion, devient une alchimie salvatrice. Kader qui jusqu’ici vivait en marge de la vie, frôlant la délinquance, est contraint de travailler pour Ryan, un riche bourgeois de la ville, un fortuné qui n’a pas besoin d’un emploi pour et qui vivre traîne son ennui de jours en jours. Tous deux ne savent que faire d’une vie qui ne les attend pas. Pourtant, ensemble, ils trouvent presque un semblant d’équilibre : Kader devient fier de travailler, Ryan se sent occupé. Puis vient le drame, survenu par conséquence, imprévisible, mais somme toute rationnelle. Le moment d’égarement qui fait basculer une vie bien propre devient une forme de folie, le recul n’est plus possible, le prix à payer devient trop lourd et, seule une fuite en avant peu temporiser la chute inexorable.

Ce sont des personnages de tous les jours, vous, nous ou votre voisin, tous très normaux avec des rêves et le lot de déceptions qui constitue la vie normale. Cependant, chez tout humain il y a l’égo qui pousse à chercher mieux, quitte à faire quelques sacrifices sur ses idéaux. Mieux vaut vivre bien une vie sur papier glacé qu’un amour véritable dans le besoin ! C’est ce que pense Mélissa en rencontrant Ryan, avec qui la vie semble un rêve de tous les jours. C’est sûrement aussi ce que pensait la femme de Ryan en l’épousant. Veuf depuis peu, Ryan imagine une vie nouvelle, loin de la vacuité des jours dont il est coutumier. C’est, là encore, sans compter sur le facteur humain, notamment la curiosité féminine qui peut enrayer les meilleures mécaniques d’un battement de cil.

Un roman vraiment prenant, qu’on ne lâche pas. Un roman très actuel sur la fracture des univers entre les quartiers et le monde civil. Une belle chronique de ce que peut fabriquer l’oisiveté d’avoir trop, ou trop peu… Avec Philippe Hauret, on s’identifie facilement à chacun des protagonistes du livre, on adhère presque à la cohérence destructrice qui s’en suit tant la logique semble la seule issue envisageable, puisque la police a déjà son coupable sous les verrous !

Présentation de l’éditeur

Ici, une banlieue tranquille, un quartier résidentiel et ses somptueuses maisons dans lesquelles le gratin de la ville coule des jours paisibles… A quelques encablures, une petite cité, grise et crasseuse. Avec sa cohorte de jeunes désoeuvrés qui végètent du matin au soir. Deux univers qui se frôlent sans jamais se toucher. D’un côté, il y a Kader, le roi de la glande et des petits trafics, Mélissa, la belle plante qui rêve d’une vie meilleure… De l’autre, Rayan, le bourgeois fortuné mais un peu détraqué… Et au milieu, Mattis, le flic ténébreux, toujours en quête de rédemption. Une cohorte d’âmes perdues qui n’auraient jamais dû se croiser… Des destins qui s’emmêlent, des illusions perdues, des espoirs envolés… Et puis, cette petite mécanique qui se met en place comme une marche funèbre… implacable !

Un peu de l’auteur

Source photo & bio: Editions JIGAL

Né en 1963 à Chamalières, Philippe Hauret passe son enfance sur la Côte d’Azur, entre Nice et Saint-Tropez. Après le divorce de ses parents et d’incessants déménagements, il échoue en banlieue sud parisienne. Sa scolarité est chaotique, seuls le français et la littérature le passionnent. En autodidacte convaincu, il quitte l’école et vit de petits boulots, traîne la nuit dans les bars, et soigne ses lendemains de cuite en écrivant de la poésie et des bouts de romans. Il voyage ensuite en Europe, avant de trouver sa voie en entrant à l’université. Après avoir longtemps occupé la place de factotum, il est maintenant bibliothécaire. Quand il n’écrit pas, Philippe Hauret se replonge dans ses auteurs favoris, Fante, Carver, Bukowski, joue de la guitare, regarde des films ou des séries, noirs, de préférence.

Détails sur le produit

• Broché: 208 pages
• Editeur : Jigal Editions (18 mai 2017)
• Collection : Polar
• Langue : Français
• ISBN-10: 2377220088
• ISBN-13: 978-2377220083
• Dimensions du produit: 21 x 1,7 x 14 cm





 

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