Germania, par Harald Gilbers

Un roman policier surprenant qui remettra bien des idées en place !
Germania, cela sonne comme un roman d’anticipation, ça claque, ça ressemble à l’espoir d’un rêve fou déjà présent au temps de Rome d’un idéal féminin : l’état personnifié par la procréation des femmes. Dans son roman, Harald Gilberts reprend ces idéaux qui ont perdurés durant des siècles et, que le IIIème Reich glorifia au paroxysme jusqu’à sa chute. En effet, c’est dans le Berlin de cette fin de règne que l’auteur situe son action. La SS et la Gestapo maîtrisent le peuple, le Reich pour les 1000 ans à venir doit triompher quel qu’en soit le prix. Pourtant, dans la ville en guerre, sous des pluies de bombes de l’aviation alliée, sévit un criminel. Le lieutenant de police Vogler chargé de résoudre cette affaire piétine. Bien malgré lui, il demande de l’aide à un ex commissaire de police, un juif révoqué pour cause de juiverie ayant traité des affaires sordides dans le passé. Etrange accouplement que ces deux-là dont l’un doit défendre l’autre afin qu’il puisse avancer sans se faire arrêter pour être déporté dans un camp. Le but à atteindre est l’arrestation d’un tueur en série ne s’attaquant qu’à des femmes qu’il juge indignes, qu’il mutile atrocement. Une enquête étrange débute, entrecoupée de rapports de force entre les deux hommes, de ruses et de non-dits. Une proximité imposée aux développements surprenants.

Dans son roman, Harald Gilberts met un point d’honneur à dépeindre la ville de Berlin telle qu’elle était à cette période de fin de guerre. Vu de notre côté, après avoir été occupés par l’armée allemande, il est intéressant de voir l’envers du tableau. Certes nous avons su que Berlin fut mis en ruine, mais nul ne dit jamais ce que pensait le peuple de ce régime soi-disant idéal imaginé par quelques esprits chagrins. On se surprend souvent au fil des pages à voir que le III Reich ne représentait par l’intégralité d’un pays, que l’usage de la force brute plongeait dans le silence tout esprit de contradiction en stoppant net l’idée d’un débat contradictoire. Le fascisme est un élan qui s’impose et, en dehors de qui rien ne peut exister. Par petites touches, des voix se font entendre, des mains se tendent, une forme de résistance s’organise jusque dans les arcanes du pouvoir. Harald Gilberts brosse un tableau de la ville comme nul ne l’a fait : il y a un roman dans le roman.

Un roman policier digne des bons polars, même parmi les meilleurs. Mais également un roman historique où l’on en apprend beaucoup sur un régime qui n’a eu de grâce que dans sa chute. Un auteur que l’on aura du plaisir à suivre dans ses prochains ouvrages, se lisant avec gourmandise, une écriture fluide et vive avec un suspense très psychologique qui réjouira les amateurs de frissons. Un auteur de polard de chez First me disait sur un salon que les criminels de romans doivent être vraiment des salauds, sans quoi le roman serait tiède et fade. Je peux vous assurer que dans ce roman, c’est un vrai salopard…

Parution officielle le 19 mars 2015 aux éditions KERO

Présentation de l’éditeur

Berlin, été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l’ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d’exercer… Tiraillé entre son quotidien misérable dans une  » maison juive  » et le confort que lui offre son nouveau statut, Oppenheimer est de plus en plus inquiet. Tous les indices pointent vers un assassin appartenant à l’élite nazie, si Oppenheimer échoue, son destin est scellé. Mais n’est-il pas encore plus dangereux de démasquer le coupable ? Pendant les derniers jours du Reich, les tensions sont à leur comble… Lauréat du prestigieux prix littéraire Glauser du meilleur premier roman policier en Allemagne.

Biographie de l’auteur

Après des études de lettres anglaises et d’histoire, Harald Gilbers a travaillé comme journaliste pour les pages culturelles d’un magazine puis comme metteur en scène indépendant. Il vit près de Munich. Germania, son premier roman, a reçu l’un des plus prestigieux prix de littérature policière, le prix Friedrich Glauser. Harald Gilbers travaille actuellement à son deuxième roman.
Source photo : krimiliteraturtage 

 

 

 

 

 

Détails sur le produit

• Broché: 432 pages
• Editeur : Kéro (19 mars 2015)
• Langue : Français
• ISBN-10: 2366581432
• ISBN-13: 978-2366581430



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À propos de Jérôme Cayla

Chroniqueur litteraire, lecteur et directeur de collection dans l'édition, auteur de deux romans : Mathilde et Trois roses blanches. Je travaille habituellement avec les services presse des éditions : In Octavo, Laura Mare, des Presses de la cité, du Moteur, JC Lattès, du Rocher, Luce Wilquin, Quadrature, Jigal, First, Elysad, Fleuve Noir, Lunatik, Volpiliere, PLE, T&A (Terre d'Auteur) , du Préau, Stéphane Millon, Borborygmes, glyphe, Edition KERO, etc. Me contacter par le formulaire de contact pour livre en services de presse.
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